Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 19:08

L'Outre-mer au musée du Quai Branly

10 mai - 18 décembre : La Collection rend hommage aux Outre-mer (accrochage spécifique)

11, 12 et 13 mai : Colloque : Exposer l’esclavage au théâtre Claude Lévi-Strauss

10, 11 et 12 juin : Spectacle vivant : Les Marquises : Mahau'u, Hakamanu et Haka Chants et danses de Nuku Hiva, avec l’ensemble Te hina o Motu haka

 


Exposer l'esclavage : Méthodologies et pratiques

En hommage à Edouard Glissant

Les 11, 12 et 13 mai 2011 au Théâtre Claude Lévi-Strauss

Accès libre dans la limite des places disponibles

À l’occasion des dix ans de la loi du 21 mai 2001, votée à l’unanimité par le Parlement français et qui portait la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme « crimes contre l’humanité », le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CPMHE) et le musée du quai Branly s’associent pour organiser un colloque international autour du thème Exposer l’esclavage.

La muséographie de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition soulève de nombreuses questions que ce colloque se propose d’examiner. Comment l’esclave entre-t-il dans le musée ? Comment montrer la torture, les punitions, l’exil, la perte, la résistance, la complicité, la création et leurs traces contemporaines. Comment penser la temporalité et l’espace de l’exhibition : commencer par quoi, quand, et en quel lieu ?

Le colloque rassemble des responsables de musée, des chercheurs, des artistes et des intellectuels de pays d’Afrique, des Amériques, d’Europe, de la métropole et des Outre-mer.

 


Les Marquises : Mahau'u, Hakamanu et Haka

Chants et danses de Nuku Hiva, avec l’ensemble Te hina o Motu haka

Vendredi 10 et samedi 11 juin 2011 à 20h, dimanche 12 juin 2011 à 17h au Théâtre Claude Lévi-Strauss

Billetterie Festival de l’Imaginaire ou www.fnacspectacles.com

En partenariat avec la Maison des Cultures du Monde et dans le cadre du Festival de l’Imaginaire

Nuku Hiva est la plus grande et la plus peuplée des Iles Marquises, l’un des cinq archipels de la Polynésie française. Les Marquisiens, peuple maori, manquent de disparaître à la fin du XIXe siècle, mais ont su faire renaître leur culture et leurs traditions au siècle suivant : dans les années 1970, ces îles du Pacifique prennent conscience qu’elles doivent agir pour sauver leur culture et leur langue. C’est ainsi que naît dans l’île de Nuku Hiva l’association Te Hina O Mutu Haka, qui entreprend un travail minutieux pour revitaliser l’héritage ancestral : la langue, la sculpture, les chants, les pirogues, le tatouage, les danses. La Maison des Cultures du Monde a travaillé avec Te Hini O Motu Haka pour remonter aux sources des danses ancestrales de Nuku Hiva et retrouver du sens là où la tendance penchait vers le divertissement pur. C’est le résultat de cette recherche qui est présenté au public du musée du quai Branly et du Festival de l’Imaginaire.

Te Hini O Motu Haka rassemble parmi les meilleurs danseuses et danseurs des Marquises. Ceux-ci chantent et dansent une suite de légendes marquisiennes, notamment la légende de la création des Iles Marquises et le très gracieux Hakamanu, ou « danse de l’oiseau », décrit par Lucien Kimitete comme « la danse de l’amour et de la vie sur la Terre des Hommes».

 


Les Antilles

Expo-OM-Quai-Branly-Guyane.jpgMartinique ou Guadeloupe, ces îles françaises des Antilles, ont vécu une longue histoire amérindienne bien antérieure à l’arrivée des Européens à la fin du XVe siècle. En effet, comme l’aire amazonienne à laquelle il est culturellement ancré, l’archipel des Antilles a un passé précolombien qui débute il y a plusieurs millénaires avec l’arrivée des premiers pêcheurs et cueilleurs paléoindiens. Dans les derniers siècles avant J.-C., d’autres groupes amérindiens issus du bassin de l’Orénoque, pratiquant l’horticulture et maîtrisant les techniques de la céramique, se répandent dans tout l’arc antillais. En plusieurs étapes, ces communautés colonisent toutes les îles jusqu’à Cuba. Les recherches archéologiques montrent une histoire complexe avec, au fil des siècles, l’émergence de nombreuses traditions régionales.

Ainsi, aux Grandes Antilles (Cuba, Jamaïque, l’île Hispaniola, Puerto Rico) se développent à partir du XIIe siècle les grandes chefferies taïnos. Dans les petites Antilles (dont la Martinique et la Guadeloupe), diverses cultures se succèdent au cours des siècles précédant l’arrivée de Christophe Colomb. Au moment de la colonisation française de la Guadeloupe et de la Martinique en 1635, les groupes autochtones se dénommaient eux-mêmes Kalinagos, mais sont plus souvent connus sous le terme de « Caraïbes insulaires ». Cette histoire précolombienne des Antilles est représentée au musée du quai Branly par plus de 4000 pièces archéologiques : haches, céramiques, coquillages… Provenant essentiellement de fouilles pratiquées en Martinique (3000 objets) et en Guadeloupe (600 environ).

Le rituel de la cohoba

Aux Antilles, des spatules vomitives et des inhalateurs en bois ou en os, attestent de la prise de substances hallucinogènes lors du rituel dit de la cohoba, et inscrivent les Taïnos et les Kalinagos, comme tous leurs ancêtres amérindiens des Antilles dans la grande aire culturelle amazonienne.Spatule-vomitive.jpg

Le rituel de la cohoba est un moment fondamental d’invocation des esprits, ou zemi. Seuls les caciques et chamanes y participent. Il est nécessaire de se purifier avant d’inspirer par les narines la drogue hallucinogène pour entrer en transe et aller à la rencontre des esprits.  Pour sfaire, l’initié utilise de petites spatules destinées à provoquer un  vomissement. Elle peut être sculptée dans un os de lamentin, comme celle provenant de fouilles archéologiques menées en 1939 au Prêcheur en Martinique. Acquise récemment par le musée du quai Branly, l’autre spatule, en forme de serpent, appartient à la culture taïno et provient d’une grotte près de Puerto Plata, au nord de l’actuelle République dominicaine. Les yeux et la bouche de ces pièces comportaient des incrustations de coquillage ou d'or aujourd'hui disparus.

 


La Guyane

La Guyane française compte six peuples autochtones répartis dans deux grandes zones de peuplement : les Lokono, les Pahikweneh (ou Palikur) et les Kali’na qui vivent sur le littoral ; les Wayana, les Wayampi et les Teko (ou Emérillon) habitant dans l’intérieur. La population actuelle des Amérindiens de Guyane avoisine les 10 000 personnes, mais plusieurs de ces communautés sont implantées également dans les états sud-américains voisins (Suriname et Brésil).

Le musée du quai Branly possède une collection de plus de 3000 objets provenant des différents groupes amérindiens des Guyanes et présentant tout l’éventail des cultures matérielles amazoniennes. Dès les premiers temps de la colonisation française, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des pièces sont offertes aux rois de France ou rassemblées par des aristocrates dans des cabinets de curiosités ; plus de 400 de ces témoins antérieurs à la Révolution française sont aujourd’hui conservés.

Les collections guyanaises sont ensuite enrichies à la fin du XIXe siècle grâce aux missions exploratoires et scientifiques, parmi lesquelles celles de Jules Crevaux ou de Henri Coudreau. Au cours du XXe siècle, les nombreux travaux de terrain des ethnologues contribuent à développer cet ensemble au sein duquel les communautés les mieux représentées sont les Kali’na et, surtout, les Wayana.

Le maraké, rite d’initiation wayana

Les Wayana, dont le nombre est aujourd’hui estimé à environ 1700 personnes, sont partagés entre la Guyane française, le Brésil et le Suriname : plus d’un millier d’entre eux vivent côté français sur le haut cours du fleuve Maroni en une douzaine de villages répartis sur ses affluents, le Litani et le Tampok. Dans les collections du musée du quai Branly, parmi plus d’un millier d’objets, se distingue un ensemble de pièces singulières qui participent d’un moment fondamental chez les Wayana : le rite d’initiation maraké, ou eputop en langue vernaculaire. Le maraké est l’apogée d’un cycle de cérémonies s’échelonnant sur quelques mois, pratiqué au moment de la puberté et marqué par l’exécution des chants anciens, nommés kalawu. Comme épreuve finale de ce rituel qui marque le passage dans le monde des adultes, les novices sont soumis aux piqûres de fourmis et de guêpes. Ces insectes vivants sont insérés entre les mailles de vannerie ornées de plumes, de différentes formes : le kunana, carré, est destiné aux filles ; les nattes aux formes zoomorphes ou anthropomorphes sont réservées aux garçons. Elles évoquent des êtres réels, à l’image de poissons, ou bien des êtres imaginaires.natte-a-fourmi-anthropomorphe.jpg

Le postulant doit résister stoïquement au supplice. La piqûre des « fourmis flamandes » utilisées est extrêmement violente. Cette douloureuse épreuve est réputée indispensable pour devenir courageux, actif et adroit à la chasse ; elle peut se répéter plusieurs fois à l’âge adulte comme une sorte de confirmation et un acte de bravoure.Natte-a-fourmi-detail.jpg

Natte à fourmis, Kunano © musée du quai Branly

 


Tahiti

La dynastie des Pomaré est influente à Tahiti dès la fin du XVIIIe siècle. Le règne de la reine Pomaré prend place à une période particulière des relations entre la France et Tahiti. Née en 1813 et fille de Pomaré II, Aimata accède au rang de reine sous le nom de Pomaré IV en 1827. Son pouvoir est alors étroitement contrôlé par les chefs traditionnels.

La rivalité religieuse entre la France et le Royaume-Uni a des conséquences importantes sur son règne. Sous l’influence du missionnaire britannique Pritchard, Pomaré IV résiste à l’administration française. L’amiral Abel Dupetit-Thouars arrive à Papeete en 1842, événement dessiné puis lithographié et imprimé en couleurs par le chirurgien mais aussi excellent dessinateur Louis Le Breton. En 1843, Tahiti est annexée. Les débuts du protectorat français sur Tahiti (traité ratifié en 1843) voient l’exil de la reine aux Iles sous le Vent entre 1844 et 1847, durant la guerre d’indépendance de Tahiti. En 1847, une négociation aboutit à la signature d’une convention avec Pomaré IV. Cette convention lui permet de revenir à Papeete le 9 février 1847 et de reprendre sa place sur le trône en acceptant le protectorat. Un an plus tard, en 1848, une femme aventurière, Adèle de Dombasle, partie pour un voyage dans le Pacifique avec son ami et journaliste républicain et anticolonialiste, Edmond Ginoux de la Coche, est reçue par la Reine et dessine son portrait. Entre 1868 et 1871 se déroule la campagne de la frégate l’Astrée. Le contre-amiral Cloué s’adjoint comme second Paul-Emile Miot, dont les qualités de photographe étaient déjà reconnues dans la Marine. En septembre 1869, l’Astrée atteint Tahiti. C’est soit lors de ce premier séjour, soit au cours de son deuxième voyage, entre juin et septembre 1870, que Paul-Emile Miot réalise plusieurs portraits de la reine Pomaré IV et de son proche entourage. Les studios photographiques professionnels (dont l’atelier Hoare) sont alors tout juste en cours d’installation, et les premières images photographiques réalisées sont le fait de photographes de passage, de voyageurs ou d’amateurs résidant dans l’île.Reine-Pomare.jpg

La Reine Pomaré - Paul-Emile Miot, Tahiti, Polynésie Française © musée du quai Branly

 


La Nouvelle-Calédonie

Bambou-NC-Branly.jpgArrivés vers 1100 av. J.-C., les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie, originaires d’Asie du Sud-Est, ont façonné progressivement l’identité culturelle kanak. Cette dernière est basée sur la pratique de l’horticulture, sur des réseaux d’échanges reliant les îles entre elles, un système hiérarchique organisé en chefferie, et une occupation spécifique des territoires entre vallées et littoral. Au-delà de ces traitscommuns, la diversité linguistique et les styles artistiques régionaux montrent le développement de spécificités locales au cours de l’histoire.

En 1774, l’explorateur britannique James Cook découvre le nord de la Grande Terre qu’il nomme « Nouvelle-Calédonie ». Les premières collectes des navigateurs européens se caractérisent par l’acquisition d’armes, d’objets de prestige et de sculptures. En France, les collectes de J.A.R. Bruni d’Entrecasteaux, à la fin du XVIIIe, siècle seraient les plus anciennes. Au cours du XXe siècle, de nombreuses études sont menées sur le territoire.

La collection d’oeuvres kanak du musée du quai Branly regroupe aujourd’hui environ 3 000 objets, oeuvres historiques ou créations contemporaines. D’impressionnantes pièces d’architecture aux précieuses monnaies de coquillage ou de jadéite, les collections reflètent l’histoire du pays, déclaré propriété de l’Etat français en 1855, et cheminant depuis la fin du XXe siècle vers son autodétermination.

La collection de bambous gravés est la plus importante au monde conservée dans un musée.

Les bambous gravés

Collectés principalement sur la Grande Terre entre 1850 et 1920, les bambous gravés relèveraient néanmoins d’une tradition kanak plus ancienne. Les hommes utilisaient ces bambous comme contenants à herbes magiques afin de se protéger lors des déplacements à travers les forêts où résident les « êtres de l’au-delà déifiés ». La disparition progressive de leur fabrication après 1920 est peut-être due aux transformations de la société imposée par les missions religieuses.

Traditionnellement, les motifs sont gravés à l’aide d’éclats de quartz ou de pinces de crustacés, puis les pointes en métal dominent rapidement l’outillage. Une fois le bambou vert incisé, la surface est enduite de graisse faite de noix de bancoulier calcinée qui rehausse les motifs de noir. Force est de constater la maîtrise technique du graveur, capable de composer des scènes tournoyantes. La lecture d’un bambou gravé se fait de manière globale, chaque motif étant lié à ceux qui l’entourent, cet ensemble formant alors un récit propre à la personne qui conserve le bambou, à sa famille ou à son groupe d’origine.

Les motifs se répartissent entre des scènes de la vie villageoise – plantation des jardins, danses, construction des grandes cases de chefs, pêche etc. - et une observation fine des transformations liées à la colonisation – uniformes et armes des militaires, architecture européenne, bateaux, chevaux etc.

 


La Réunion

pano-Reunion-Branly.jpgDe 1717 à 1817, près de 80 000 esclaves en provenance des côtes de l’Afrique orientale et de Madagascar sont introduits dans l’île de la Réunion. La Révolution française abolit l’esclavage en 1794 mais les colons de La Réunion refusent d’entériner cette décision. Le rétablissement de l’esclavage en 1802, destiné à relancer l’économie des colonies, est accueilli avec soulagement. En 1834, l’Angleterre met fin à l’esclavage dans ses colonies. Les esclaves des îles voisines – Maurice et les Seychelles – sont alors libres, contrairement aux 62 000 esclaves de la Réunion. Sous la pression de l’Angleterre, le gouvernement français prohibe en 1817 la traite dans les colonies françaises, mais la condition d’esclave, personne physique sans état civil, sans personnalité juridique et sans droits propres, perdure. Les idées républicaines ainsi que le développement des mouvements abolitionnistes, notamment à travers les écrits de Victor Schoelcher mènent cependant à un refus de l’esclavage dans les colonies :

" Nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves ! ". Le décret d’abolition de Victor Schoelcher, futur député des Antilles, sous-secrétaire d’Etat, est adopté le 27 avril 1848 par l’Assemblée constituante.

Le Commissaire général de la République, Joseph Napoléon Sébastien Sarda Garriga, dit Sarda-Garriga, débarque le 13 octobre 1848 à l’île Bourbon, renommée île de la Réunion, et proclame l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848. Le tableau d’Alphonse Garreau est une représentation allégorique de l’abolition de l’esclavage. Sarda-Garriga, représenté ici comme un héros, brandit le texte de la déclaration. Il porte les insignes de la République : l’écharpe tricolore et la cocarde rouge. Il est entouré d‘hommes, de femmes et d’enfants noirs. Au premier plan, une femme regarde le texte. La main gauche de Sarda-Garriga pointe vers les différents outils posés devant un moulin à sucre et abandonnés par les esclaves. Derrière lui, de la fumée s’échappe de la cheminée d’une sucrerie.Nouvelle-Caledonie-tampon.jpg

 

Matrice à impression: « Am I not a Man and a Brother? » La Réunion, 1850 © musée du quai Branly

La matrice à impression montre un homme esclave agenouillé. Ce motif de l'esclave enchainé et suppliant a traversé toute l'histoire de l'abolitionnisme. Apparu dans les années 1780 en Angleterre, il a été repris et traduit en français par la Société des Amis des Noirs ("Ne suis-je pas ton frère ?") à partir de 1788. Ce slogan a été reproduit sur des supports variés : gravures, écharpes, éventails, faïence de Wedgwood, médaillons, serviettes, mouchoirs... Cette image fortement symbolique a continué d'être utilisée au XXe siècle, notamment dans la lutte contre l'Apartheid en Afrique du Sud. Cette matrice, objet-symbole portant des traces d’usure et de patine, a permis d’imprimer au XIXe siècle des milliers d’images répandant le message des abolitionnistes à travers le monde anglophone. Le musée du quai Branly possède un des fonds les plus importants en France concernant l’histoire de l’esclavage : cette matrice est une de ses dernières acquisitions.

 


Mayotte – La Grande Comore

L’archipel des Comores forme un ensemble d'îles situées au sud-est de l'Afrique, à l'est de la Tanzanie et au nord-ouest de Madagascar. Elles sont réparties entre un pays indépendant, l'Union des Comores, et Mayotte, une collectivité d'outre-mer française. Ancienne colonie française, les Comores ont obtenu leur indépendance en 1975, à la suite d’un référendum. La société comorienne se caractérise par sa mixité à forte composante d’origine africaine et une organisation clanique de type musulman.

A l’époque de la collecte des objets ici présentés (1887/1899), la Grande Comore est depuis 1886 un protectorat français dont les Résidents sont soumis au Gouverneur de Mayotte. En 1912, l’archipel est rattaché à la colonie de Madagascar. Moroni est alors la plus grande ville de la Grande Comore. Ceint de remparts érigés au XVIIIe siècle pour le protéger contre les raids malgaches, ce Sultanat domine une fédération de sultanats subalternes que la France va abolir pour les remplacer par 12 provinces administrées par des Cadi.

Les trois objets ici présentés ont été donnés en 1966 au musée de l’Homme par la fille du Charles-Henri Pobéguin (1856/1951), collaborateur de Pierre Savorgnan de Brazza et de Louis-Gustave Binger, premier administrateur civil (1892), puis Gouverneur (1893), de la future Côte d’Ivoire.

La collection du musée du quai Branly recèle également une collection de 400 objets provenant du musée de l’Homme, reçue à la suite du décès de M. Pobéguin en 1951, relevant d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Ces objets avaient été rassemblés à l’occasion de ses différents contacts avec l’Afrique à partir de 1876. Les trois objets exposés illustrent plus particulièrement la carrière de Charles-Henri Pobéguin comme Résident de France de la Grande Comore entre 1897 et 1899. Posté à Moroni, il prend de très nombreux clichés, collecte des notes sur l’histoire, les sciences naturelles, la langue, l’ethnographie etc. 

 


Terres australes et antarctiques françaises (Terre Adélie)

1re-et-quai-Branly-024.jpgL’Antarctique est un continent émergé d’une superficie équivalent au territoire de l’Europe, recouvert à 98% d’une calotte glacière qui atteint jusqu’à 4000 mètres d’épaisseur. D’une rigueur climatique extrême, cerné par la banquise, l’Antarctique exclut le développement de toute vie humaine. Les premières côtes Antarctiques sont découvertes en 1820 par une expédition maritime internationale russo-anglo-américaine. Cette expédition est commandée par le capitaine Bellinghausen qui reconnaît l’actuelle Terre de Palmer, située à 1000 km au sud du Cap Horn. 20 ans plus tard, Jules Dumont d’Urville atteint la Terre Adélie située au sud de la Tasmanie dont il prit possession au nom du roi Louis Philippe. Tout au long du XIXe siècle, l’Antarctique est exploré et cartographié par des navigateurs du monde entier. Des explorateurs aussi célèbres que Wedell, Clark, Ross ou Amundsen donnent leurs noms aux golfes, mers et côtes qu’ils ont découverts. Depuis 1997, la station Concordia, la base scientifique franco-italienne située en Terre Adélie, se consacre à la recherche géophysique, climatologique, glaciologique et astronomique en Antarctique.

Les voyages de Jules Dumont d’Urville

La seconde circumnavigation de Jules Dumont d’Urville menée de 1838 à 1840 reçoit, entre autres instructions de Louis-Philippe, d’explorer les « parages voisins du pôle austral » pour étendre les « recherches vers le pôle, autant que pourraient le permettre les glaces ». Parties de Toulon le 7 septembre 1837, les corvettes l’Astrolabe et la Zélée atteignent le détroit de Magellan en janvier 1838. Elles gagnent le cercle polaire antarctique et explorent les îles Orcades puis l’extrémité nord de la Terre de Palmer, rebaptisée Terre Louis-Philippe par Dumont d’Urville sans avoir pu toucher terre.

C’est au terme de son périple en Océanie que Dumont d’Urville entreprend, à partir du 1er janvier 1840, une nouvelle exploration de la côte antarctique depuis le port de Hobart Town en Tasmanie. Le 21 janvier 1840, il atteint une terre environnée de glaces escarpées, peuplée de seuls pingouins qu’il annexe au nom du roi et baptise Terre Adélie en hommage au prénom de sa femme Adèle. La Terre Adélie est le seul territoire antarctique resté français depuis sa prise de possession par l’amiral Dumont d’Urville. Les trois lithographies exposées ici représentent la découverte et la prise de possession de la Terre Adélie. Elles sont tirées de l’atlas pittoresque du Voyage au pôle Sud et en Océanie de Jules Dumont d’Urville (1837-1840).

Sources : Musée du Quai Branly

Partager cet article

Repost0

commentaires

Articles Récents