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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 20:56
Les îles du Sud en lobbying
Philippe Bavarday, président du Collectif des îles du Sud est revenu à Paris pour plaider la cause des Saintes, Marie-Galante et Désirade dans la loi de développement économique pour l’outre-mer (LODEOM)Jean Girard, Philippe Bavarday, Daniel Marsin, Christophe Droz-Bartholet. (Photo : Alban Fatkin)
Une délégation de 26 personnes dont le sénateur Marsin, les attachés parlementaires de Mme Michaux-Chevry et M. Gillot, les maires Patrice Tyrolien, Marlène Miraculeux, ou l’adjoint de Saint-Louis, M. Gustarimac, le conseiller général Jean Girard, deux experts, MM. Manijean et Gelbras, et des socioprofessionnels, commerçants ou entrepreneurs de La Désirade, des Sainte ou de Marie-Galante. Pour les recevoir au ministère de l’Outre-mer, le conseiller de Michèle Alliot-Marie, Marc-Etienne Pinault, et Mme Iacono-Drovsky, collaboratrice d’Yves Jégo. La réunion s’est tenue, hier après-midi et a duré trois heures contre deux programmées… Difficile de vouloir réaménager la loi de développement économique pour l’outre-mer alors qu’elle a déjà été présentée au conseil des ministres et qu’il n’y aura plus que les amendements pour tenter de faire entendre les besoins des îles du Sud… « On a été au bord de la rupture, a indiqué le maire de Grand-Bourg, mais on a été compris. » « Il y a des choses peu importantes, mais d’autres plus embêtantes », indique une source ministérielle qui semble regretter que les socioprofessionnels des îles du Sud ne regardent que leurs îles, et ne voient la Guadeloupe continentale comme leur premier concurrent...
30 millions pour lutter contre la dépopulation
Les témoignages des socioprofessionnels, notamment celui de Patrick Darin (à droite sur la photo), entrepreneur de 25 ans en transports, bâtiments et travaux publics ont permis de retourner l’atmosphère. « Il a su exprimer la douleur de l’entrepreneur », selon le sénateur Marsin. Et c’est vrai que côté ministériel, on reconnaît avoir pris la mesure  des choses, tout au moins celle de l’exode et de la dépopulation des îles.
« Nous ne sommes pas venus demander un petit plus, mais une réponse au phénomène de l’exode. » Daniel Marsin a confirmé que le projet de loi ne sera examiné que lors de la session d’hiver et qu’il y avait donc du temps pour préparer en amont des amendements qui ne seront pas récusés sous prétexte de l’article 40 (Toute dépense supplémentaire doit faire référence à son financement). Sur les neuf mesures préconisées par le Collectif des îles du sud, deux ou trois ont eu l’oreille des conseillers. La première consisterait à ouvrir à tous les secteurs économiques les zones franches globales d’activité dans les îles du sud ; la deuxième vise à introduire 40 % d’abattement fiscal comme en Guyane ; le dernier viserait à créer une dotation globale de fonctionnement de double insularité., Le débat parlementaire va faire évoluer le texte de loi et il faudra évaluer le coût de ces propositions. Selon M. Bavarday, le manque à gagner fiscal de l’Etat serait de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros.

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Bavarday Philippe 14/11/2008 21:47

MEMOIRE EN REPLIQUE
 
 
                                                                                                         
  
A L’INDIFFERENCE DES POUVOIRS PUBLICS
ENVERS LES ILES DU SUD DE LA GUADELOUPE
 
 
 
 
–     TERRE DE BAS
–     LA DESIRADE,
–     TERRE DE HAUT
–     ET MARIE-GALANTE,
 
 
EN DEPIT DE LA MOBILISATION DE LEUR POPULATION
A BENEFICIER DE LA SOLIDARITE NATIONALE.
 
 
 Introduction :
 
Il n’est pas nécessaire de décrire la situation catastrophique des Iles du Sud, celle-ci est bien connue des services de l’Etat et des responsables politiques locaux qui, à l’occasion de visites de ministres de passage ou de cadres de la préfectoral, viennent prendre le pouls d’un grand malade.
Les tous derniers contacts parisiens (Ministère de l’intérieur, l’Elysée, Ministère de l’Outre Mer) ont montré une grande incompréhension concernant les mesures d’urgence qui s’imposent :
Aux responsables du Collectif, il est dit «  donnez nous des projets de développements, on vous donnera des outils fiscaux ou autre mesure d’exonération de charges et d’impôts ». L’exercice est évidemment difficile car les Iles du Sud ont un potentiel très limité de compétence en terme d’aménagement du territoire. Ce discours est d’autant plus surprenant que la prochaine loi de développement de l’Outre Mer – ou loi JEGO – est un catalogue de dispositions et d’instruments financiers sans contenu particulier.
On demande ainsi aux Iles du Sud de résoudre une équation difficile. En fait, la bonne démarche consiste à faire la synthèse entre la nécessité de disposer d’outils (thèse) adaptés à ces territoires sinistrés et de bâtir une économie sur la base de projets pertinents (antithèse).
 
 
 
 
 
1-      UN CONSTAT LUCIDE
 
Lors de ses différents travaux et études, le Collectif des Iles du Sud, constatant un inexorable déclin de ses Iles avait pris de nombreuses inititiatives qui convergeaient toutes vers l’impérieuse nécessité de  mobiliser des autorités politiques et administratives afin de faire de l’attractivité économique un axe important du développement économique et sociale insulaire.
Cette orientation et ces choix volontaristes devant permettre :
-          de mettre un terme au sous développement économique et à la disparition continue de nombreux commerces et TPE, créant une paupérisation du tissu social aussi injuste qu’inacceptable,
-          de stopper l’exode des populations, celle-ci étant passé en 20 ans de 30 000 à 20 000 personnes,
-          de faciliter le fonctionnement des entreprises par un réduction des charges et impôts de toute nature,
la meilleure réponse à la dégradation des économies locales étant un retour à la confiance des populations grâce leur mobilisation et à l’aide et à l’intervention de la puissance publique. L’échec se conjure par l’initiative et la réalisation de projets. La transition entre régression et reconstruction est à concevoir, tel est le sens et la démarche du Collectif des Iles.
L’ouverture économique d’un territoire que sous-tend une telle politique d’attractivité est aussi une condition d’expansion du tissu entrepreneurial et source de création d’activités nouvelles et d’emplois.
Cette politique de sauvetage et de marketing économique est liée à la création d’un outil régional dédié et d’un soutien national qui n’existe pas. Mais le débat tant institutionnel qu’opérationnel qui ne s’est pas encore engagé afin de définir les conditions, voies et moyens d’engagement des collectivités régionales et de l’Etat en faveur d’une politique active en matière de redécollage économique. A cet égard, on ne peut considérer le futur projet de développement économique de l’Outre Mer comme étant une réponse satisfaisante aux défis actuels.
En effet, le développement économique d’un territoire passe aussi par sa capacité à générer, accueillir et faire fructifier des activités productives, quelle que soit l’origine des investisseurs et des entrepreneurs. Lorsqu’il s’agit de capter des investissements exogènes, le territoire est confronté aux nouvelles règles d’une économie mondialisée et doit se démarquer de ses concurrents par la valorisation de ses avantages compétitifs dans les secteurs y compris, et surtout, en matière de fiscalité et de charges sociales.
Aujourd'hui, tous les pays, sans exception, font de l’attraction des implantations des firmes extérieurs voire étrangères une priorité de leur politique de développement quelque soit  le secteur économique. Ces implantations apportent à la fois de la création d’emplois accompagnée de programmes de formation, des capitaux financiers stables, de la technologie, un accès au marché régional  favorisant les exportations, une augmentation de la valeur ajoutée, une stimulation de la concurrence poussant les entreprises locales à se moderniser et à abandonner leur situation de rente.
 
 
Toute politique d’attractivité doit néanmoins être bipolaire et doit s’exercer dans des directions apparemment opposées: d'une part attirer des firmes et des capitaux étrangers et, d'autre part, retenir et soutenir les firmes locales qui, in fine, en tirent aussi bénéfice.
 
Un territoire est attractif s’il est compétitif sur une combinaison de critères identifiés qui déterminent le choix de sa localisation par une entreprise. Les préférences territoriales des entreprises sont fonction de leur stratégie. Logiquement, les investisseurs recherchent des avantages spécifiques que peuvent leur apporter les territoires sur lesquels ils vont et/ou seront implantés. Il s'agit donc, pour les collectivités territoriales, de démontrer à l’entreprise recherchant une implantation que la meilleure localisation pour son projet se trouve sur leur territoire, réflexion, étude comparative des sites concurrents à l’appui.
Localement, le bilan des rares initiatives de prospection externe réalisées ces dernières années, sans véritable stratégie à long terme ni volonté politique forte, montre qu'elles ont pêché par leur manque d’efficacité. En effet, les Iles sont une des rares régions françaises, jusqu’à ce jour, à n’avoir fait l’objet d’aucun investissement étranger significatif ; ce qui ne donne déjà pas une bonne image de la capacité d’accueil de ces territoires ! Le référencement est une démarche qui participe à la reconnaissance et à l’attraction.
(remarque : Les Iles du Nord  - St Barth et St Martin - qui, il y a 30 ans , n’étaient que des terres ingrates et peu habitées, ont su mettre en œuvre une politique volontariste faisant de ces zones des joyaux touristiques reconnus dans le monde entier, fréquentés par une nombreuse clientèle étrangère exigeante et fascinée par le « french touch »…Les hôtels et marinas se comptent par centaine grâce à des investissement étrangers attiré par un littoral exceptionnel et un ensoleillement privilégié. )
 
Nos Iles du Sud peuvent se hisser à ce niveau de développement à conditions que leur riche potentiel soit enfin reconnu et leurs handicaps compensés. Il faut mettre un terme à l’attitude condescendante voire dédaigneuse dont font preuve les instances de tous bords qui se penchent avec parcimonie sur l’état d’un territoire qu’ils ont pourtant la charge de développer !
 
2- Vers une stratégie d’attractivité
L’implantation et la création d’activités nouvelles font partie des objectifs stratégiques de l’ensemble des responsables locaux. Quelques sollicitations diverses d’investisseurs français à la recherche d’une nouvelle localisation, ont suscité l’engagement d’une réflexion entre les institutionnels ayant vocation à répondre à ces recherches d’implantation. En effet, la mobilité de ces investissements représente un levier de développement économique à ne pas négliger pour un territoire.
Aujourd'hui, à travers ce mémoire qui se veut confiant et opposé à toute résignation, il s'agit de définir des orientations globales d’une démarche d'attractivité afin que les Iles du Sud, puissent s’engager sur cette voix. L'hypothèse qui prévaut dans notre démonstration est que nos handicaps ne pourront que croître si nos économies ne s'ouvrent pas. La meilleure méthode pour mettre un terme au déclin est de transformer ces Iles en Terre de projets.
En effet, nous devront rattraper leur retard car leur taux de croissance annuel est largement inférieur, voire négatif, à celui des autres régions françaises. Cette croissance étant essentiellement portée par le secteur public, Il faut d’ores et déjà rechercher d’autres voies de développement car l'investissement insulaire semble avoir atteint son point le plus bas. De ce fait, il faut aller chercher à l’extérieur des activités qui conviennent à notre perception d'un développement durable et qui ne seraient pas de nature à provoquer une distorsion de notre tissu économique insulaire encore fragile.
 
La réussite d’une telle politique passe par l’élaboration d’une véritable stratégie de promotion du territoire. Celle-ci permettra, à partir de l’analyse des forces et des faiblesses du territoire, de définir les cibles (secteurs d’activité, type d’entreprises, critères de localisation, etc) et les moyens de les atteindre (stratégie « commerciale », outils promotionnels, mode de prospection, procédures d’accueil, procédures de suivi, etc).
Le Conseil Régional et l’Etat doivent unir leurs efforts pour définir une stratégie commune de promotion économique des Iles du Sud. A cette fin, il est impératif que les agences régionales ou étatiques (Comité de Tourisme, ADEG, etc…) décident de définir les contours d’une étude visant à définir cette stratégie et destinée à proposer des outils opérationnels exploitables.
4
Le premier pas consisterait à obtenir de la Région le principe d'une étude destinée à définir la stratégie de développement et de promotion économique de ce territoire insulaire.
 
3- Les objectifs opérationnels de l’étude
L’étude qui serait lancée  à partir d’une initiative commune devait permettre de préciser les secteurs - cibles particulièrement stratégiques à prospecter et de s’enrichir des meilleures pratiques en matière de prospection exogène de territoires présentant des similitudes avec les Iles du Sud, notamment en terme d’enclavement et d’insularité. Un rapprochement avec les Iles du Nord devrait apporter un éclairage enrichissant.
L’étude serait articulée autour de trois phases :
- un diagnostic du positionnement de l’offre territoriale, des investissements externes et des pratiques en matière de prospection,
- la mise en perspective de cette offre territoriale avec les pratiques de territoires « exemplaires » en matière de développement exogène ainsi qu’avec les attentes d’investisseurs potentiels,
- l’élaboration d’un plan stratégique de prospection externe. (Les résultats des phases précédentes permettront de déterminer un positionnement stratégique - segmentation et hiérarchisation des cibles en fonction des gisements d’activité identifiés - et de définir une stratégie de promotion commerciale (entreprises cibles, localisation, décisionnaires, outils promotionnels à développer, procédures d’accueil à mettre en place, argumentaires commerciaux à développer).
A cet égard des appels à projet ou des consultations par des cabinets spécialisé en matière de développement de territoire ruraux ou insulaires devraient être réalisés afin d’apporter des solutions aux faiblesses de nos Iles et de ne pas désespérer nos populations.
En effet, Les principaux constats sur l’état de ces territoires  sont les suivants :
3.1. Pourquoi ne sont ils pas reconnus comme attractifs ?
Certainement associé à un éclatement insulaire (4 Iles) et en déficit d’image économique à l’extérieur du territoire qui décourage les investisseurs potentiels.
Les données d'ordre général exacerbent la faible performance des infrastructures publiques (faiblesses des transports internes et externes, problème lié à l’environnement et aux déchets industriels, problème des décharges etc…)
Il existe de très grandes difficultés pour trouver des logements. Certains services aux particuliers et aux entreprises font défaut, notamment dans des zones comme La Désirade et Terre de Bas. Enfin, l’offre de structures d’accueil « petite enfance » est très insuffisante, tout comme les équipements sportifs publics sont peu nombreux.
 
 
 
D'un strict point de vue économique, la faible taille du marché local est un handicap certain. Le secteur industriel est quasi inexistant et les donneurs d’ordres très rares. De plus, les principaux facteurs liés à la production sont déficients. A titre d'exemple, le facteur humain est doublement problématique.
D'une part il souffre d'une faible capacité à travailler ensemble tout comme reste rare sa qualification, la disponibilité et les problèmes réguliers d'approvisionnement en produits de première nécessité ou de matières premières
Enfin, l'innovation et l’esprit entrepreneurial restent à développer et doivent être forcément reliés à l'insuffisance des formations qualifiantes. Qui plus est, le financement de la continuité territoriale compense très insuffisamment le handicap lié à l’insularité (ruptures de charges dans le transport).
Ces carences sont d’autant plus gênantes qu’elles correspondent à des critères majeurs de mobilité des investissements extérieurs et de choix d’implantation d’une entreprise.
3.2. Toutefois, existence d’atouts objectifs en termes d’attractivité
D'un point de vue général, la position géographique régionale et la proximité de la Guadeloupe (proprement dite) sont des atouts. Pôle caraïbes est à 15 ‘à vol d’oiseau. Paradoxalement, l'aspect humain est un des points forts lorsque l'on évoque la capacité d'attraction de ces îles.
Les visiteurs sont unanimes à vanter la préservation des traditions et du terroir,  toujours évoqués comme une marque à valoriser. Bien évidemment, les facteurs relatifs à la qualité de vie ne manquent pas. D'un cadre naturel exceptionnel, la qualité de vie insulaire est reconnue par les touristes qui cherchent dépaysement et chaleur des habitants.
 
Logiquement, la diversité des environnements naturels mer et campagne (Marie Galante) et des activités associées et surtout sa perception plus que positive par la majorité des populations extérieures sont aussi plébiscités.
 
D'un strict point de vue fiscal et social, les dispositions prévues dans la prochaine loi concernant le développement économique seraient de nature à améliorer l’attractivité des Iles à conditions que sur certains points essentiels, les pouvoirs publics consentent à déroger ou améliorer le dispositif, le principe étant de mettre en évidence des avantages comparatifs et compétitifs. Créer les mêmes outils de part et d’autres des littoraux guadeloupéens annuleraient l’attractivité des Iles du Sud que l’on souhaite développer. Il faut que celles-ci se démarquent pour concourir à l’effet attractivité.
Il conviendrait donc que la future loi concernant le développement économique de l’Outre Mer soit amendée sur les points suivants :
-          réduction DOM pour l’IR passerait de 30% à 40%,
-          la TVA serait supprimée (cas de la Guyane, de St Pierre et Miquelon et de la Polynésie française),
-          mise en place d’une Zone Franche Globale de plein exercice qui s’appliquerait à toutes les activités y compris pour le commerce, les services, le secteur médical,,etc…
-          élargissement de la défiscalisation à de nouveaux secteurs : maisons de retraite, cliniques…
-          maintien de la défiscalisation de l’habitat libre et intermédiaire,
-          suppression de la dégressivité des charges (retour au dispositif Girardin)
De tels ajustements, au coût limité (moins de 20 M€ / an pour l’ensemble des Iles du Sud, à comparer avec le budget du CR - 350 M€ - le PO 2008-2013 de 543 M€)) séduirait les investisseurs à la recherche d’une légitime rentabilité de leurs capitaux investis.
 
 
Après avoir « perdu » le Nord (St Barth et St Martin sont régis par l’art. 74 de la Constitution), l’exécutif régional gagnerait à s’engager dans une logique de développement des Iles du Sud, dont le potentiel touristique vaut largement celui des Iles du Nord qui furent, rappelons le, il y 40 ou 50 ans des territoires laissés à l’abandon. S’ajoutent les financements européens ainsi que la fiscalité régionale sur les entreprises, dont l'aide directe aux entreprises est une variable non négligeable. Les facteurs liés à l’offre de services publics tels que la présence de structures d’accueil, la couverture territoriale du réseau de téléphonie mobile et celle du réseau haut-débit en cours sont satisfaisant et en voie d’amélioration permanente.
 
La Iles du Sud disposent, certes, d’atouts en terme d’attractivité mais ils sont considérés comme secondaires par les entreprises dans leur choix d’implantation.
Les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour engager une politique d’attractivité de l’ampleur de celles menées partout ailleurs. La majeure partie des handicaps relevés fait néanmoins partie des priorités des politiques de développement économique, d’aménagement du territoire et de communication. D’ici là, la mise en oeuvre d’une stratégie expérimentale de promotion et prospection peut être envisagée.
4- Engager une politique de marketing territorial expérimentale
4.1. Définir des cibles
Différentes analyses ont mis en évidence la difficulté actuelle d'attirer dans nos Iles  les investissements extérieurs, ou plus précisément ceux de sociétés d’envergure nationale, qui recherchent avant tout des destinations bien dotées en infrastructures de transport et d’accueil des entreprises, disposant également d’une main d’œuvre qualifiée et disponible.
La chance des Iles du Sud aujourd’hui est peut-être de commencer sa mutation dans une période ou les aspects de développement durable sont essentiels dans les esprits. Sa situation actuelle lui permet certainement de se différencier des autres régions caribéenne. Le ciblage pour la phase expérimentale pourrait être le suivant :
 
a) Les secteurs d'activités
Il pourrait s'agir des secteurs d’activité porteurs et bénéficiant d’ors et déjà
d’un soutien spécifique des pouvoirs publics auxquels s’ajoutent ceux mentionnés  dans la future loi de développement (tourisme, nautisme, environnement, NTIC,…)
b) Les territoires
Il faut élaborer une coopération avec des territoires proches saturés pour capter des créations d’entreprises (innovantes par exemple) ne pouvant, faute de place, s’y implanter.
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c) Les publics particuliers
Les publics particuliers sont circonvenus par les jeunes insulaires ayant acquis une expérience significative après leurs études et souhaitant créer une activité dans leur région d’origine, et/ou les originaires et expatriés en recherche d’un retour au pays, etc.
 
 
 
 
 
 
4.2. Etablir des argumentaires commerciaux
Depuis une dizaine d’années, le marketing territorial est un marché extrêmement encombré ; tous les pays s’y sont mis, peu ou prou, par l’intermédiaire du réseau Internet. La mise en avant des ressorts traditionnels des Iles du Sud à savoir, la qualité de vie, l’environnement préservé, les paysages, le littoral marin doivent être amplifiés.
Pour se vendre, les collectivités mettent généralement l’accent sur les infrastructures, les pôles technologiques ainsi que la qualité des équipements, éléments dont les Iles ne disposent pas encore à l’heure actuelle….
4.3. Diversifier les canaux de communication
Il s’agit là de pistes, qui devront être adaptées en fonction des cibles choisies. Tout d'abord et dans une logique de « communication généraliste », il s'agira tout simplement d'utiliser le tourisme comme levier de communication et notamment à travers les brochures distribuées lors des salons, dans les hôtels et lieux de vacances. Evidemment, l'outil Internet ne peut être oublié et la mise en place d’un portail de la Valorisation Economique s'avère indispensable.
 
Dans un second temps et selon une approche plus économique, il s'agira de travailler à la fois avec les outils nationaux de la promotion économique notamment l’Agence Française des Investissements Internationaux (AFII).
Ce n’est pas démesuré comparé à la taille de Iles du Sud. De petites régions françaises utilisent ce vecteur de promotion. La participation à cette structure nationale permet d’envisager l’organisation de manifestations sur le territoire : congrès, conférences, convention d’affaires, « apéritifs contacts », salons… qui participent, de plus, au maillage du tissu économique local. Enfin, la mobilisation du réseau des originaires installés en Métropole notamment ceux présents dans des entreprises à vocation internationale pour construire un réseau de correspondants ayant des missions de prospection doit absolument être envisagé voire promu.
4.4. Observation et veille économique stratégique
La mise en place d’instruments de veille constitue une condition de réussite : l’attractivité d’un territoire ne saurait être appréhendée comme une réalité absolue, isolée et figée dans le temps ; d’où la nécessité de mettre en place une « veille », une observation et une évaluation. En tant qu’acteur porteur et mobilisateur, le territoire doit structurer une démarche prospective avec les diverses parties prenantes clés, à savoir les milieux de la communication, les acteurs sociaux économiques, les entreprises et la société civile.
De plus, pour être compétitif, un territoire se doit de disposer d’un certain nombre d’atouts et l’accueillant potentiel de disposer d’informations actualisées en temps réel pour donner la meilleure réponse possible au besoin exprimé.
Concernant l’observation économique, tout est à faire. A ce titre, un observatoire est un moyen pour les décideurs d’un territoire de :
- coordonner ses modes d’action et ceux de ses partenaires autour d’une observation précise et régulière du territoire,
- réagir rapidement aux changements, corriger les orientations et impulser une dynamique pour renouveler l’action publique,
- programmer et suivre ses projets dans le temps.
 
 
 
 
L’objectif quant à lui est :
- d’aider à l’élaboration et au suivi du projet territorial stratégique,
- d’aider à la prospective territoriale,
- d’aider à la décision sur les politiques sectorielles engagées par le territoire,
- de disposer d’une information fiable, à l’instant « t » de façon à répondre de façon adaptée à une demande d’implantation et aux besoins liés (foncier d’entreprise disponible, personnel qualifié disponible, sous-traitants ou fournisseurs sur place…).
A cette fin, il est nécessaire :
- d’engager un partenariat aussi large que possible : besoin d’informations multisectorielles pertinentes, choix stratégique des partenaires (producteurs et /ou utilisateurs de données, permanent ou ponctuels..),
- de construire un système d’observation partagé en intégrant et harmonisant de multiples sources de données thématiques et territoriales,
- de définir les conditions juridiques et matérielles de diffusion et d’utilisation des productions de l’observatoire (contenus et canaux).
La mise en place d’une veille économique stratégique a pour objectif que les Iles du Sud deviennent et restent un territoire d’accueil « performant » et de cibler au mieux les actions de prospection.
 
4.5. Un « guichet unique » de marketing territorial
La multiplicité des acteurs potentiellement accueillants d’entreprises extérieures, l’absence de stratégie commune et le manque de chef de file rend à ce jour toute action totalement inefficace. La convergence des capacités et des compétences des différents partenaires, soutenue et alimentée par le partage de l’information et de la connaissance, a pour principal objectif la compétitivité. Il apparaît que les structures publiques au niveau régional, départemental et local ne sont pas coordonnées dans leurs actions de développement économique.
 
Des investisseurs potentiels, demandeurs de rencontre avec des instances territoriales, ont témoigné de leurs difficultés à identifier et à accéder aux interlocuteurs adéquats. Ce constat montre l’importance de donner une meilleure lisibilité à la stratégie de développement du territoire qui doit absolument s’attacher, aujourd’hui, à fédérer les différents acteurs concernés.
Il s’agit donc de constituer une véritable « Task Force » pour la promotion et la valorisation Economique des Iles constituée des différentes structures institutionnelles et professionnelles qui veulent s’investir dans le développement économique du territoire. Cette logique partenariale permettra et organisera la confrontation d'expériences et de points de vue différents, entretiendra l'esprit d'innovation et l'adaptation permanente aux évolutions de la vie économique. Dans cet esprit, il s’agit d’organiser les conditions d’un partage de la stratégie ainsi mise en place et de favoriser la synergie de tous les acteurs impliqués. Il est indispensable, en la matière, de privilégier l’adhésion de tous ceux qui devront jouer un rôle dans le chaînage conduisant à attirer une activité économique nouvelle sur le territoire insulaire.
 
 
 
 
Ce partage ne devra pas éluder, pour autant, le nécessaire rôle directeur
Des collectivités. L’ADEG, en tant que guichet unique sera
appelée à apporter son assistance dans la démarche d’attraction que serait
susceptible d’initier un autre acteur qu’elle-même (communauté d’agglomération,
département, etc…). Elle se chargera donc de coordonner l’action des acteurs.
5- Vers la détermination d’une véritable politique d’attractivité
Les résultats, à long terme, attendus de la mise en place d’une telle
stratégie résident principalement dans l'amélioration de la compétitivité des
entreprises locales, tout comme dans la création d’emplois qualifiés.. Enfin et logiquement de par l'étroite imbrication de la notion d'attractivité,l'accroissement du Produit Intérieur Brut sera atteint à travers l'augmentation des activités qui seront créées. Ces objectifs constituent des conditions essentielles de structuration du territoire et de son offre.
 
5.1. Travailler à réunir les conditions essentielles
a) Donner une image économique des Iles du Sud
Rapidement au travers des outils d’information disponibles pour les investisseurs à la recherche d’un nouveau territoire (ex : publications régionales), des moteurs de recherche sur internet, ou des médias, les atouts du territoire peuvent être mis en valeur. C’est un travail sur l’image, qui peut démarrer sans attendre, mais dont les résultats ne se manifesteront pas avant quelques années.
 
La communication est un outil indispensable au service de l’attractivité et donc de la compétitivité, pour porter hors des limites géographiques d’un territoire, sa notoriété. Cela pourrait passer par : un portail Internet dédié à l’économie, la publication systématique dans la presse régionale (et nationale) des réussites locales.
La Région Guadeloupe dispose d’un service communication qui pourrait se charger, de construire l’image des Iles du Sud.
 
b) Structurer l’offre du territoire
Il s’agit de réunir les conditions « matérielles » d’une attractivité suffisante et pérenne de manière à fixer les processus de développement. Cela concerne principalement les zones d’activités, les transports, la fiscalité, les ressources humaines, le logement, les réseaux d’eau et la gestion des déchets.
b1- zones d’activités
Le déficit de lieux d’accueil pour de nouvelles activités, principale faiblesse du territoire, conduira les Iles du Sud à lancer un diagnostic des zones d’activité des îles et à réaliser une évaluation des besoins. Il est nécessaire de mettre en place une équipe d’ingénierie, restreinte mais pointue, au service des collectivités ayant un projet de zone d’activité.
b2- transports
Le désenclavement des Iles du Sud passe par l’amélioration des transports maritimes et aériens. Le problème est trop connu pour que l’on s’y attarde dans le présent document. Rappelons que St Barth et St Martin sont desservies pas des dizaines de Cies aériennes, de toute taille, dont l’offre commerciale s’adapte en fonction de la saisonnalité touristique.
 
 6- Conclusion
On constate donc bien que la mise en œuvre d’une stratégie de promotion économique nécessite des investissements importants et structurants, la mobilisation de moyens financiers et un accompagnement des pouvoirs publics.
La meilleure réponse au déclin des Iles est davantage dans le travail, l’intelligence et l’investissement des populations concernées que dans l’assistanat.
Les outils financiers, fiscaux, législatifs sont disponibles : il manque encore la volonté de les mettre en œuvre a destination d’une région en sous développement mais aux incontestables atouts.
 
Le défi est de taille mais l’exemple des Iles du Nord constitue la preuve que les Iles du Sud pourront reproduire un modèle économique et sociale performant et rendre ces territoires aussi attractifs que possibles.
 

pruvost 09/09/2008 09:03

La mafia des îles s'invite a paris, voila un meilleur titre pour l'article.

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