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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 15:02
Donner à la Martinique la promesse faite à Césaire
Par Adams Kwateh, journaliste à France-Antilles en Martinique (devant la tombe d'Aimé Césaire sur notre photo),
Kouyate.sk2@orange.fr
En dépit du démenti apporté par Alioune Badara Bèye, coordinateur général du Festival mondial des arts nègres (FESMAN), sur les ondes dakaroise de RFM le 21 janvier dernier,  le nom de Césaire en tant que parrain ne figure ni dans le document de présentation, ni sur le site du FESMAN, dont la 3e édition est prévue en décembre 2009.  Résultat, aucun  membre de la famille et de l'entourage de Césaire n'est impliqué dans les préparatifs de l'évènement.
Le FESMAN III se prépare donc sans aucune référence au nom d'Aimé Césaire qui pourtant avait été sollicité pour en être le parrain. Accordons à l’humain la faiblesse d’avoir une  mémoire faillible mais comment les responsables du ministère de la Culture sénégalais peuvent-il oublier la date du 25 juin 2007 quand ils ont lancé le FESMAN III devant le dernier des fondateurs du mouvement de la négritude ?
Les images sont encore gravées dans la mémoire de tous ceux qui, le 25 juin 2007, ont assisté à Fort-de-France, au Parc Floral — devenu depuis le Parc culturel Aimé-Césaire — au lancement de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres. Malgré le poids de l'âge et l’humilité qui le caractérisait, Césaire et son grand ami de toujours Pierre Aliker (102 ans) étaient là. Les artistes de Sorano et du Ballet national ont salué le grand homme par des voix chaleureuses, la cora a vibré et la comédienne  Marie-Anne Sadio a reçu les félicitations de Césaire. L'émotion avait atteint son comble. Du jamais vu sur le sol martiniquais depuis le 14 février 1976, lorsque Léopold Sédar Senghor était venu saluer Aimé Césaire. C'était la fraternité retrouvée entre deux hommes sur la terre caribéenne. Oui, la date du 25 juin 2007, veille des 94 ans de Césaire, est à marquer d'une pierre blanche. Ce fut le dernier anniversaire de Césaire ; il décédera 10 mois plus tard.
1966, 1977 et 2009
Devant la Martinique tout entière, la promesse avait été faite que Césaire serait le parrain de la troisième édition du FESMAN. Il n'avait pas réclamé cet honneur et il n'en a plus jamais reparlé. C'était un homme discret. Il disait rarement non. Comment ce grand homme aurait-il refusé un honneur qui lui venait du monde noir, singulièrement de l'Afrique ? Comment lui, le dernier grand témoin et précurseur avec Alioune Diop et Senghor du premier festival des arts nègres en 1966, aurait rejeté une demande des Sénégalais ? D'ailleurs, rien ne dit que le festival tel qu'il est conçu actuellement par le comité d'organisation du Sénégal aurait reçu son aval. Pour cause, Césaire n'était pas de ceux qui tenaient le crachoir pour chanter les valeurs nègres. Césaire balayait d'un revers de la main toute invitation à la mondanité. Il était lucide face aux errements et l'absence de perspective des dirigeants du tiers-monde. A ce propos, allez chercher dans les archives du premier festival des arts nègres en 1966. Vous risquez de n'y trouver ses traces que de manière symbolique. L'essentiel de sa présence était ailleurs : son voyage avec Malraux en Casamance et ce fameux débat sur l'art et la politique. Son intervention au cours de ce débat est d'une actualité criante sur la place que les dirigeants accordent à la culture.Pour la deuxième édition, à Lagos, en 1977, Césaire avait tout simplement brillé par son absence. Non parce qu'il redoutait les griffes du tigre Soyinka — il affectionnait beaucoup l’écrivain nigérian — mais  parce que, pour lui, les rendez-vous manqués avec nous-mêmes ont été si nombreux qu'un festival des arts nègres serait la caution d'une incurie collective. Laissons Césaire se reposer après 60 ans de combat pour que l’Afrique et la Caraïbe entrent sur la scène du monde.
Panafricanisme moderne
La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si le président Abdoulaye Wade cautionne la démarche d'un groupe de personnes qui, au nom des valeurs nègres, font du FESMAN la plus grande mondanité nègre. Le chef de l'Etat sénégalais aurait-il un excès de confiance en son ministre de la Culture qui, venu à l'enterrement de Césaire, s'étonnait de la présence de Sénégalais en Martinique ? Son directeur de cabinet de l’époque a sans doute eu une amnésie pour ne pas lui dire que Césaire avait accueilli toute l’Afrique chez lui. Tout laisse à penser qu'il y a une absence d'ambition utile pour servir une cause commune basée sur un panafricanisme modernisé. M. Wade a toute la légitimité de relancer le FESMAN sur cette base. D'abord, il est l'un des rares intervenants vivants de la première rencontre des écrivains et artistes noirs en 1956 à Paris (le jeune juriste qu’il était avait  traité de notre relation au droit). Je ne doute pas non plus du panafricanisme de Wade,  encore moins de sa sensibilité à donner place à la diaspora. La preuve : le FESMAN III est dédié aux frères et soeurs des Amériques. Car aujourd'hui, la diaspora concentre en son sein des forces capables de dialoguer d'égal à égal avec l'Afrique-Mère. Finie l'Afrique mythique ou celle des "ancêtres bambaras". En somme, la diaspora a atteint son autonomie à la fois au plan spirituel, religieux et culturel. Les exemples de la santeria, du vaudou et du condomblé sont là pour montrer que les Dieux d'Afrique ne sont pas une simple survivance africaine mais sont dans les comportements, les pensées. Sur le terrain de la musique et des arts en général, la diaspora africaine dans les Amériques continue à tracer des sillons. Ces anonymes très nombreux qui habitent la zone qui va de Salvador de Bahia au Brésil à Salvador de Cuba attendent les retrouvailles avec l'Afrique. Le nom de l’Afrique a une résonnance particulière, car elle est synonyme d’humanité.

Alors, il faut donner à la Martinique la promesse faite à Césaire. D'abord le Sénégal doit oser le pari d'associer les animateurs culturels haïtiens, martiniquais, guadeloupéens, guyanais, réunionnais à la conception même de ce festival. Ainsi, ces porteurs d'utopie tisseront le lien rompu avec la diaspora. Le coordinateur général du FESMAN III et son ministère doivent comprendre que ce ne sont pas les personnalités et les grands noms qui feront de la manifestation de Dakar « un rendez-vous du donner et du recevoir ». Mais ceux qui gèrent la culture à Dakar ont-ils une petite dose d'ouverture d'esprit pour éviter que le FESMAN III ne soit le rendez-vous manqué de l'Afrique avec la diaspora ?


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commentaires

astou 09/12/2010 21:25



je ne vois pas son utilité



Dioufa68 20/11/2010 03:05



A lire attentivement cet article de Xalima.com!Merci!


« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une
mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse. » Cette citation du grand maître Aimé Césaire doit pousser nos fêtards professionnels à réfléchir. WADE
a voulu sa mocheté coréenne, il l’a eue contre vents et marées, contre la volonté du peuple. Il l’a eue et l’a fêtée en gaspillant comme il n’est pas permis les deniers publics, l’argent du
contribuable sénégalais. Avant, il s’était essayé à fêter le 19 mars, date de sa victoire en 2 000 contre Abdou DIOUF. Ayant vite compris que le peuple déçu par sa politique désastreuse ne
suivait pas, il a très vite commencé à chercher à se faire un nom autrement en sillonnant le monde à la recherche de notoriété perdue, d’honneurs de complaisance, en érigeant, avec ses souteneurs
intéressés, le voyez-moi en religion. Cette nouvelle religion arme ses adeptes d’armes qui ont pour noms : égoïsme, ruse, hypocrisie et mégalomanie.


 


Dans un entretien avec Jacques Jaubert en décembre 1979, Henri Amoureux disait que le drame des dictatures, c'est qu'elles donnent toute licence aux malades
mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d'aller jusqu'au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté. Mais, de l’avis de Bruno Masure,
partisan du "tout à l'ego", le mégalomane a souvent des fins de moi difficiles. C’est ce qui fortifie l’espoir que nous avons que le dictateur, même en pillant les maigres ressources de son
peuple pour satisfaire son égo, en érigeant une statue de 50 ou 150 m de haut, finit toujours par nager dans les eaux boueuses de la désillusion. Terrible ce qui est arrivé à Mobutu, Suharto,
Bokassa, Lansana Konté etc. Les dictateurs finissent toujours par tomber, par la grâce de la Mort ou du Peuple. Et avec eux, les symboles concoctés pour perpétuer leur nom. Tout leur effort
consenti pour traverser le temps dans l’image que leur imaginaire mégalomane leur crée s’effondre, c’est de l’effet feu de paille ; ça brille le temps d’un éclair.


 


WADE, après avoir voulu sa statue, veut maintenant son Grand Festival. Puisque le collaborateur européen, plus futé que ses collaborateurs sénégalais, a arraché le
sigle FESMAN 3, le logo et le site d’alors à ce qu’il nous semble, il a décidé de jeter sa fille dans la danse. Et justement, parlant de danse, son Festival risque d’être, comme quelqu’un l’a
dit, Elie Charles Moraux si nos souvenirs sont bons, un Festival de musique (pour permettre toutes les danses possibles : celle des jambes et celle du ventre entre autres). Quelle idée saugrenue
que de commencer les festivités d’un Festival Mondial des Arts nègres par un match de football ? Certainement que madame la fille du Président et son équipe vont le terminer par un rallye
Paris-Dakar. Cela cadrerait parfaitement avec l’image qu’elles semblent avoir d’un Festival mondial des Arts nègres. Avec l’alternance, mélanger les torchons et les serviettes n’est pas
surprenant, c’est le contraire qui l’est parce qu’on ne met jamais l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et rien n’est fait sur la base d’une bonne planification, d’un programme bien réfléchi
avec un chronogramme cohérant. Mais WADE et sa famille, malgré tout, vont tenir leur Festival Mondial du 10 au 31 décembre 2010. En vérité, ce Festival pue déjà l’amateurisme, l’arnaque et la
mauvaise conscience. Il va, à coup sûr, écorcher davantage l’image de notre pays.


 


Deux questions nous viennent à l’esprit : est-ce qu’un Festival Mondial des arts nègres, pour magnifier dit-on la renaissance nègre, est pertinent en ce troisième
millénaire ? Est-ce que c’est opportun vu l’état de déche populaire généralisée dans laquelle beigne notre peuple et vu aussi que le Sénégal va encore dépenser, après les 3 milliards déjà
engloutis, 31 milliards ? N’oublions pas que notre ministre des finances vient d’évaluer la dette de l’Etat à plus de 2 000 milliards. N’est ce pas qu’il est temps de travailler d’abord et de
festoyer après ?


 


En 1972, la Corée du sud était au même niveau de développement que le Sénégal. Aujourd’hui, elle a quitté le statut de pays receveur d’aide à celui de pays donneur
d’aide. Le génie coréen dans le domaine du développement réside en grande partie dans le sérieux de ses dirigeants, leur patriotisme qui n’est pas théorique mais pratique, leur sens de l’honneur…
il réside dans leur volonté politique et une vision claire du développement. Nous aimons beaucoup étudier la Corée du sud pour mieux nous rendre compte du retard que nous avons accusé à force de
nous tromper nous-mêmes, à force de perdre du temps et d’argent dans des futilités.


 


De grands noms d’artistes musiciens, pour le gros du lot, vont séjourner au Sénégal. Ils seront logés, nourris, transportés, et payés pour nous distraire ; nous
endormir principalement. Certains d’entre eux vont tisser des lauriers au Président, d’autres à sa famille, ses ministres etc. Et au soir du 31 décembre, le peuple se demandera encore, comme à la
fin de l’OCI, pourquoi autant de tintamarre et de gaspillage?


 


Non ! Chers artistes, ayez pitié de notre peuple ! Ce ne sont pas vos chants et vos pas de danse, en l’honneur du Président, qui vont sortir nos populations du
gouffre dans lequel ce régime de WADE les a plongées. Vous, vous ne connaissez plus les affres de la galère. Dieu merci ! Mais, ne venez pas dans notre pays pour grignoter sur nos maigres
ressources. Notre peuple en a besoin. Cet événement n’a rien de pertinent ni d’opportun avec son Forum aux questions dépassées telles que : « L’apport des peuples noirs à la science et à la
technologie, Permanence de la résistance des peuples noirs de la traite négrière à nos jours, Les diaspora africaines : Géographie-Peuple-Histoire-Situation politique, La participation des
Peuples noirs à l’avènement du Monde libre et quelle place et quel rôle pour l’Afrique dans la gouvernance mondiale, Les anciens Egyptiens étaient-ils oui ou non des Noirs… »


 


Jugez-en vous-mêmes ; pour répondre à ces questions, ils vont encore paraphraser Cheikh Anta DIOP et ses semblables pendant vingt jours, faire du copier-coller,
bavarder et bouffer da la soupe et des sous pour retourner dire à leurs proches : «Vous m’avez vu à la télé n’est-ce pas ? J’étais dans le comité scientifique. On dit même que j’ai bien parlé. »
Et pendant ce temps, les autres travaillent de façon pratique et transparente à leur développement afin d’être toujours les principaux décideurs… et nous, les éternels derniers de la classe,
grands quémandeurs et braves endettés pour toujours.


 


L’Afrique est malade de tous ces intellectuels qui vivent de compromission avec les pouvoirs publics au détriment des populations ; tout ce qui les intéresse c’est
de gérer des plans de carrière, des prébendes. Ils ont tous les diplômes du monde sauf ceux de la droiture et du patriotisme sincère. Pauvre de nous ! Le seul thème qui doit caporaliser notre
attention à l’heure actuelle est : « L’Afrique, notre introspection ». Une autocritique sans complaisance… un diagnostic de nos tares. Ce qui est impossible à faire lorsqu’on est l’invité d’un
régime autocrate. Quand même, on ne peut pas dire à son bienfaiteur qu’il est l’un des principaux freins au développement de son peuple et de son continent.


 



Ivon 28/01/2009 12:02

Qui c'est cet avocat mal inspiré qui nous dirige vers un spot publicitaire pour se donner bonne conscience? C'est insultant. C'est comme si Césaire n'a pas laissé derrière lui des gens à qui parler. Je suis déçu.

Sans detour 27/01/2009 07:10

C'est simplement avec cette video que la famille du Parrain est associée au FESMAN III. C'est ça élever le débat!!!!!

Jason 27/01/2009 02:15

J'ai vu la video, elle ne parle toujours pas de l'implication des héritiers culturels de Césaire; pas même de sa famille biologique. On parle d'implication mais pas de petite annonce sur un site qui, en aucun cas, ne confère à l'évènement le cachet populaire qu'il mérite. Sois plus sérieux que ça. Adams est pertinent dans son analyse et à besoin, j'en suis sûr, de réponses pertinentes!

rprod97 26/01/2009 01:42

je recommande à Adams  ce lien son attitude est ridicule élévons le débats .et ne croyez plus ce qu'on vous dit sans  vérifier http://www.dailymotion.com/relevance/search/regalprod/video/x6ssck_bafesman_news

some 24/01/2009 12:26

quelle honte!! decidement les negres ne comprendront JAMAIS! Pouah! je suis plus quqe fachésomé

Sans detour 24/01/2009 10:04

"Ces petits organisateurs" ignore l'intensité du lien qui unit Césaire à Senghor et au§delà, la Martinique et le Sénégal. Dommage!

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