Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /2007 11:52

Pas de prison pour le vent au théâtre du Lucernaire LES-TROIS4749.jpg Créée en Martinique et en Guadeloupe, la pièce d’Alain Foix, mettant en scène la rencontre entre Gerty Archimède et Angela Davis (éditions Jasor) se joue à Paris, au théâtre du Lucernaire jusqu’au 1er décembre.
MARIANNE-ANGELA4736.jpg Antoine Bourseiller a su tirer le meilleur des talents de ses comédiennes. Sonia Floire incarne majestueusement Angela Davis. Cette actrice d’origine africaine ne parle pas un mot d’anglais et, pourtant, parvient à restituer ce léger accent anglo-saxon qui donne de la force à sa diction. L’auteur, Alain Foix, aime à dire que ce qui est écrit n’est pas dit… Et il a aimé le jeu de Sonia. Dans le rôle de Gerty Archimède, Marie-Noelle Eusèbe est superbe. Elle ne joue pas, elle est Gerty. Face à ces deux femmes passionnées, la sœur de Gerty, Sœur Suzanne (Mariann Mathéus, grandiose) vient nourrir de ses apparitions, interventions, le dialogue des deux grandes dames.
marianne-gerdty4641.jpg En arrière plan, Alain Aithnard (l’avocat Joachim, le jardinier, le musicien) est une sorte de griot qui donne un relief musical à la mise en scène. Antoine Bourseiller fait claquer les couleurs et les lumières et sait tirer toute l’énergie du texte.
Avec ses trois actrices, le spectateur replonge dans cette Guadeloupe des
années 1970. Arrivée de Cuba, en transit, Angela Davis se voit reprocher par un douanier d’avoir importer à la Guadeloupe des ouvrages littéraires, bien entendus subversifs... Les dockers de Basse-Terre l’envoient vers la grande avocate mornalienne pour se tirer de là. Ainsi a lieu cette improbable rencontre entre ces figures de la négrité. Le théâtre est un art difficile qui, parfois, suscite l’ennui. Avec Pas de prison pour le vent, rien de cela. La pièce est vive, dynamique et le huis clos de ces trois femmes enfermées dans l’attente du passage d’un ouragan et d’un procès, est chargé d’intensité, d’émotion et d’histoire. La communiste, la Black panther et la nonne… Et le vent, omniprésent, que, comme ces femmes, l’on ne saurait emprisonner.
La pièce devrait revenir aux Antilles vers juin 2008. LES-TROIS--TABLE4725.jpg

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
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Commentaires

En attendant de voir ce spectacle ici en Guadeloupe, et d'applaudir ces actrices, je vous remercie de ce billet qui nous annonce un très grand moment de théâtre (et d'histoire) pour juin 2008.

Bon vent au spectacle et à toute la troupe.

Bob
Commentaire n°1 posté par Bobby Laplainte le 08/03/2008 à 11h15

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