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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 17:46
Environnement : les risques pour l'outre-mer
Le changement climatique et la perte de biodiversité auront des conséquences sociales, économiques et sanitaires en Guadeloupe. C’est ce qui ressort d’un rapport dévoilé à La Réunion lors d’un événement organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne.
L’Union mondiale pour la nature (UICN) et l’Observatoire français pour les effets du changement climatique (ONERC) ont présenté lundi, à La Réunion, un rapport intitulé « Changement climatique et biodiversité dans l’outre-mer européen ». Le cas de chaque collectivité d’outre-mer et de leur région a été étudié. Les conclusions font craindre des conséquences sociales, économiques et sanitaires importantes.
Pour Jérôme Petit, l’un des rédacteurs du rapport, « par ses caractéristiques et sa fragilité l’outre-mer est une sentinelle qui sonne l’alarme, mais elle pourrait aussi servir de véritable laboratoire pour les stratégies à mettre en place ».
La température moyenne pourrait augmenter dans la région Caraïbe de 2° C d’ici 2099, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Les précipitations pourraient quant à elles diminuer de 12 % d’ici la fin du siècle. Les événements climatiques deviendraient extrêmes (plus de sécheresses et augmentation du nombre de cyclones et de leur intensité).
Menace pour le tourisme
En Guadeloupe, comme en Martinique, les mangroves, les plages et les récifs coralliens sont particulièrement menacés. L’augmentation de la violence et du nombre des cyclones dus au réchauffement climatique ne sera pas sans conséquences sur les activités touristiques. Sans compter que « les cyclones et leurs impacts sur les infrastructures d’accueil pourraient menacer l’activité touristique », estiment les rapporteurs.
Le tourisme a besoin d’un environnement sein. Pour preuve, une enquête réalisée dans les Caraïbes, sur l’île de Bonnaire, a démontré que 80 % des touristes ne renouvelleraient pas leur séjour pour le même prix si les coraux étaient sérieusement affectés par le blanchissement*.
En 2005, la température des eaux des Caraïbes avait dépassé 29 °C durant 6 mois. 50 % en moyenne des récifs coralliens ont alors blanchi. Un an plus tard 40 % d’entre eux étaient morts. Les années comme celles de 2005 risquent de devenir « potentiellement de plus en plus fréquentes ».
Baisse des productions agricoles
Les événements climatiques pourraient devenir extrêmes (plus de sécheresses et augmentation du nombre de cyclones et de leur intensité). En ravageant les bananeraies, Dean en a été la manifestation. Mais le réchauffement aura des conséquences aussi sur la production des tubercules comme le manioc ou les patates douces. « Le changement climatique risquerait également d’affecter négativement les rendements de ces cultures », souligne le rapport qui ajoute que « l’impact du changement climatique sur l’agriculture pourrait affecter profondément l’économie ».
Menace pour la santé
« Le changement climatique pourrait aussi présenter un risque pour la santé publique ». En cause : l’augmentation de la température de l’eau des étangs et des rivières qui accroîtrait la présence de la bilharziose. La dengue serait, elle-aussi plus présente. De plus, « l’arrivée de nouvelles maladies » n’est pas exclue.
David Martin, à La Réunion

En Guyane
L’Amazonie transformée en savane
Les conditions climatiques risquent de devenir extrême. Les températures moyennes annuelles en Guyane pourraient augmenter de 3,3 °C, avec une élévation plus marquée en juin-juillet-août. Les précipitations pourraient, elles, augmenter fortement de décembre à février tout en diminuant de façon importante de juin à août.
Aussi incroyable que cela puisse paraître l’Amazonie est menacée d’assèchement. Selon des chercheurs brésiliens, elle pourrait devenir savane d’ici 2100. L’étude se base sur un événement survenu en 2005. « Les températures de surface de l’océan Atlantique tropical nord ont été particulièrement élevées, ce qui a causé une dépression au-dessus de cette zone », souligne le rapport. Les précipitations ont été réduites, les rivières se sont asséchées et la forêt a brûlé. L’UICN et l’ORNEC craignent donc qu’ « une augmentation durable des températures de l’océan Atlantique, comme celle observée en 2005, affecte profondément la forêt amazonienne ».
Les rapporteurs jugent qu’ « une hausse des températures de 5 à 8 degrés accompagné d’une baisse des précipitations de 15 % pendant la saison sèche, pourrait transformer le paysage de l’Amazonie en une véritable savane ».
La biodiversité en danger
Le bassin amazonien contient 50 % de la biodiversité mondiale. Les conséquences du réchauffement pour la biodiversité seraient donc « considérables », 43 % des espèces étudiées deviendraient non-viables en 2095. Sans compter que l’Amazonie est l’un des poumons de la planète.
Production agricole en baisse
Une réduction des précipitations pourrait diminuer les rendements de production et favoriser l’infestation de pestes. Conséquence : les surfaces agricoles devraient être étendues, contribuant ainsi à la déforestation.
Augmentation des risques sanitaires
Durant la période humide, l’accroissement des précipitations pourrait provoquer des inondations et engendrer des épidémies comme la malaria ou la dengue ou des maladies infectieuses comme le choléra ou la méningite.

Borloo : « Une conférence historique »
La Réunion accueille du 7 au 11 juillet une conférence sur le changement climatique et la biodiversité dans l’outre-mer européen (28 territoires ou régions de six pays). Quelque 400 experts internationaux planchent sur ces questions. Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a ouvert ces cinq jours au programme très dense. Cette réunion est la première de la présidence française de l’Union européenne. « Avec le président de la République et le Premier ministre, nous étions absolument déterminés à ce que cet événement ait lieu sous la présidence française européenne », a-t-il déclaré. Il a jugé la conférence « historique » pour définir la stratégie européenne de lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité.
« Si dans sept ans, l'ensemble des régions du monde n'a pas globalement pris des mesures, nous risquons d'entrer dans l'irréversible », a indiqué le ministre. Pour lui après « le financement du capital et du travail », il va falloir « rémunérer le capital des fruits de la nature, le seul en raréfaction ».
Avant lui, le président du Conseil régional, Paul Vergès avait rappelé les efforts de La Réunion pour « l’autonomie énergétique de l’île avant 2025 ». Il a noté avec regret qu’ « arrêter l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010 semble hors de portée ».
Le secrétaire d'État à l'Outre-mer, Yves Jégo, clôturera les travaux vendredi. 30 000 euros seront pris sur le budget de la conférence afin de compenser les émissions de CO2 de l’événement. Ils financeront des projets de reforestation dans l’océan Indien (notamment à Madagascar).


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