ITW Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer
« Nous allons baisser le prix du litre de plus de 10 centimes… »
M. Le ministre, la Guyane est bloquée depuis deux jours à cause du prix de l’essence…
La Guyane se retrouve dans la même situation que l’était la Réunion, il y a peu avec l’exaspération des socioprofessionnels à cause de la hausse des prix du carburant dans le cadre d’un système
qui n’est pas vraiment transparent. J’ai téléphoné à Joëlle Prévot-Madère, présidente de la CGPME pour lui proposer des solutions.
Quelles sont-elles ?
Premièrement, après discussion avec les pétroliers, nous allons baisser le prix du litre de 10 centimes dès le 1er décembre. Une réduction qui s’ajoutera à celle issue de la baisse du cours du
Brent. Il faut bien savoir que l’Etat ne touche aucune recette sur l’essence et que cette baisse n’est que le résultat d’une pression. L’Etat n’a aucune marge de manœuvre. Deuxièmement, nous
allons bloquer les prix au niveau de cette baisse jusqu’à ce que l’inspection d’étude qui viendra sur place dans les dix premiers jours de décembre rende son rapport. Cette mission sera composée
d’inspecteurs généraux du ministère de l’Economie et des Finances. Elle devra nous proposer la remise à plat du système de formation des prix et traquer la spéculation comme il a pu y en avoir
dans le passé. Nous voulons associer les socioprofessionnels à la remise à plat de ce système qui transforme le préfet en administrateur du prix de l’essence. Nous voulons une politique de
transparence pour savoir qui empoche quoi.
Est-ce que ce sera suffisant ?
J’ai téléphoné au président Karam avant la réunion plénière de l’assemblée régionale pour l’inciter à faire un effort sur la taxe régionale qui représente en gros 30 % du prix. La Région Réunion
avait consenti un effort de l’ordre de 10 à 15 centimes.
Il n’en reste pas moins la situation de blocage, de trouble à l’ordre public…
Il n’y a pas de solution miracle mais il faut prendre en compte l’exaspération des gens. J’espère que ces annonces contribueront à faire baisser la tension. Ce conflit se comprend sur le fond,
mais ça ne justifie en rien des émeutes ou des dérives. On ne peut accepter que les petits commerçants soient bloqués par la CGPME. J’en appelle à la raison car nous travaillons pour traiter le
problème. Si on fait cet effort financier et que la Région s’y met, nous parviendrons à un prix similaire à ceux de la Martinique ou de la Guadeloupe.
Le ministre reçoit vendredi après-midi les représentants de distributeurs de carburants au ministère de l'Outre-mer. Yves
Jégo veut tenter d'obtenir une baisse plus conséquente que celle déjà obtenue. "Il ne faut pas rêver : à 50 centilmes de baisse, les pétroliers s'en iront..."
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