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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 17:48
L'esclavage en bédé
Serge Diantantu, dessinateur congolais, a choisi la bande dessinée pour raconter l’esclavage. En attendant l’album, il présente une exposition itinérante dans les écoles et les salons de la bédé dans le monde.
MEMOIRE-DE-L-ESCLAVAGE.jpg« Je me souviens qu’enfant, on parlait de l’esclavage chez moi… » Depuis quelques mois, Serge Diantantu promène en France son exposition sur la mémoire de l’esclavage. « Il a fallu attendre le cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage pour qu’on en parle ! », s’irrite-t-il. Cette année-là, il monte un numéro spécial abolition pour la revue La Cloche. « Je cherchais des ouvertures pour pouvoir en parler et comme j’avais connu un certain succès avec ma série de bédés sur Simon Kimbangu, j’ai commencé à dessiner quelques cartes postales. » En 2000, l’éditeur Michel Laffont demande son concours pour illustrer L’esclavage à Gorée, l’ouvrage de Joseph N’Diaye, le conservateur de la maison des esclaves. A l’occasion du 10 mai 2006, Serge Diantantu vient dans les écoles avec ses planches. « Ce qui me touche, c’est de faire connaître l’esclavage aux enfants. J’ai réfléchi et j’ai conclu que tous les jours ça doit être le 10 mai. Une seule journée pour commémorer cinq à six siècles de génocides sans parler de l’esclavage moderne, les marchands de sommeil, la prostitution… » Le dessinateur est parti d’une chaîne avec un collier et deux bracelets d’esclave pour en faire une sorte de personnage, avatar de l’abolition de l’esclave… Les fers ouverts sans l’esclave, mais une forme humaine où il reste à sectionner chaque maillon… REMEMORONS-NOUS-EN.jpgDans son exposition, comme dans la bédé en cours d’achèvement, il explique comment l’esclavage a fonctionné entre l’Afrique et le nouveau monde.
Faire une place aux héros noirs
« J’évoque les premiers explorateurs des embouchures des fleuves pour que les descendants d’esclaves sachent d’où ils viennent ! Le travail pédagogique dans l’exposition part de la bande dessinée mais s’élargit aux abjets, aux fers. Et dans les salons de la bédé, les enfants reviennent avec leurs parents. »

Serge Diantantu travaille avec deux historiens, un documentaliste et un scénariste. « Je travaille sur le serment de Bois Caïman, février 1794, mai 1802, Saint-Domingue ou encore la vente de la Louisiane. » L’historien Alain Robert est spécialiste d’Haïti et de Toussaint Louverture, Roger Kitemako est spécialiste de l’histoire du Congo. « Moi, je mets en image et j’imagine des situations. Ca permet de retrouver l’émotion. La découverte du navire, la traversée, les travaux forcés… L’Afrique a été utilisée comme décor, maintenant, il faut que l’Africain soit aussi acteur dans son décor ! Je dessine aussi très bien les Blancs, mais je veux faire une place aux héros noirs. » L’exposition a fait le tour des écoles et des ports négriers comme La Rochelle, Bordeaux ou Nantes, et Serge Diantantu s’apprête à se rendre au Danemark, au Canada, au Togo… Et les Antilles, il y songe.

Style MindelòSERGE.jpg
Serge Diantantu est né en république démocratique du Congo. Après des études à l’académie des beaux-arts de Kinshasa, il débarque à Paris en 1981 où il travaille comme décorateur pour la télé et le cinéma.  Bouleversé par les ravages du sida dans le monde, il crée son premier album de bédé, « Attention Sida ». Le succès de cet album encourage l’auteur à poursuivre dans cette voie pour raconter la vraie histoire africaine, souvent mal connue, avec la sensibilité et le regard que seul un natif d'Afrique peut exprimer. Son style, le mindélô, donne à son dessin toute son authenticité. Serge Diantantu a poursuivi dans la bédé avec Simon Kimbangu, un héros de la lutte anticoloniale au Congo belge au début du XXe siècle. « Son histoire a été occultée… Il est mort en décembre 1951 après trente ans d’enfermement dans une pièce de 1,2 m sur 0,8m. Il mérite de belles pages d’histoire et j’ai retracé sa vie. Le public a réclamé l’album et j’ai attendu d’atteindre le terme de sa vie avant de toucher à la mémoire de l’esclavage. »

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commentaires

thierry 20/10/2010 08:57



Une expression antillaise dit aussi de celui qui empreinte "trop" la "vision" du blanc : (en créole) :" ou kon kongo ki vwè on caleçon blanc ", ce qui veut dire dans une expressivité
noire antillaise : "tu es comme un Congolais qui a vu un "caleçon" blanc".


On ne peux pas retenir de l'esclavage comme "un blanc" que les chaînes, (ou plus dégueulasse) les expériences de Lafayette, etc...


C'est pourquoi il ne faut pas confondre le JP Guerlain d'aujourd'hui avec ce qui a pu se passer avec les esclaves guadeloupéens vendus aux USA etc.


Aujourd'hui des Congolais travaillent clandestinement en cuisine en France et n'ont que des bons d'achats pour aller retirer des provisions dans des boutiques spécifiques du "réseau", voire pire.


Certains maîtres on su mieux traiter  leurs esclaves que d'autres. Il ne suffit pas d'acheter un esclave, il faut savoir le maîtriser. Quand Christine Lagarde va chercher des fonds ("pour
que je mange") aux Emirats (contrôlés par les USA) La France est-elle colonisée  ??


Gorée n'est qu'une anecdote dans toute l'histoire de l'esclavage, on ne peut imager plusieurs siècles d'esclavage, même dans un musée


 



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