Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM.

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
Pour le joindre ou acquérir les droits des images :
regisdurand@vospiresamis.net

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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 12:28

Toutes les France, l'émission spéciale du 14 juillet de 19 h à 20 h 30 sur France Ô RFO-laventure.jpg

Ce programme spécial, basé sur la célébration du 14 Juillet, propose une mise en perspective de l'enrichissement de l'armée française, et de la République en général, par ses composantes outremer. Le point de départ reste toujours le défilé, où des soldats de toutes origines, de métropole, des départements et territoires d'outremer, et pour la première fois des bataillons africains marcheront ensemble. Un plateau réunira invités politiques, experts militaires et personnalités du monde de la culture autour d’Ahmed El Keiy, Alexandra Baldeh-Loras et Rachel Bourlier. Deux axes seront traités autour du défilé du 14 Juillet et de ses particularités, sous forme de sujets et débattus en plateau tout au long de l’émission.
Il sera d'abord question du cinquantenaire des indépendances africaines et la participation des troupes africaines au défilé du 14 Juillet. Pour la première fois (depuis 1939 !), des bataillons africains venus de 14 pays d’Afrique vont défiler sur les Champs-Elysées. L’occasion d’ouvrir une tranche d’histoire, et de faire le point sur les relations de la France à ses anciennes colonies, c'est-à-dire, la Françafrique. Sont attendus le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et celui du Tchad Idriss Déby (Dommage qu'Ahmadou Kourouma ne soit plus là ; il aurait fait un excellent chroniqueur en plateau !).
Il sera encore question de l’Outre-mer engagé dans la Défense française. Il y aura un hommage au soldat Steeve Cocol, originaire de Guadeloupe, mort sur le terrain en Afghanistan le 19 Juin dernier après quatre autres Ultramrins. Enfin, il sera question du service militaire adapté et du rôle de « pompier » que joue de plus en plus souvent l'Armée française dans les situations de catastrophes humanitaires, comme cela a été le cas en Haïti en janvier dernier. L'émission a été préparée sous la houlette du directeur des antennes de RFO/France Ô, Luc Laventure et d'un rédacteur en chef non moins fameux, puisqu'il s'agit du même Luc Laventure.

FXG

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /2010 15:39

La dernière pièce d’Alain Foix en Avignon alain-foix-regard-trois-quart.jpg

Rue Saint-Denis, la dernière pièce du dramaturge guadeloupéen, Alain Foix, sera en lecture à la Maison du off, 2, rue des Ecoles dans la cité des papes, dans le cadre des Rencontres de la Maison du off avec les écrivains associés de théâtre. Alain Foix et sa compagnie, Quai des Arts, donneront lecture d’un marge extrait d’environ 35 minutes. La mise en scène est assurée par l’auteur, assisté de Natasha Mashkevich. Et sur scène, Jean-Claude Drouot, Cathy Bodet, Aïssatou Thiam, Modeste Nzapassara et Renaud Denis-Jean.

Rencontre avec l’auteur et l’équipe, samedi 17 juillet à 18 heures

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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /2010 08:00

Vaval à Paname

Aroma de Samba 2Place Léon Blum, Paris, samedi 14 heures. George Pau-Langevin, députée PS de Paris, Patrick Bloche, député maire PS du 11e, et Jean-Claude Cadenet, délégué général à l’Outre-mer à la mairie de Paris, accueillent les invités et membres du jury du 9e Carnaval tropical de Paris. Sylviane Cédia présidee un jury où l’on retrouve entre autres Rony Théophile, le styliste Michel Denis, Firmine Richard, Krys ou le coiffeur ambassadeur de Loréal, Eric Alexis-Rosso… C’est une première pour le chanteur Krys. Krys et Syviane cedia« C’est une manifestation caribéenne, je me sens concerné. C’est un honneur pour moi d’être juré. Ils ont bien choisi, je suis amateur. » Le défilé du carnaval tropical de Paris quitte la place de la Nation. Miss Reine mere Marin et indochinoisDans la tribune d’honneur, Suzanne Cabit, miss Reine-mère du sud de la Martinique et du Marin, accompagnée de sa fille Edwige Anton sont devant la délégation des « résidents français originaires d’Indochine » conduite par son président d’origine cambodgienne, Chan Chei. Ils défileront aux couleurs des 56 peuples minoritaires que compte la Chine. « Il y aura aussi un dragon ! », rassure-t-il. Vers 15 heures, le char de la reine du Carnaval ouvre le défilé. 42 groupes vont se succéder devant le jury jusqu’à 18 heures. Choukaj mas Paris défile au pas bien cadencé, sous les couleurs du drapeau rouge et vert de la Gwadloup, puis viennent les premiers invités.Choukaj mas paris 2

Point d’interrogation

Les Point d’interrogation. Ils sont 60 de Lapwent, sous la houlette de Sébastien Soupraïen, maître de musique. « C’est la première fois qu’on vient, raconte le président de l’association, Jacques Songeons. On ne peut pas rester tout le temps dans le même carcan à Pointe-à-Pitre. » Point dinterrogation 2Leur costume représente l’habit de deuil des Dogons. Ils sont arrivés l’avant-veille, logent dans un Etap hôtel du nord de Paris et ils ont pu faire une répétition au lewoz de Choukaj. « On veut faire connaître notre culture à travers le monde ! » Mas ka kle 2Ce sont encore des Guadeloupéens qui déboulent : Mas ka klé. Ils étaient la veille au Bataclan. Ils sont une soixantaine arborant des couleurs vives ou des habits blancs. C’est la deuxième fois que le groupe des Zabym vient. La dernière fois remonte à sept ans. « Entre les deux, nous n’avons pas été invités », justifie le président de l’association et maître de musique, Jean-Michel Samba. Arrivent les premiers Guyanais. Mejom 2Le MEJOM, association d’Ile de France, conduite par Xavier Laurent, aux couleur de la Guyane et d’Air Caraibes ; passe Difé Kako, la compagnie de danse de Chantal Loïal, habituée à récolter le prix de la meilleure chorégraphie. Bel effet ensuite de Sinnamary, les touloulous d’Ile de France. Accompagnées d’un char, les danseuses exécutent une chorégraphie fessière au son d’une chanson  intitulée Ventilateur. Deux prix : meilleur char invité et meilleure ambiance char !…Sinamary 3

Cou bouillon et Nou pa sav

Les Anglais ont débarqué ! Hétéroclite, ce Yaa Youth carnival group. Des vaches, des libellules et des papillons… « Ils ne sont pas dans la liste », s’inquiète une dame de l’organisation… yaa youth 4C’est Lucy in the sky version Nothing Hill ! Premiers Martiniquais invités, Cou bouillon (« Oué misé pa mô »), du Prêcheur, une petite trentaine malgré des renforts venus d’Ile de France. « On est là pour participer et montrer la Martinique à Paris », lâche Michel Marcey entre deux coups de souffle dans sa conque à lambi… Alizés 78 des Yvelines, Bwa bandé et K Raïb de Gagny, puis c’est Aroma de Samba. Aroma de samba 3Costumes et hauts-de-forme blancs, cravates et boléros dorés, danseuses en satin rouge, bleu… Dentelles blanches. Et surgissent deux reines, rouge et blanche, paillettes et bas résilles. Le Brésil éternel… De nouveaux Martiniquais déboulent. Nou pas sav, du Lamentin. Ils sont une cinquantaine. « Une première participation pour montrer notre savoir faire », Martine Mansion, la trésorière de l’association est fière de l’effet de son groupe sur la place. Elle tient la bannière. « On s’est débrouillé pour venir à temps ! Notre force, c’est notre musique ; elle a sa couleur, elle n’est pas comme les autres… »Nou pa sav 1

Cirque, opéra et capoeira

Ti mass Paname enchaîne. Des Martiniquais d’Ile de France, vert et marron, Ti mass paname 2chorégraphie jeune et fraîche et mas makak. Beaucoup d’humour... Puis, viennent les guest de ce carnaval, Kassialata, invités de Guyane. Arrivés plein d’ambition, ils repartiront bredouilles… Explosion V arrive, du Moule en Guadeloupe. Tout en plumes, magenta, oranges, jaunes, bleues ou de faisan. Ses 70 membres ignorent encore qu’Explosion V va faire un carton en remportant quatre prix ! Kassialata reineAprès Woulib d’Ile de France, ombrelles de dentelles et madras, les Martiniquais de Baryl band. « La machine à swing ». Ils sont une trentaine du Lorrain. Vert, rouge et cocotier. « Aucun renfort extérieur », assure fièrement Charles Manyri. Tous les ans, ils viennent faire une tournée d’été dans l’Hexagone. Ils seront à Menton, fin juillet, pour le festival créole. « On est des amateurs, mais on a un agent ! » Tropic groove, de Strasbourg, précède West Inval et Bwa dressé, un métissage de cirque et de Vaval… Nouvel invité : Lasauss 1Lasauss, de Schoelcher. Caisses claires et conques, costume bleu, bakwa ou casque colonial, et… capoeira. Succès assuré. C’est leur 4e présence à Paris. Roulo dor, des Guyanais de Sarcelles, affichent des costumes guyano-vénitiens de belle facture, en rouge et or, les musiciens en blanc, mais cravate rouge ! Le roi chausse sa Cendrillon et le bal nuptial peut commencer. Ils achèvent leur show en pyramide humaine. Ici, la chorégraphie tient de l’opéra !Roulo dor 1

Aladin et la Schtroumpfe merveilleuse

Arrive Siguine, des Martiniquais de Gentilly. Femmes voilées tendance Shéhérazade, couleurs guimauve, fés doré sur la tête pour les hommes et Aladin, transformé en Schtroumpf à la lampe merveilleuse. Siguines 2Mas Mélé, des Guadeloupéens d’Ile de France débarquent telle une horde sauvage. Déguisements de flics, de nonnes et de curé, de militaires, de squelettes, de fantômes, de diables et de griots. Un semeur de farine sévit… Rasine ginen 1C’est l’irrévérence dans le meilleur esprit du Carnaval. Insurrection sur un air de gwo ka ! Après BKB, « Pawol la sé ta zot, mizik la sé ta nou », Karib’K de Grigny (91) arrivent et repartent, poing levé avant le passage des Caméléon Youth wave de Saint-Martin qui décrochent le prix du meilleur char. Youth wave 1Viennent les Haïtiens de Rasine Ginen. Une présence sobre aux couleurs du pays meurtri sous les airs des tambours et des trompettes. La Colombie, feu et rouge, or et noir… assure la fin de la fiesta. Un petit groupe d’ados, Sept danseuses et un danseur profitent de l’attention encore présente du jury pour faire un petit show hip hop. Ils sont les Afrocaribéens Djo’school. Mais déjà la tête du défilé arrive à la Villette, terminus du carnaval de Paris 2010.

FXG (agence de presse GHM)

Photos : Regis Durand de GirardColombie 2

 


Le palmarès du carnaval tropical de Paris 2010

West inval 1Meilleur costume Ile de France : West Inval

Meilleur costume groupe invité : Explosion V (Guadeloupe)

Meilleur char Ile de France : Sinnamary-Gaïana

Meilleur char invité : Cameleon Youth Wave (Saint-Martin)

Meilleur groupe invité : Explosion V

Meilleur groupe à peau : Point d’interrogation (Guadeloupe)

Meilleur groupe à caisses claires : Siguine           

Meilleure ambiance char : Sinnamary-Gaïana

Meilleure ambiance groupe : Explosion V

Prix spécial de la Fédération du Carnaval de Paris : Explosion V

 


Kassialata roi reineLe grand roi cornu rentre sans couronne à Cayenne

Le grand roi cornu et la reine du carnaval de Cayenne 2010, dans son costume de libellule, ouvert la parade de Kassialata avec sa soixantaine de musiciens et danseurs. « Nous étions là, il y a trois ans, mais c’est la première fois que nous emmenons le roi et la reine », témoigne Raphaël Césaire, président du comité du carnaval de Guyane. Leur déplacement a été cofinancé par la Région Guyane, la mairie de Cayenne et quelques sponsors. Raphael Cesaire Guyane« Il y a des groupes guyanais à Paris, mais la source est quand même venue pour prêter main-forte ! » Avec son chef de musique, Myrto Dubois, ils espéraient bien décrocher un prix pour la musique… « C’est notre force ! », lançait Raphaël Césaire, le sifflet encore autour du cou, quand Kassialata a affronté le jury. « Je rends hommage à Kassialata, qui a été consacré meilleur groupe de Guyane », disait Sylviane Cédia en ouverture de défilé, mais qui leur a préféré les Guadeloupéens d’Explosion V.

 


Explosion V 2La razzia d’Explosion V

Sylviane Moudat est la secrétaire de l’association Explosion V. La Région, la mairie et l’office du tourisme les ont aidés pour ce déplacement lourd. « Nous avons déjà été invités l’an dernier. Les gens apprennent à reconnaître notre savoir faire, particulièrement pour nos costumes. » Elle pensait à la réelle possibilité de recevoir ce prix pendant le passage devant le jury, mais elle vitupérait l’organisation : « On ne devrait pas passer derrière les groupes à masques et les groupe à peaux. Ils nous empêchent de nous exprimer car nous n’avons que des caisses claires… Ca fait 27 ans que je rabâche la même chose ! » La cacophonie ambiante brouille l’écoute, mais les plumes font mouche dans l’œil des jurés au point de décerner à Explosion V, outre ses trois prix du jury, le prix spécial de la Fédération du carnaval de Paris.Explosion V 1

Paroles de jurés

Firmine Richard« Il y avait beaucoup d’idées, de recherches artistiques, même une mise en scène avec Chayé Yo », commente Firmine Richard. « Nous, on a envie de rêver, reprend Sylviane cédia, et là, j’ai été dépaysée ! » « Cette manifestation prend de l’ampleur, fait remarquer Rony Théophile, il y a plus de groupes et plus d’invités des îles… » « Nous l’avons vu évoluer… », dit Sylviane Cédia. « C’est une réussite, poursuit le chanteur, et ça sera un rendez-vous incontournable tant pour les Parisiens que pour les Caribéens. »Jures Eric Alexis rosso Michel denis Rony theophile

 Eric Alexis-Rosso, Michel Denis et Rony Theophile


 

 Alizes 78

Alizés 78Aroma de samba 1

 Aroma de SambaAye cheche

Aye checheBaryl band 1

Baryl bandBKB 2

BKBBwa bande 1

Bwa bandéCabo verde 1Cabo VerdeChaye yo 2

Chayé YoChine

La Chine des ethniesColombie 1

La ColombieColombie 3

La Colombie bisCou bouillon 2

Cou Bouillon, du PrêcheurDife kako 2

Difé KakoEthnik 97 2

Ethnik 97Explosion V 3

Explosion V, du MouleFleshkan panier

Fleshkan PanierHibiscus

Hibiscus, de Saint-MaloKassialata danseuses

Kassialata de CayenneLasauss

Lasauss, de SchoelcherMas ka kle 1

Mas ka klé de Pointe-à-PitreMas mele

Mas méléMejom 1

Le MejomMi yo 2

Mi yoNou pa sav 2

Nou pa sav, du LamentinPikan 1

Pikan, de Vieux-HabitantsPoint dinterrogation3

Point d'interrogation, de Chauvel/AbymesRasine ginen 2

Rasine Ginen, HaïtiRoulo dor 2

Roulo dorSiguines 3

SiguineSinamary 2

Sinnamary-GaïanaSouf kreyol

Souf KreyolTi mass paname 1

Ti mass PanameTropic groove

Tropic groove, de StrasbourgWest inval 2

West Inval, le cracheur de feuWest inval 3

West Inval, les jongleursWoulib 2

WoulibYaa youth 2

Yaa Youth, d'AngleterreYes we pan

Yes we pan, façon Trinidad

 

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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /2010 04:13

 

LES CIVILISATIONS AMERIDIENNES DE GUYANE EXPOSEES AU MUSEE DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE

 12-cPhoto-Jean-Louis-Soularue-copie.jpgC’est une civilisation amazonienne qui date de plus de 25 siècles qui est exposée au musée d’archéologie nationale de Saint Germain en Laye (92). L’exposition « les Amérindiens de Guyane, des cultures millénaires, entre les fleuves Approuague et Oyapock » se consacre aux cultures amérindiennes guyano-amazoniennes anciennes mais aussi actuelles. Les premiers habitants de la terre guyanaise, 30 000 jadis, ne sont plus que 6000 mais la culture traditionnelle reste vivace et méconnue du grand public.

10-cPhoto-Jean-Louis-Soularue-copie.jpgUne grande première dans l’Hexagone ! Plus de 175 objets retracent l’évolution des conditions de vie et rituels des Amérindiens. Une collection d’une beauté saisissante d’authenticité qui témoigne indéniablement de la richesse de l’archéologie et l’ethnologie guyanaise. Ces objets sont issus en majorité de la collection privée du passionné Philippe Gilabert, qu’il a constituée au fil du temps avec force ténacité et négociations avec les orpailleurs. Mais les autres pièces de l’exposition appartiennent au patrimoine public guyanais. Le service régional de l’archéologie de la DRAC mais aussi le musée départemental Franconie de Cayenne se sont séparés momentanément du fruit de leurs recherches pour compléter cet inventaire.

13---Photo-Jean-Louis-Soularue.jpgTrésors passés et présents

Des outils précolombiens aux ustensiles de la vie quotidienne des Amérindiens sans oublier les instruments réservés aux rituels, l’exposition retrace tous les aspects de la vie amérindienne matérielle et spirituelle. Pour la plupart en terre cuite ou en résine, mais aussi en bois, ces haches, pagaies ou urnes funéraires attestent de l’ingéniosité de ces civilisations autant que les peintures et dessins extraordinairement bien conservés témoignent de leurs spiritualités et croyances. Ces trésors enfouis dans les lits de l’Oyapock et de l’Approuague révèlent les secrets de ces sociétés antiques. Mais les tribus d’Amérindiens installées dans la forêt guyanaise, les Wayãpi, les Teko et les Wayana entres autres, ont également apporté leur pierre à l’édifice en confectionnant artisanalement dans le pur respect de la coutume, des objets contemporains en arouman (osier local) ou en coton. FX-22-0183.jpgDes objets typiques de leur mode de vie actuel comme l’ini (hamac) ou le porte-bébé en coton tissés manuellement par l’une des dernières détentrices de ces techniques ancestrales. L’archéologie amazonienne reste occulte pour le public français, d’où l’approche pédagogique de cette exposition qui se veut accessible à tous. Le spectateur est donc progressivement amené à appréhender cette collection ethnoarchéologique par un panorama général de la géographie et l’histoire de la Guyane. Passionné d’archéologie ou simple curieux de la complexité guyanaise, « Amérindiens de Guyane, des cultures millénaires » ouvre ses portes, gratuitement, du 15 juin au 20 septembre. L’exposition poursuivra son périple à l’automne vers Régina en Guyane puis à Belém au Brésil.

Gaëlle Jothal (Agence de presse GHM)

© Photos Jean-Louis Soularue

 

 

 

 


Patrick-Merin.jpgTrois questions à Patrick Périn, Directeur du musée national d’archéologie et conservateur général du patrimoine

 

 

 

 

Derrière « Amérindiens de Guyane, des cultures millénaires entre l’Approuague et l’Oyapock », un réseau de plusieurs acteurs engagés, mais surtout un homme. Passionné d’archéologie et amoureux de la Guyane, Patrick Périn est le chef de l’établissement. Il est à l’initiative de cette exposition. Pour s’être impliqué de l’acheminement d’une partie de la collection en pirogue, à l’installation de la collection dans ses murs, il est d’autant plus fier aujourd’hui de faire partager ce savoir amazonien en Hexagone.

Comment vous est venue l’idée de cette exposition ?

Il y a une trentaine d’année, personne ne connaissait l’existence d’une archéologie précolombienne en Guyane. Quelques roches gravées avait été découvertes mais pas de matériel ou d’objet du type de ceux qu’on expose aujourd’hui. Les fouilles qui ont été faites montrent la Guyane comme le Guyana, le Surinam et le Brésil ont en fait, un planisphère archéologique très intéressant et qui n’est pas marginal comme on n’a pu le dire. Il était temps d’en faire état.

Pourquoi choisir une approche si didactique ?

Notre but est de toucher un public le plus large possible, par nos expositions. Des scolaires aux adultes, on fournit des informations de qualités. L’archéologie nécessite souvent une pédagogie assez poussée, donc ici on essaie de faire comprendre l’origine et l’importance de chacun de ces objets. Même dans le catalogue dot la préface est signée Frédéric Mitterand, les informations sont destinées à tous le monde mais tout de même avec une partie plus scientifique pour les gens plus spécialisés.

Deux semaines après l’inauguration, êtes vous satisfait de l’affluence ?

Je suis très content, on a eu beaucoup de guyanais à  l’inauguration, c’est normal. J’avais invité des amis qui m’avaient aidé sur l’Oyapock à charger les caisses de poteries. Elle est toute neuve notre exposition, mais elle démarre bien, on a pas mal de passage. Pour les vacances scolaires, on a prévu des activités scolaires et pédagogiques pour les enfants : des coiffures de plumes ou de la poterie traditionnelle. Mis à part les deux films en diffusion continue sur la vie des tribus amérindiennes contemporaines, on prévoit aussi des visioconférences. On escompte un bon succès. 

 

 

 

 


Les Amérindiens d’aujourd’hui, méli-mélo entre racines et modernité

Dévoilée à la face du monde jusqu’au 20 septembre par l’exposition «  Amérindiens de Guyane, cultures millénaires », la civilisation amérindienne remonte à 5000 avant  JC mais n’est pas pour autant en voie d’extinction en 2010. Ils ne sont plus que 6000 en Guyane française, mais bénéficiant d’une bonne dynamique démographique, les estimations tablent sur 2000 de plus d’ici 20 ans. Leur mode de vie reste fidèle aux coutumes mais ne résiste pas à la vague de la mondialisation. «  Maraka », le court-métrage de Jean-Philippe Isel diffusé au musée d’archéologie national à l’occasion de cette exposition, plonge dans les rites d’initiation de la tribu Wayana. Rituel durant lequel des slips se cachent sous les pagnes traditionnels et  où les talismans flirtent avec les débardeurs de marques. Entre les carbets typiques se distinguent des chaises en plastique. Incontestablement, un méli-mélo culturel qui atteste des avancées de la modernité sur ces civilisations attachées aux us et coutumes, mais qui se sont ouverts sans complaisance à la présence de caméras dans leurs cérémonies les plus sacrées, signe que l’européen n’est peut-être plus source de méfiance.

 

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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 04:50

 

Antony-durain.jpgAntony Durain est un Guadeloupéen rencontré à Shanghaï pendant l’Exposition universelle. Il y vit et y travaille comme agent immobilier. Témoignage.

« Je n’ai jamais eu de problème de racisme à Shanghaï ; j’en ai eu en France »

Comment, parti de Pointe-à-Pitre pour Paris, vous êtes-vous retrouvé à Shanghaï ?

J’ai d’abord suivi mes parents pour la métropole en 1989 – j ‘avais 8 ans et demi -, après le passage du cyclone Hugo, ensuite j’ai fait mes études à Paris, un bac littéraire, puis de l’économie et du droit. Après j’ai fait une école immobilière et une fois diplômé, fin 2004, je suis venu travailler à Shanghaï.

Pourquoi Shanghaï ?

Je suis arrivé avec une idée précise dans l’immobilier mais je ne savais pas encore quel type de secteur, sachant que je ne savais ni lire, ni écrire le chinois… Il fallait que je sois malin, que je m’entoure des bonnes personnes pour trouver un boulot où mes qualités de commercial et de relations publiques pouvaient marcher. Et aujourd’hui, ça fait six ans que je vis en Chine…

Que faîtes-vous à l’heure actuelle ?

Je suis broker et pas négociateur immobilier comme je faisais à Paris. Je dis broker car il y a tellement d’immeubles, tellement de produits sur le marché qu’en fait, il y a beaucoup d’options pour les clients. Aujourd’hui ça marche très bien car je parle de mieux en mieux le chinois et si j’en crois le meilleur broker de Shanghaï, je devrais être la star de Shanghaï dans les trois ans qui viennent… (rires) Nous verrons si son pronostic est vrai. Ceci étant il faut travailler et on n’a rien sans rien.

S’il le dit c’est qu’il a senti quelque chose en vous…

Il a senti quelque chose, oui… Aujourd’hui, j’essaie d’être vraiment actif sur le marché, que ce soit sur la zone Puxi (le vieux Shanghaï des concessions anglaise et française) ou Pudong (le nouveau Shanghaï des tours et des affaires), je trouve des bureaux à la location, je négocie les contrats du bail et d’ici la fin de l’année, je vais m’orienter vers l’investissement, c’est-à-dire la vente d’étages ou d’immeubles en bloc.

Comment avez-vous ressenti la différence en Chine ?

La Chine est en avance de douze heures sur les Antilles et ce décalage horaire révèle peut-être l’avance de la Chine. Son marché immobilier est très immature aujourd’hui : il y a environ 5 000 buildings pour une ville de plus d’un million d’habitants. La Chine, c’est 17 fois la France. Shanghaï, Pékin et Canton sont les villes qui connaissent le plus fort développement aujourd’hui… Donc le choc culturel n’a pas été vraiment fort parce que je suis arrivé sans a priori et je trouve que c’est la meilleure approche, le meilleur état d’esprit qu’il faut avoir quand on va au contact d’une culture différente. Mais ici, si un Chinois vous dit « nihao » (bonjour, NDLR), vous lui répondez ou vous allez vers lui et vous cassez la glace.


« Les barrières sont dans la tête. Il suffit de prendre un billet d’avion. »


Il n’y a pas vraiment de choc culturel. Je suis arrivé ici pour travailler, très motivé car quand je suis venu la première fois en 2002, j’avais trouvé que le pays avait beaucoup d’énergie. J’étais encore étudiant et je me suis dit que c’était un pays comme ça qu’il me fallait : un pays émergent, un marché où les décisions se prennent vite. Je me suis dit : « C’est parfait. »

Quand on est Antillais, est-ce plus facile de travailler à Shanghaï qu’à Paris ?

En France, il y a une immigration, il y a différentes communautés noires, mais que vous soyez Africain ou antillais, vous êtes noirs. Après, ça dépend de comment vous vous en sortez et c’est vrai que malgré les diplômes que vous avez, ça n’est pas facile de s’insérer dans le monde professionnel. En Asie, Shanghaï comme à Singapour, Taïwan ou  Hong Kong sont des villes où il a beaucoup d’entrepreneurs, beaucoup de produits fabriqués et vendus à l’export. Donc si vous venez faire du business, acheter de la valeur dans ce grand marché international, il n’y a pas de problème. Je n’ai jamais eu de problème de racisme à Shanghaï ; j’en ai eu en France. Mais c’est un autre passé, donc c’est différent. Ne comparons pas l’incomparable.

Feriez-vous toute votre vie ici ?

Je suis très jeune, je n’ai que 28 ans… Pourquoi pas après me positionner comme expert en implantation de sociétés étrangères en Chine, d’implantation d’usines, de développement de marques étrangères sur la Chine. Certains le font déjà mais il y aura aussi une part du gâteau pour moi plus tard. Je voudrais vraiment avoir mon nom entre ces immeubles ! (Il regarde les tours illuminées de Pudong, sur l’autre rive du fleuve Huangpu). En lettres rouges si possibles ! (Rires) Je reste très lucide mais en tous les cas, la Chine n’est pas un colosse aux pieds d’argile. Il y a beaucoup de choses à y faire.

Et les Antilles ?

J’y retourne au mois d’août cette année. Je vais d’abord faire une expérience mais elle est difficile. Je vais me reconnecter du côté de la famille de ma mère à Morne-l’Eau, les Chapiteau, et du côté de celle de mon père aux Abymes, et voir effectivement si  je peux accéder, anticiper ce marché qui arrive. Shanghaï, Pointe-à-Pitre, ça ne va pas être la même chose… Le marché est réduit !

Les Chinois que vous rencontrez savent-ils l’existence de la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane ?

Depuis les JO de Pékin, grâce aux médailles d’or de Husain Bolt, ils situent la Jamaïque ; donc je leur dis que les Antilles françaises, c’est un peu plus bas et ils arrivent à les situer sur la carte du monde. Après, il y a le foot et avec, Thierry Henri. Je leur dis : Thierry Henri c’est comme moi. Il est Français et il est noir, je leur explique… Mais les Chinois sont très curieux. Depuis leur entrée dans l’OMC il y a plus de cinq ans, ils ont commencé à s’ouvrir sur le monde, à s’intéresser aux autres.

Qu’auriez-vous envie de dire à vos jeunes compatriotes des Caraïbes françaises ?

Il n’y a pas que la France. Il y a le Canada qui peut être une première expérience, mais il y a aussi les pays asiatiques. Les barrières sont dans la tête. Il suffit de prendre un billet d’avion. C’est le premier pas à faire pour être sur le marché.

Propos receuillis à Shanghaï par FXG (agence de presse GHM)

 

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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 03:55

Les sénateurs s’attaquent aux finances de l’Outre-mer

Marie-Luce Penchard était auditionnée par la commission des finances du Sénat le 24 juin dernier dans le cadre de la préparation à l'examen du projet de loi de règlement des comptes et rapport de gestion pour l'année 2009.

La ministre de l’Outre-mer avait refusé la présence de la presse. « Elle s’en est pourtant bien sorti », confiera quelques jours plus tard le président du Sénat, Gérard Larcher. La séance de question a été musclée car les sénateurs de la commission des finances présidée par Jean Arthuis sont réputés les moins tendres avec l’Outre-mer ! Très vite est venue la question des carburants, « un des sujets qui fâchent le plus », avec ce crédit de 90 millions pour indemniser les pétroliers des conséquences de la baisse de prix. « Etait-ce exceptionnel ou cette indemnisation a-t-elle vocation à se renouveler les autres années ? » Marie-Luce Penchard tente de s’exonérer : « La décision d'indemniser les pétroliers a été prise par le ministère des Finances et Christian Estrosi a confirmé que l'État paierait ce qu'il doit pour 2009. » Elle signale qu’elle attend le rapport de l'Agence nationale pour les conditions de travail (ANACT) et la décision des présidents des trois régions sur l'avenir de la Sara. « L'objectif étant qu'on retrouve un prix économique qui corresponde à la réalité des coûts (…) et qu'on n'ait plus à indemniser les pétroliers. » Anne-Marie Payet, sénatrice de la Réunion, s’inquiète des tarifs bancaires « exorbitants, en moyenne triples de ceux de métropole ». « Nous travaillons avec les chambres de commerce et d'industrie sur le guichet unique... », rétorque la ministre. Vientla LODEOM, votée depuis un an et dont certaines mesures d'application ne sont pas encore prises… « Tous les décrets sont pris sauf deux. L'un, sur la continuité territoriale, attend encore un feu vert communautaire, l'autre, sur l'aide au fret, sera finalisé très prochainement. » Elle reconnaît que « les effets de la LODEOM ne seront sensibles qu'en 2011 ». Et les dépenses fiscales qui s'élèvent à 3,6 milliards en 2010, seront-elles rabotées en 2011 ? «  Il ne faut pas que le rabot rende les dispositifs inopérants. Par exemple, le Fonds d'investissement de proximité ne fonctionne plus. Il ne faut pas appliquer le rabot à toute l'outre-mer. » Le sénateur Doligé exprime ses doutes sur la TVA déductible, « non perçue, récupérable » : « Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre cette TVA non perçue récupérable et le fait que, en métropole, nous attendons deux ans que l'État nous rembourse une TVA payée... » La ministre contre-attaque : sa réforme a déjà permis de récupérer 60 millions d'euros. Vient une salve sur l’abattement de l'impôt sur le revenu (30 % aux Antilles et à La Réunion et 40 % en Guyane) : « Le montant des avantages fiscaux, 3,1 milliards, est supérieur au budget de votre ministère ! » « La Réunion est le département français où le nombre de véhicules par habitant est le plus élevé et le parc le plus jeune », « A la Nouvelle-Calédonie, on trouve le plus grand nombre de Porsche Cayenne par habitant...  Cela vaut la peine d'aller regarder de plus près l'efficacité des 3,6 milliards d'avantages fiscaux accordés en 2010… » Le président de la commission, Jean Arthuis, se fait grinçant : « Les 4/4 sont-ils des investissements professionnels ? » Les sénateurs doutent de l’efficacité de ces avantages fiscaux et le ministère manque de moyens humains pour faire des évaluations. Marie-Luce Penchard concède que, « dans le cadre de la RGPP, le ministère vient de perdre la moitié de ses effectifs… » Nouvelle offensive de Jean Arthuis : « Comment votre ministère appliquera-t-il le principe de la diminution de 10 % des dépenses fiscales et des crédits d'intervention - sur trois ans, dont 5 % en 2011 ? Le président lui signale que « l'état des finances publiques est tel que certain arbitrage international pourrait intervenir... » Marie-Luce Penchard assure qu’elle fait le ménage dans les anciennes mesures, mais qu’elle mettra en œuvre les nouvelles. Enfin, c’est le coup de grâce de la commission des finances : « Ne doutez pas de notre attachement à l'outre-mer, mais nous vous appuierons chaque fois que vous chercherez à y faire des économies. » Pour l’ambiance des débats autour du budget 2011, le ton est donné !

FXG (agence de presse GHM)

MLP : « les effets de la LODEOM ne seront sensibles qu'en 2011 »

 

Carnaval Tropical de Paris
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 03:44

Coup d’envoi du Carnaval tropical de Paris ce samedigroupe-5.jpg

La capitale sera aux couleurs de Vaval ce week-end. La 9e édition du carnaval tropical de Paris égayera les 3 et 4 juillet les rues de Paris. Fidèle à sa tradition, l’événement en collaboration avec la mairie de Paris, fédère en son sein divers groupements carnavalesques caribéens. De la place de la Nation à la porte de Pantin, une soixantaine de groupes carnavalesques rivaliseront d’inventivité de 14h à 19h30 pour exporter à Paris la magie de l’esprit du carnaval. Défoulement et provocation mais aussi costumes bigarrés et rythmes festifs sont les maîtres mots d’une manifestation culturelle phare dans la caraïbe. groupe-30-bis-ethnic-97.jpgCar au-delà des Antilles françaises et de la Guyane, nombres d’îles voisines sont conviées à la fête comme Haïti ou la Dominique. Mais la fédération du Carnaval Tropical de Paris et d’île de France a su faire part belle aux groupes créés dans l’Hexagone et au-delà, comme l’Amérique de Sud ou le Cap-Vert. Car si le carnaval est une institution aux Antilles, il l’est aussi dans pour bien d’autres civilisations. Fête populaire certes mais aussi réelle compétition. Tous les groupes participants ont à cœur de se montrer sous leur meilleur jour afin de faire forte impression au jury, qui dimanche décernera jusqu’à 10 prix allant du meilleur costume au meilleur groupe. groupe-26-BIS.jpgLe carnaval tropical de Paris réunit chaque année plusieurs milliers de carnavaliers, curieux ou heureux de retrouver ici, un peu de l’ambiance de là-bas. Au-delà de l’esprit de dérision ou des sons entraînants des caisses claires ou des groupes à peaux, ce sont des racines culturelles que le carnaval met à l’honneur. Les groupes participants n’ont pas passé outre cette donnée essentielle et les valeurs d’outre-mer seront au cœur des thèmes choisis. Les convictions politiques ou coup de gueule ont aussi leur place, à l’image de Rasin Ginen, groupe haïtien dont les costumes rendent hommages aux victimes du séisme du 12 janvier ou de Choukaj mas Paris, issu de la Guadeloupe, qui chaque année commémore la mémoire des militants et ouvriers guadeloupéens tombés en mai 1967. La 9e édition du carnaval de tropical de Paris, rendez vous incontournable de l’été, offre ce week-end un véritable brassage culturel aux cadences de l’outre-mer, et la fédération promet d’ores et déjà des surprises pour le 10e anniversaire l’été prochain. 

Gaëlle Jotham (Agence de presse GHM)

Carnaval Tropical de Paris
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /2010 05:11

 

Martin-Lestringant--Gauthier-Roubichou--chef-Pourcel-et-ka-.jpgMartin, le Nîmois qui vend du rhum aux Chinois

« Les Chinois aiment le rhum ; ils sont habitués aux alcools très forts avec le beijo donc c’est vrai qu’un rhum agricole à 50 °, ça ne leur fait pas peur. » Martin Lestringant est un Nîmois installé à Shanghaï en tant que volontaire international à l’export (VIE). Il s’occupe de démarcher le marché chinois pour y placer des marques de rhum agricole des Antilles françaises. Cette aventure chinoise a démarré par un contrat en alternance décroché pendant qu’il était en école de commerce, avec Spiridom, la branche spiritueux du groupe Bernard Hayot. « Je devais m’occuper de développer une marque de liqueur de whisky. A la fin de mes études, Spiridom m’a proposé ce VIE à Shanghaï pour implanter trois marques antillaises de rhum. » Fin juin, pendant la semaine française de l’exposition universelle, il a géré seul la présence antillaise au pavillon de la France. Bien sûr, pas de rhum à boire sur place (au restaurant des frères Pourcel) pour cause de monopole de Moët-Hennessy, mais Martin avait la responsabilité d’un groupe de musiciens antillais, Ka flambé, qui venaient chaque jour animer le pavillon de la France pendant une à deux heures. Et le soir, il emmenait son groupe dans les clubs de Shanghaï où là, le rhum coulait à flot ! Ca a si bien marché que son employeur a accepté de lui renouveler son VIE, surtout après le lancement en fanfare de la fête de la musique en Chine par Jack Lang lui-même au pavillon de France, le 21 juin dernier, au son de ses protégés de Ka flambé !

Martin-Lestringant.jpgMartin gère aujourd’hui 250 lieux de vente à Shanghaï (grande et moyenne distribution, supérettes haut de gamme, bars et restaurants dédiés aux expatriés…). « Nous entamons la clientèle locale en ayant pénétré quelques bars et restaurants chinois. » A Pékin, il y a 80 points de vente dont la plupart sont des hôtels 4 et 5 étoiles. Une démarche entreprise en amont des JO de Pékin pour toucher la clientèle internationale. « C’est un succès à 80 % », estime le jeune Nîmois. Mais c’est le passage de Nîmes à Shanghaï, mégapole de plus de 20 millions d’habitants, qui a été le plus éprouvant pour lui : « Ca fait bizarre au début… Les arènes, le boulevard Victor-Hugo me manquent un petit peu mais il faut savoir aussi voyager et voir ce qu’il y a ailleurs… » Bien intégré dans la communauté des expatriés français (quelque 12 000 personnes), il connaît désormais la ville sur le bout des doigts et quand il s’adresse à un chauffeur de taxi, son chinois est presque sans accent (du midi !)… Mais dès qu’il a un congé assez long, il revient à Nîmes « pour recharger les batteries ». Martin est né à la Maison de santé protestante, il a été au collège Jean-Rostand, au lycée Saint-Stanislas, avant de partir à Marseille pour y poursuivre ses études. Aujourd’hui, il espère transformer son VIE en emploi pérenne pour gagner sa vie à Shanghaï, mais son objectif est de pouvoir revenir plus tard travailler au pays. « Je compte bien ramener des touristes et des clients chinois à Nîmes et dans le Languedoc ! »


LATITUDE-2-copie-1.jpgITW Violaine Darmagnac, manager du bar Longitude à Shanghaï, organisatrice des caribean parties.

Est-ce qu’ici, on peut dire que c’est l’endroit où l’on boit du rhum à Shanghaï ?

C’est l’endroit où l’on boit du rhum, on le boit bien et c’est là où il faut être. On écoule pas mal de bouteilles parce que les gens aiment venir chez nous parce qu’on leur donne du plaisir et les gens ne veulent que ça, du plaisir.

Quand vous faîtes venir un groupe antillais comme Ka flambé, il y a plus de monde ?

Ca fait venir beaucoup de monde, parce que, à Shanghaï, on aime bien le côté Chine, mais en même temps, dès qu’on peut se souvenir un peu des îles, de chez nous, de la France… on est juste enchantés, ravis.

Il y en aura d’autres, alors ?

Ca va continuer !

Pensez-vous que le rhum ait un avenir ici ?

Le rhum… Mais il a toute sa vie ici ! c’est sans limite.LATITUDE 1Maggie Chen , la patronne du Longitude, et son mari français.LATITUDE 3Le serveur du Longitude a servi par centaines les mojitosLATITUDE 4Clientèle chinoise, antillaise et européenneLATITUDE 5

Autour de Martin et Violaine d'Armagnac, le group Ka flanbé et kle blogueur


ITW Martin Lestringant, VIE Spiridom à Shanghaï

Comment organisez-vous ces soirées rhums ?

On a fait cette soirée au Longitude parce que c’est notre meilleur client. C’est un bar extérieur typique antillais avec de la paille au-dessus.

Est-ce avec des clients tel que le Longitude que des marques comme Damoiseau peuvent se développer ?

C’est avec de bons partenariats qu’on peut se développer. Longitude joue vraiment le jeu parce que le Damoiseau est un produit un peu plus cher que les produits industriels comme Baccardi ou Havana Club et ils osent payer un peu le prix pour donner la qualité à leurs clients. Et ça marche puisqu’on a fait 250 à 300 clients et vendu près de 60 bouteilles.

Ce genre de soirées, vous en faîtes souvent ?

On fait ça deux fois par mois minimum.

C’est comme ça qu’on gagne des parts de marché ?

C’est comme ça surtout qu’on fait du buzz et que les gens, surtout les bar tenders et les managers se disent si ça marche au Longitude, ça marchera chez nous et c’est comme ça qu’on pourra développer notre marque.

D’autres caribean parties en perspective ?

Le 14 juillet, la fête nationale se fera au Longitude comme l’an passé et c’était la meilleur soirée qu’on ait faite sur la Chine avec plus de 120 bouteilles dans la soirée et 400 personnes qui sont passées.

 

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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 04:54

 

Interview Me Freddy Brillon, avocat du Collectifdom

« Le Collectifdom est la première association à avoir cité Eric Zemour »Freddy-Brillon.jpg

On attendait hier le procès d’Eric Zemour sur une assignation du Collectidom devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, pourquoi y a-t-il eu un renvoi ?

Enormément de parties civiles sont venues se greffer dans cette affaire : la LICRA, l’Union des étudiants juifs de France, Touche pas à mon pote, SOS racisme ainsi que le MRAP qui vient incidemment dans le dossier puisqu’il n’a pas fait de citation, et puis d’autres associations que je ne connais pas très bien qui se sont constituées. Le président Bonnal a quand même rappelé que le Collectifdom est la première association à avoir cité Eric Zemour.

Rappelez-nous les griefs de cette action en justice contre ce journaliste de la télévision…

Provocation à la haine raciale sur trois émissions. Il y a les deux émissions de France Ô du 21 janvier et du 6 mars et celle de Canal +, Salut les Terriens, sur laquelle la plupart des associations aujourd’hui se sont constituées parties civiles.

Les propos incriminés sont lesquels ?

En substance : il est normal que les Noirs et les Arabes soient tout le temps contrôlés puisque c’est chez eux qu’on trouve les trafiquants… Ce ne sont pas des mots que j’ai envie de retenir. Et sur l’émission de France Ô, il revendique le droit à la discrimination à l’embauche. Il a répété deux fois qu’on avait le droit aujourd’hui en France de ne pas embaucher quelqu’un dans une entreprise parce que cette personne est noire ou arabe. Ce sont des propos inacceptables. Nous avons également fait citer, et nous sommes les seuls, Canal + en tant que complice puisqu’ils ont favorisé la propagation de ses propos dans la mesure où c’était une émission enregistrée. Il ne s’agit pas à notre sens de la diffamation raciale contrairement à ce que défend SOS racisme, mais de la provocation à la haine raciale.

Qu’a décidé le tribunal ?

Le tribunal a fixé la date du 19 octobre pour déterminer le temps que chaque partie prendra… Il y a beaucoup de témoins, Eric Zemmour en fait citer 21, certainement pour noyer le poisson… Du côté du Collectifdom, nous allons faire citer deux historiens, et SOS racisme et la LICRA vont en faire citer cinq. Mais l’audience aura lieu en janvier et trois jours sont prévus pour cette affaire.

Propos recueillis par FXG (Agence de presse GHM)Mes-Ajabi--Brillon-et-Desaix-et-Daniel-Dalin.jpg

Photo : Les avocats du Collectifdom, Yassine Ajabi, Freddy Brillon et Bernard Desaix et le président du Collectifdom, Daniel Dalin, devant les marches du palais de justice de Paris, hier.

 

 

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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 03:03

 

L’agence nationale de promotion des cultures d’outre-mer lancée par Frédéric MitterrandMitterrand--fxg-.jpg

Frédéric Mitterrand a lancé un « appel d’offre » en vue de la création, « dans les meilleurs délais », de l’agence nationale de promotion des cultures de l’Outre-mer. Une étude pour sa faisabilité figure dans les décisions prises par le conseil interministériel de l’outre-mer suite aux propositions issues des états généraux de l’outre-mer, notamment, celles de l’atelier dirigé par Greg Germain. Précisément, l’appel d’offre est lancé pour trouver un prestataire extérieur chargé de la rédaction d’un « projet destiné à faciliter certains choix formels qui ne vont pas de soi comme le démontrent les expériences antérieures ». Tout cela est exprimé par le ministre de la Culture dans une lettre à Patrick Karam en date du 16 juin. Une lettre pour désamorcer les désaccords qui ont pu opposer les deux hommes en fin d’année dernière quand, au lieu de réfléchir à cette agence, Frédéric Mitterrand avait voulu lancer une « mission permanente » confiée à Michel Colardelle. Après un coup de gueule de Patrick Karam, le ministre avait finalement nommé Michel Colardelle DRAC à Cayenne et réajusté son tir pour se conformer aux décisions du CIOM… Mais dans les « expériences antérieures », il y a eu aussi une première proposition du délégué interministériel à l’Egalité des chances des Français d’outre-mer qui avait été retoquée en 2007 par Christine Albanel alors qu’elle était ministre de la Culture. Désormais, et d’autant plus après le déplacement de Frédéric Mitterrand aux Antilles la semaine dernière, c’est une « priorité de (son) action ». Cette agence visera à « valoriser les potentiels culturels des Outre-mers et de nos compatriotes ultramarins ». Selon Patrick Karam, cette agence gouvernementale aura les moyens d’impacter les chaînes publiques, le Centre national du cinéma. « Il y aura des listes d’auteurs, d’acteurs ultramarins et cette agence va faire vivre l’outre-mer dans l’Hexagone. » quant au ministre, il ne doute pas que « les Ultramarins de l’Hexagone et des territoires seront satisfaits du soin mis à cette étude et de la qualité des décisions qui en découleront ».

FXG (agence de presse GHM)

 

 


L’agence telle que décrite par le gouvernement

 

La création à Paris d’une structure dédiée à la promotion et à la diffusion des cultures de l’outre-mer à vocation nationale, inter-ROM et COM, et internationale vise à mettre en avant les œuvres artistiques ultramarines et à répondre aux difficultés rencontrées en matière de diffusion artistique. Tous les domaines de l’art seront concernés : patrimoine, arts de la scène, arts visuels, littératures, audiovisuel et cinéma. La première mission de cette structure sera de donner une meilleure visibilité sur l’ensemble du territoire national aux expressions culturelles issues des différentes régions de l’outre-mer français. Elle devra faire en sorte que les créations culturelles liées aux régions d’outre-mer trouvent une place naturelle au sein des multiples réseaux de diffusion culturelle et artistique. Il s’agit aussi de mettre en relation les acteurs, structures et projets culturels avec ceux des autres zones ultramarines, ceux de l’Hexagone, et plus largement des structures et actions culturelles interrégionales, francophones, européennes et internationales. Cette initiative sera prise en cherchant également une participation des différentes collectivités concernées.

 

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