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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 19:10
ITW José Pentoscrope, président du prix littéraire Fetkann, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité (Il est aussi président du CIFORDOM et délégué national au parti socialiste, chargé du 5e DOM et de la coordination).
« Nous souffrons de la frigidité des intellectuels français »
Le prix Fetkann, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité est remis le 18 novembre au café de Flore à Paris. Pourquoi avoir créer un tel prix ?

Le prix a été créé en 2001 suite à la loi Taubira du 10 mai par laquelle la France reconnaît l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité. Dans un des articles de cette loi, il est demandé au tissu associatif de prendre des initiatives. C’est tout naturellement que le Centre d’information, formation, recherche et développement pour les originaires d’outre-mer (CIFORDOM) a eu l’idée de ce prix. Dès sa création en 1982, le CIFORDOM s’est inscrit dans le développement personnel, c’est-à-dire dans le soutien scolaire et l’aide aux concours administratifs de nos compatriotes.
Les premiers lauréats n’ont été récompensés qu’en 2004, pourquoi ?
Nous avons pensé qu’il était bon de le faire connaître sans forcément décerner de prix et pendant trois ans, nous nous sommes efforcés de le faire connaître auprès des présidents d’université, des parlementaires et des citoyens. Ce n’est qu’en 2004 que nous avons décerné nos premiers prix. Nous en sommes cette année à la cinquième édition.
Quelles personnalités ont pu être révélées grâce au Fetkann ?
Nous avons révélé Fabienne Kanor. Elle était alors une jeune romancière martiniquaise inconnue lorsque nous l’avons primée pour son roman D’eau douce. Elle a eu ensuite le prix RFO du livre pour Humus et elle vient de sortir un troisième livre, Les chiens ne font pas des chats. Nous avons également découvert, en poésie, Yves Untel-Pastel, avec L’humeur des cannes, une plume remarquable. Nous avons également primé Yves Bénot, un chercheur qui a écrit sur les mémoires et placé son écriture sur le plan de l’universalité avec La modernité de l’esclavage, un essai sur la servitude au cœur du capitalisme. C’est une fierté qui nous permet d’affirmer que le prix Fetkann n’est pas un prix raciste, sectaire ou communautariste.
Qu’est-ce qui dirige le choix du jury ?
Un choix de compétence, de qualité et de vérité historique.
Il y a le devoir de mémoire et le droit à l’histoire. Comment considérez-vous l’adresse de l’historien et académicien Pierre Nora contre les lois mémorielles ?
Je considère que c’est une attaque. Nous souffrons de la frigidité des intellectuels français. Ils ont peur d’être dépassés par des gens de la négritude, par le métissage pour rappeler la société du Tout-monde d’Edouard Glissant. Cette peur n’est pas du tout justifiée. Et lorsque des historiens de la qualité de Norra se permettent d’intervenir en ce sens, nous ne pouvons pas l’accepter. L’histoire de France est globale, une et indivisible et s’il y a de beaux moments de l’histoire de France, il y en a aussi de mauvais. Il faut savoir tout rappeler.
Vous êtes pour la repentance ?
Non ! Nous savons bien que  nos camarades de la vie commune ici aujourd’hui n’ont aucune responsabilité dans ce qui s’est passé à cette époque mais n’empêche qu’il est bon de savoir que ça s’est passé, de le dire ! Ca permet une meilleure citoyenneté.
C’est là votre démarche avec Fetkann ?
Tout à fait ! Faire connaître l’histoire, la réécrire éventuellement, et ne pas se laisser enfermer par les révisionnistes, ceux qui parlent du bienfait de la colonisation dans les pays du Maghreb. C’est inacceptable.
Quand vous êtes-vous intéressé à la mémoire ?
Nous avons commencé à nous intéresser à ces questions de mémoire en 1985 et nous avons mis quatre ans à obtenir de la municipalité de Massy en région parisienne, dont j’étais élu, une délibération pour qu’une place porte le nom de Victor Schoelcher. Et sur cette place nous avons érigé une statue Toussaint Louverture. C’était en 1989, année du bicentenaire de la Révolution française, notre cadeau à la France.

Les favoris de la sélection 2008
Catégorie mémoire
David Alliot, Aimé Césaire, le nègre universel, Infolio 2008
Pap N’Diaye, La condition noire, essai sur une minorité française, Calmann-Lévy 2008
Jean-Marc Rosier, Noirs néons, Alphée 2008
Saint-Jean et Sétan, Les esclaves se déchaînent (bédé), imprimerie Accaino

Catégorie recherche
Collectif, L’Afrique répond à Nicolas Sarkozy, Philippe Rey 2008
Jean-Philippe Omotundé, Histoire de l’esclavage, critique du discours eurocentriste, Vol 5, Ménaibuc 2008
Olivier Pétré-Grenouilleau, l’histoire de l’esclavage, Plon 2008

Catégorie jeunesse
Michaël Anthony, Mon armée à San Fernando, Ascodela 2007
Alain Foix, Aujourd’hui en Guadeloupe, Lou à Sainte-Anne, Gallimard 2008
Béatrice Tanaka, La légende de Chico Rei, Brésil, Kanjil 2008

Catégorie poésie
Joël des Rosiers, Caïques, Triptyque 2008
James Noël, Le sang visible du vitrier, Cidihca 2007
Ernest Pépin, Dit la roche gravée, Mémoire d’encrier 2007

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