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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 21:55
AT, ST et BK condamnés à cinq ans avec sursis
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Alex Jonathan, avec ses avocats, Mes Gibault et Ursulet, n’a pas voulu réagir à chaud après le verdict. (photo : Raymond Moïsa)

Jugés coupables de la mort du Martiniquais Jonathan Ferdinand, les trois Guadeloupéens évitent le retour en prison.
Après cinq jours d’un procès où souvent l’émotion a été au rendez-vous, et quatre ans jour pour jour après le drame ayant coûté la vie à Jonathan Ferdinand, les jurés de la cour d’assises de Paris ont déclaré, hier après-midi, AT, ST et BK coupables de violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort de Jonathan Ferdinand sans intention de la donner. Les jurés n’ont pas retenu la non assistance à personne en danger. Suivant les réquisitions de l’avocat général, ils ont condamné les trois hommes à une peine de cinq ans de réclusion criminelle assortie de sursis. Les trois jeunes Guadeloupéens ne retourneront pas en prison. Ils avaient déjà purgé neuf mois de détention provisoire entre février et novembre 2004.
Le matin, l’audience avait débuté par les plaidoiries de la défense. Me Blaise Guichon, conseil de BK, devait parer aux accusations de mensonge qui pesait sur son client quant à sa présence dans la bagarre juste avant la chute de M. Ferdinand dans la Seine. « Lorsqu’il est intervenu il n’avait pas la volonté de chercher l’embrouille, ni de haine. Il voulait calmer les choses. Sa gifle malheureuse était une réponse à l’insulte prodiguée par Jonathan. Ce geste est l’événement premier mais c’est le seul acte de violence qu’on peut lui imputer. A-t-il eu à la fin de la bagarre la volonté d’en découdre? Sa présence a-t-elle conduit à la chute ? Depuis quatre ans, BK n’a pas toutes les réponses. Il n’a pas voulu exonérer sa responsabilité, il a dit son ressenti. On l’accuse de s’être enfui juste après ? Mais il fuyait alors un crime qu’il ignorait encore puisqu’il ne savait pas que Jonathan allait mourir noyé. Jonathan a été incarcéré avec des gens qu’il avait contribué à arrêter. Permettre à BK de se reconstruire ne portera pas atteinte à la mémoire de Jonathan.
« Le climat, l’alcool et le courant »
« ST n’est pas un criminel, a enchaîné Me Pautonnier. Il a tenu la manche du blouson de Jonathan, puis le bas de sa chemise, près du parapet. Le coup qu’il a projeté n’a pas porté. Ces deux actions n’ont pas contribué à la chute. Est-il passible de vingt ans de réclusion pour cela ? La cause du décès est étrangère à l’action de ST. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. » Me Pautonnier a souligné que c’est en prison qu’il avait achevé sa licence d’histoire, ajoutant : « Il n’y a pas de lieu plus raciste qu’une prison française. »
« AT a eu peur que ses regrets soient interprétés comme un aveu », a repris Me Leborgne, conseil d'AT. Comme le ministère public, il a parlé d’un drame de l’alcool défendu lui aussi la thèse que l’empoignade sans rapport avec la chute : « Il n’y a pas de cause physique. Des violences ayant entraîné la chute, soit, mais pas la mort. L’alcool a provoqué l’incoordination motrice gênant la nage en eau froide. » Pour le ténor, la bagarre a entraîné la chute, mais c’est le climat, l’alcool et le courant qui ont causé la mort… « Quatre hommes ont été pris en otage par le destin, ont été manipulés pour qu’advienne ce sort tragique. Nous n’étions pas dans la lâcheté mais dans l’angoisse… »
En début d’après-midi, les trois accusés ont été appelés à la barre pour s’exprimer (voir HT). Seul Alex Ferdinand est resté les écouter ; ses fils et son ex-femme n’ont pas voulu les entendre. Puis, le jury s’est retiré pour délibérer. Après deux heures et demi d’attente, le verdict est tombé. L’audience s’est poursuivie, sans les jurés pour déterminer les montants des dommages-intérêts.
 
Paroles d’accusés
BK : « Ca fait quatre ans que j’y pense tous les jours, que je regrette que nous nous soyons trouvés dans cette situation. A aucun moment, nous n’avons voulu cela… A sa mère, son père et ses frères, je veux leur dire que je sais ce qu’ils ressentent car je l’ai vécu avec la mort de mon cousin, dans des circonstances similaires. Je regrette de leur avoir infligé cette douleur. Je ne sais pas comment ça s’est passé mais peut-être que si je n’avais pas donné cette gifle, ça ne se serait pas produit. Je n’ai jamais voulu fuir mes responsabilités, je n’ai jamais menti. »
ST : « Aujourd’hui est un jour important pour la mémoire de Jonathan. Ces cinq jours d’audience ont été éprouvant pour sa famille et j’ai vraiment pris conscience de la douleur qu’a pu représenter sa mort. J’ai eu du mal à m’exprimer… on a toujours peur… On ne sait pas si on doit les regarder dans les yeux, si on doit leur dire bonjour… On a peur que ça soit mal interprêté. C’est pour ça que j’ai eu du mal à savoir si je devais leur écrire. En prison, je me suis remis en question… Ma bêtise et ma foi nouvelle… Je regrette… »
AT : « Je suis soulagé qu’on ait eu ces journées d’audience où on a pu dire ce qu’on avait sur le cœur depuis quatre ans. Je souhaite que la famille Ferdinand ait pu trouver des réponses à ses questions. Je regrette profondément la finalité de cette tragédie. Personne ne l’a souhaité ou même imaginé. J’aurai pu avoir plus de lucidité. »

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