Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 20:38
Thierry telchid, Larry Tarer et Ronnie Kelly jugés pour la mort de Ferdinand Jonathan
Hier, le procès d’assises des trois Guadeloupéens accusés d’avoir provoqué non intentionnellement la mort de Jonathan Ferdinand, a débuté. Il durera cinq jours. Jean-louis-Fonsat-ami-famille-Ferdinand-et-Me-Alex-Ursulet.jpg Jean-Louis Fonsat, proviseur du lycée AMEP, ami d'Alex Jonathan (père de la victime), avec Me Alex Ursulet.

« Reconnaissez-vous avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort de Jonathan Ferdinand sans intention de la donner ? » Cette question du président de la cour d’assises de Paris, M. Getti a été posée en fin d’audience, hier soir, à deux des trois accusés alors qu’ils étaient interrogé par la cour et les avocats. Depuis hier matin, Larry Tarer (27 ans), Ronnie Kelly (28 ans) et Thierry Telchid (28 ans) comparaissent pour la mort de Jonathan Ferdinand, survenue après un zouk sur une péniche parisienne, au petit matin du 1er février 2004. Ils sont en outre poursuivis pour non assistance à personne en danger. Hier, ce premier jour d’audience a été l’occasion de rappeler les charges qui pèsent sur les trois co-accusés. Les médecins experts sont venus expliquer comment était mort le jeune Martiniquais, noyé dans une eau à 6 degrés, dans un fleuve en crue. Dans la salle, la moitié droite est occupée par la famille de la victime qui s’est constituée partie civile, à gauche, les familles guadeloupéennes des trois accusés… Victime et accusés sont des jeunes gens sans histoire. Etudiants ou policier stagiaire dans le cas de Ronnie Kelly, ils n’avaient jamais eu affaire à la justice. Après neuf mois de détention provisoire en 2004, ils ont été libérés et comparaissent libres.

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, Thierry Telchid avait organisé une de ces soirées « Titine » et avait demandé à ses amis Ronnie Kelly et Larry Tarer de lui filer un coup de main. Arrivé vers minuit, Jonathan Ferdinand buvait beaucoup (on a retrouvé 1,18 g d’alcool par litre de sang) et finissait par se faire exclure par les vigiles de la péniche, vers 3 ou 4 heures.
« Un enchaînement malheureux »
Au moment de fermer boutique, Jonathan revenait à l’entrée de la péniche pour exiger de se faire rembourser. L’altercation démarre verbalement avec Olivier Laboissière, coorganisateur de la soirée. Puis intervient Ronnie Kelly qui tente de calmer Jonathan Ferdinand qui se rebelle. Il reçoit une gifle de Ronnie. Deux témoins tentent de s’interposer, puis arrivent Thierry Telchid et Larry Tarer. Thierry affirme avoir reçu un coup de Jonathan Ferdinand et y avoir répondu, instinctivement, par deux coups au visage. Il l’attrape par le bras, ne retient que le blouson et la troupe se déporte, toujours plus près du bord du quai. Finalement Thierry Telchid lui donne un coup de pied en balayage qui déséquilibre la victime. Elle se relève en se retournant, fait deux pas de course, se retrouve, surprise, au bord du fleuve… Les témoins sont unanimes à dire que personne ne l’a poussé, qu’il n’a pas sauté volontairement. Pour les accusés, il a été emporté dans son élan. « Un enchaînement malheureux », dira à la barre Thierry Telchid… C’est évidemment ce que contestent les parties civiles… Ce matin l’audience se poursuit par l’interrogatoire des accusés, mais aussi avec celui des nombreux témoins cités. A noter que Joël Beaugendre, maire de Capesterre-Belle-Eau, et Alfred Marie-Jeanne, maire de Rivière-Pilote, commune d’origine des Ferdinand seront entendus comme témoins de moralité demain. Le verdict est attendu vendredi.
Me-Gibault-partie-civile.jpg Salle d’audience
Dans la salle d’audience, le père et la mère de Jonathan Ferdinand, ses frères, sont venus. Leur ami et voisin, le proviseur du lycée AMEP de Fort-de-France, Jean-Louis Fonsat aussi… Il y a encore les familles des accusés : l’inspectrice du travail, Mme Jabot de Kermadec tante de Thierry Telchid, le directeur général de la mairie de Petit-Bourg, M. Thorval, père de Larry Tarer, et sa mère, la fille de George Tarer… Si Mes Ezelin et Jabot n’ont pu faire le déplacement, Mes Leborgne, Guichon et Pautonier assurent la défense des trois Guadeloupéens. En face, avec Me Alex Ursulet, Me François Gibault (photo), exécuteur testamentaire de Louis-Ferdinand Céline (Ce qui lui fera dire : « Je suis voué à la défense des Ferdinand ! »), et Me Forgues, qui remplace au pied levé le bâtonnier Charrière-Bournazel retenu à la défense du trader de la Société générale, Jérôme Kerviel.
 
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
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