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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 09:41

Patrick Karam sort de son silence

" La poursuite de la grève pénalisera les plus faibles "

Vous êtes l'hôte à déjeuner d'Yves Jégo, ce lundi midi pour parler de la crise antillaise. Que faut-il voir dans cette invitation ?

Un certain nombre de revendications portées par le collectif LKP sont les mêmes que celles que je soutenais au Collectifdom et que je développe aujourd'hui dans mon programme à la délégation interministérielle pour l'Egalité des chances des Français d'outre-mer, comme la charte sur l'emploi local. Il est normal que je sois associé au travail qui va être fait vis-à-vis des Antilles et de l'outre-mer. J'ai une sensibilité très forte sur ce sujet. Au sein du gouvernement, je suis déjà l'ambassadeur des préoccupations des ultramarins, la lutte contre toutes les discriminations, l'emploi local, la différenciation de traitement... Je souhaite jouer un rôle dans la rénovation de la politique menée par l'Etat en outre-mer, voulue par Nicolas Sarkozy.

Que voyez-vous derrière ces revendications ?
D'abord, le besoin d'un mieux d'Etat dans la question sociale. Les Guadeloupéens ne veulent plus être marginalisés dans la République et ils posent la question de la présence et de l'efficience de l'Etat. Ils revendiquent aussi l'égalité. Les Guadeloupéens se sentent d'abord Français mais la France les considère-t-elle comme des Français ? Il n'y a jamais eu de véritable plan de rattrapage comme ça a été fait pour la Corse. Et puis, il y a un petit groupe qui s'interroge sur l'appartenance à l'ensemble français. « Ne vaudrait-il pas mieux être indépendant ? N'irions-nous pas mieux ? »  C'est une arrière-pensée par laquelle on voudrait montrer la faillite de l'Etat, donc de sa politique d'intégration dans la République. J'ai aussi noté que des éditorialistes en métropole commencent à parler d'indépendance pour la Guadeloupe !

Vous y voyez la marque de l'UGTG ?
On a tort de vouloir diaboliser l'UGTG ou la marginaliser pour son idéologie et ses méthodes. Ce syndicat est parfaitement légitime à être l'interlocuteur de l'Etat. J'ai organisé en 2003, avec l'UGTG, une table ronde sur l'égalité. Le syndicat pose souvent des questions justes. Mais lorsqu'on le diabolisait pour éviter de dialoguer, on le poussait à utiliser la méthode dure ! Yves Jégo en ouvrant les négociations lui-même avec le Collectif a signé une véritable rupture avec les pratiques passées et montré que l'UGTG est incontournable. C'est une énorme responsabilité que d'être ainsi en première ligne. L'UGTG va désormais devoir gérer une nouvelle situation où ses décisions auront des conséquences considérables pour les Guadeloupéens : ses bons choix comme ses erreurs.

Comment avez-vous ressenti le mouvement qui s'est emparé de la Guadeloupe ?
J'ai préféré me taire jusqu'à maintenant pour qu'on ne m'accuse pas de faire le jeu des indépendantistes contre l'Etat. Mais dès le début, je me suis senti en phase avec les revendications du collectif LKP. C'est légitime de demander une remise à plat du système car depuis soixante ans et la départementalisation, malgré les progrès, on est loin du compte. Les DOM souffrent de chômage, de vie chère et de pauvreté, d'injustice aussi. Quand le mouvement a démarré et que j'ai vu le soutien populaire, cela m'a fait penser à la révolution orange en Ukraine ou en Géorgie. Des pays qui réclamaient de la considération et une plus grande justice sociale.

Pourquoi sortir de la réserve maintenant ?
Je considère aujourd'hui qu'il y a une véritable prise de conscience que la situation actuelle n'est plus tenable et une prise en compte de cette nouvelle donne. L'Etat a enfin entendu les revendications des Guadeloupéens et des DOM : la justice sociale et l'égalité. Ce message a été d'autant plus entendu que ce qu'a négocié LKP est important. Il y a des réponses concrètes, immédiates et puis des processus qui sont maintenant lancés. Le comité interministériel de l'outre-mer finalisera ces processus et redéfinira sur de bonnes et nouvelles bases la politique de l'Etat envers l'outre-mer.

Quel rôle entendez-vous jouer ?
J'ai mes parents, mes amis, en Guadeloupe. J'appartiens au peuple guadeloupéen ! Au risque d'être impopulaire, j'ai le devoir de leur dire qu'il faut savoir arrêter une grève, tout en restant mobilisé et vigilant sur la suite du processus. LKP a gagné la première manche. Les Guadeloupéens ont réussi à se positionner dans un rapport d'égal à égal. Je suis fier de cet acquis qui va d'ailleurs profiter aux autres DOM, mais je suis très inquiet. Si la grève continue, on ne récupèrera jamais ce qui aura été perdu : une année scolaire pour les enfants, des malades non soignés, des dépôts de bilan massifs, surtout de petites entreprises tenues par les guadeloupéens, du chômage accru, des jours de grève pas payés et le tourisme... des dizaines de milliers d'annulations. On risque de prendre un tournant où ce qu'on essaie de gagner par la grève va rapporter beaucoup moins que ce qu'elle va coûter ! Qui peut croire sérieusement que les grandes entreprises ou les grandes fortunes seront les perdants ? Les grands perdants seront les Guadeloupéens eux-mêmes. Et les plus fragiles, les plus démunis, seront au final les plus pénalisés.

Etes-vous prêt à vous rendre aux Antilles ?
Je suis prêt à faire ce qu'il faut et à me rendre où il faut pour dire les choses et c'est le Guadeloupéen qui s'exprime. Je me pose la question sur les motivations cachées de ceux qui pour l'instant ne parlent que de social : On ne va pas résoudre 60 années de retard en un mois. Ce qui compte c'est que le processus aille dans le bon sens. En s'arc-boutant sur une revendication difficilement réalisable sur le court terme, (la hausse du SMIC), sans faire aucune concession, ne cherche-t-on pas à mettre en oeuvre la théorie du chaos et de la violence, pour montrer qu'il n'y a d'autre issue que l'indépendance. Si c'est ça, il faut le dire. Que chacun assume ses responsabilités.

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commentaires

jean baptiste 18/02/2009 15:35

les emeutiers ce ne sont pas des citoyens des îles; ce sont des infiltrés en provenance des reseaux de trafiquants de drogue qui veulent transformer les DOM dans des paradis de transformation de drogue. ..... c'est pas dificile d'imaginer, on est une sorte de plateroeme entre l'afrique, l'europe, l'amerique ........... est-ce que les gens ont les yeux fermés?? ... il est juste de reclamer pour les prix de l'essence, mais ceux qui demandent l'independence ............. surement souhaitent une independence "à la haitienne". .........il vaut mieux d'etre un français des DOM que devenir un "citoyen" d'un nouveau pays en developpement, pauvre, et corrompu.      VIVE LA FRANCE!!, VIVE LA GUADALOUPE !!

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