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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 12:26
Nathaly Coualy seule sur scène
La comédienne guadeloupéenne (qui par ailleurs s’occupe de la communication du Haut conseil à l’intégration) a démarré au théâtre Côté cour à Paris, le 5 janvier dernier (ça dure jusqu’en mars) un one wooman show qui porte son nom. Le résumé donne le ton : « Ses origines ? 40% Guadeloupe, 5% Corse, 35% Inde, 20% Hexagone. Elle ne sait plus où elle habite ! » Interview sortie de scène.
« On rit de tout le monde, pourquoi pas de nous-même »
C’est un spectacle que tu préparais déjà quand tu te produisais sur les scènes de stand up ?

Oui, c’est vrai… Ca fait deux ans que je travaille, avec un an de grande réflexion.
Tu veux monter une facette des Antillais, te moquer ?
Je ne me permettrai jamais de me moquer des Antilles. Je me moque des Antilles, ça veut dire que je me moque de moi.
C’est de l’autodérision…
Il faut arriver à rire de soi et quand je dis que tout ce que je dis sur les Antillais, ce sont des qualités. C’est vrai ! On peut le voir comme ça plutôt que comme des clichés.
A travers le rire, ne veux-tu pas faire passer une image, une autre image de l’Antillais ?
Quand je dis, « c’est mignon, j’adore », c’est parce que je pense qu’il y a vraiment quelque chose de mignon, d’adorable. En même temps, ils sont bourrés de défauts, mais bon j’aurai pu l’appeler aussi l’Homme. J’ai dit un Antillais parce que je suis antillaise, parce qu’il y a mon père aussi qui a beaucoup de place et qui est un Antillais… Voilà, après c’est la structure du texte, le parti pris… On ne parle jamais de nous à Paris et les gens, ça les fait rire. Ce n’est pas de la moquerie mal placée. Je crois qu’on rit de tout le monde, pourquoi pas de nous-même…
C’est facile de trouver son public ?
J’ai de la chance parce que ça se passe plutôt bien. La première était complète, et la deuxième, malgré le grand froid, a rempli la moitié de salle ! On est dans une période qui est extrêmement difficile pour le théâtre. Et puis on n’est pas habitués à ce genre de spectacle qui mêle l’humour, l’émotion et qui dit des choses un peu rentre dedans…
Tu présentais l’an dernier un autre one wooman show, Seule en scène…
En fait, c’est la troisième version. La première était davantage café-théâtre, la deuxième avait une couleur plus théâtrale. C’était grinçant, jaune… Trop lourd à porter même pour moi, pas assez de recul…
C’est là qu’est intervenu Pascal Légitimus ?
Il m’a proposée de travailler avec lui. Au début, j’ai dit non, je veux rester dans le théâtre et puis finalement, j’ai accepté. J’ai envie de rire, d’apporter de la joie. On a besoin de ça. Il m’a présentée Juliette Molte, ma metteur en scène. Pascal m’a aidée à rehausser tout ce qui était drôle. Tout en renforçant l’humour, Pascal et Juliette ont su respecter ce que je voulais dire et l’émotion que je voulais transmettre. Ce n’est pas pour autant un spectacle thérapeutique !
Tu as réglé tes problèmes identitaires et tu en ris ?
Les problèmes avec mon père… Si j’avais pas réglé ça, je n’aurais pas pu en rire aujourd’hui, monter sur scène et faire ce spectacle. On existe. On parle de nous. C’est nous ! Les Corses, on peut en faire 10 000 des blagues. Les Juifs, on en fait plein, les Belges en prennent plein la tronche, les Suisses, les Canadiens… Pourquoi pas nous ?
Mais tu le fais avec tendresse…
Je suis de là-bas, c’est mon pays. Je suis de la Guadeloupe et je le revendiquerai toujours peu importe ma couleur.
Au théâtre Côté cour, rue Edouard Lockroy Paris 11, les lundi et mardi à 19 h 15.



 
 
 
 
 

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