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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 19:08
Interview. Valérie Pécresse, ministre de la Récherche et de l’Enseignement supérieur.
"La Guyane est un site que les Russes nous envient"
Quels sont les prochains grands rendez-vous du spatial européen dans les années à venir ?
Tout d’abord, il y a cette première réunion de l'histoire de l'Europe qui réunit de manière informelle les ministres chargés de l’espace à Kourou. C’est l'occasion d'une appropriation par les ministres européens des sujets "espace" dans ce lieu symbolique qu’est le port spatial européen et de créer un esprit d’équipe européen autour du spatial. C'est aussi la seule réunion de ministres de la Présidence française de l’Union  européenne qui ait lieu en Outre-mer. Cette réunion va nous permettre de préparer les  décisions qui seront prises lors du Conseil Espace du 26 septembre 2008. L’étape suivante consistera à les transformer en programmes à l’occasion de la réunion ministérielle de l’Agence européenne spatiale, en novembre prochain.
Peut-on considérer la desserte de la Station spatiale internationale comme acquise ?
Oui, car si la navette américaine achèvera ses missions en 2010, et ne sera pas remplacée tout de suite, nous disposons de nouveaux véhicules pour acheminer des équipages ou du fret et assurer la pérennité de la desserte de la Station (ISS). Je pense aux véhicules de transfert automatique européen (ATV), russes Soyouz et Progress, sans oublier la mise en service l’année prochaine du véhicule  japonais H-2. Enfin, les chefs des agences spatiales canadienne, européenne, japonaise, russe et américaine, ont convenu, le 17 juillet dernier, de faire évoluer leur partenariat afin d’assurer la pérennité de l’ISS et de préparer les futurs projets d’exploration.
La rencontre à Kourou est une réunion informelle, mais y aurait-il des décisions prises en Guyane lors de ce voyage ? Sinon, quelles pourront être les grandes décisions prises à Bruxelles en septembre lors du Conseil Espace ?
Nous allons mettre à profit ces deux jours de travail, de réflexion pour discuter entre nous, et faire avancer les choses. L’objectif premier de cette réunion est politique.  Il vise à consolider l’Union européenne comme acteur spatial à part entière, avec les deux programmes déjà engagés (Galileo et GMES) et de nouvelles initiatives dans les domaines du changement climatique, de la sécurité, de l'exploration du système solaire, ou mais aussi le potentiel économique que représente la création de nouveaux services pour les citoyens à partir de l'espace. C’est d’ailleurs la devise de notre politique spatiale européenne : « l’espace au service de Terre, l’espace au bénéfice de nos citoyens »
Il nous faut également définir notre vision commune du spatial européen. Nous devons dépasser la phase de coopération technologique et scientifique, et aboutir à une phase politique. En effet, il y a des défis qui, avant toute réponse d’ordre technique, sont d’abord politiques et stratégiques : comme la défense et la sécurité, susceptibles d’être améliorés par le spatial, comme les principes d'autonomie avec le système européen de radionavigation par satellite ou la météo de l'espace, ou encore le défi des vols habités qui représente des enjeux financiers très importants et pour lesquels des collaborations internationales doivent être mises en œuvre.
Je compte aussi proposer la création d'un centre européen de recherche sur le climat pour mieux utiliser les données recueillies par les satellites météorologiques. Ce centre pourrait accueillir les chercheurs européens sur le changement climatique. L'objectif étant de faire de l'Europe le leader mondial de la recherche sur le changement climatique. J’envisage également de lancer un programme européen autonome de "météo de l'espace" afin de s'assurer que nos satellites ne sont pas mis en danger par les débris de plus en plus nombreux autour de la Terre.
Ce déplacement avec tous ces ministres est-il  une manière de remercier la Guyane du rôle joué dans le spatial ?
La Guyane a un site et un potentiel très enviés, et son rôle dans le spatial est essentiel. Un site que les Russes nous envient au point de venir s’installer à Kourou pour leur lanceur Soyouz ! De plus, la Guyane s’est pleinement investie dans le domaine spatial, elle a joué le jeu à fond, et quelque part, il est juste qu’elle soit récompensée de ses efforts, des travaux qu’elle a entrepris.
Quel est votre regard sur l'arrivée en Guyane de Soyouz et Vega dans les prochaines années ?
Ces deux arrivées viennent consacrer la dimension européenne au sens large voire mondiale, du port spatial guyanais. Elles symbolisent cette exigence de solidarité de l’humanité dans l’exploration et la conquête du système solaire. La Guyane se trouve ainsi au cœur du dispositif de l’aventure spatiale mondiale. Elle a fait ses preuves en matière d’innovation, et démontre aujourd’hui qu’elle a les moyens d’accueillir les dernières technologies développées dans le spatial.
Comment le gouvernement pense mieux intégrer le spatial dans les habitudes des Guyanais ?
L’activité spatiale est une activité essentielle pour la croissance et l’économie de la Guyane. Et les Guyanais ne s’y sont pas trompés en s’y investissant pleinement. Pour autant, la Guyane doit voir au delà du spatial, qui n’est pas son unique richesse. Je pense notamment à ses ressources naturelles, et plus particulièrement à son exceptionnelle biodiversité.  Il y a une urgence dans ce domaine au niveau mondial, puisque nous sommes confrontés à la 6ème extinction des espèces végétales et animales, la première qu’ait connue l’Humanité, et nous devons placer les connaissances et la préservation de la biodiversité au rang de préoccupations majeures de nos scientifiques. Je suis convaincue que la Guyane pourra contribuer utilement aux travaux qui seront menés par la plate-forme sur la biodiversité dont j’ai annoncé la mise en place lors du G8 Recherche.
Enfin, que vous inspire cette métaphore qui dit que si la Guyane a le nez dans les étoiles, elle a les pieds dans le marigot ?
Cela signifie, à mon sens, qu’elle a su voir au loin, et concrétiser ce qui n’était qu’un rêve à l’origine, la conquête de l’espace, s’affranchir des contraintes de la réalité et d’une nature parfois hostile, en faisant avancer les choses de façon pragmatique, avec la réussite et le succès qu’on lui connait.

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commentaires

Yannick Comenge 06/08/2008 18:16

Je ne vois pas l'interet de dépenser un fric fou pour faire déplacer une vingtaine de ministres pour voir un site tel que Courou. Ce genre de plan de communication est ruineux. Un vrai ministre de la recherche aurait cherché plutot à mieux agir en finançant des jeunes chercheurs. Aujourd'hui malgré le contentement honteux de la ministre, des jeunes chercheurs s'exilent malgré leur résultat brillant. Alors que la ministre nous corne qu'on va insuffler des milliards à la recherche et aux universités, ce qu'un jeune chercheur voit c'est des coupes sombres cahotiques. Au point que des techniques innovantes sont mort-nées... Pecresse detruit un tissu intellectuel, social et scienfitiques qu'il faudra trente ans pour reconstituer. Sa politique est une hérésie et elle ressemble au fiasco de sa présence aux élections de Séguin à la mairie de Paris. On oublie souvent que Pécresse fut l'organisatrice de cette Bérézina... elle fait un remake avec la recherche en France.

Yannick Comenge 06/08/2008 18:15

Je ne vois pas l'interet de dépenser un fric fou pour faire déplacer une vingtaine de ministres pour voir un site tel que Courou. Ce genre de plan de communication est ruineux. Un vrai ministre de la recherche aurait cherché plutot à mieux agir en finançant des jeunes chercheurs. Aujourd'hui malgré le contentement honteux de la ministre, des jeunes chercheurs s'exilent malgré leur résultat brillant. Alors que la ministre nous corne qu'on va insuffler des milliards à la recherche et aux universités, ce qu'un jeune chercheur voit c'est des coupes sombres cahotiques. Au point que des techniques innovantes sont mort-nées... Pecresse detruit un tissu intellectuel, social et scienfitiques qu'il faudra trente ans pour reconstituer. Sa politique est une hérésie et elle ressemble au fiasco de sa présence aux élections de Séguin à la mairie de Paris. On oublie souvent que Pécresse fut l'organisatrice de cette Bérézina... elle fait un remake avec la recherche en France.Yannick Comenge, Jeune chercheur.

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