Partager l'article ! Rames Guyane à J - 2: Ambiance sur les quais à Saint-Louis du Sénégal A deux jours du départ de la 2e Bouvet Rames Guyane, qui relie Sai ...
Mais tous les skippers sont plus loin, sur la pointe de Barbarie, à
l’hydrobase, après le quartier des pêcheurs où stationnent en permanence une quarantaine de camions frigorifiques et où flotte une odeur tenace de poissons. Plus loin, au bout de la langue de
terre qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan, l’hôtel Mermoz, véritable PC technique de la course. C’est là qu’ont pris leurs quartiers les 22 skippers et leurs accompagnateurs. La plupart des
bateaux étaient encore à terre, hier. Seuls, parmi les Guyanais en course, Jean-Pierre Lacroix, Pascal Vaudé et Charles Bergère ont mis à l’eau et seul Charles Bergère s’est essayé sur l’eau. «
Le vent a molli, je vais ramer vers la ville pour rester en sécurité. » De l’autre côté, c’est la fameuse barre et personne n’est trop pressé d’avoir à l’affronter… Face à 18 nœuds de vent,
Charles Bergère, sans doute un des skippers les mieux préparés, maintient une vitesse de « nœuds… Une gageure, selon les connaisseurs ! Il dit que ça va pas trop mal mais que ça l’embête juste de
quitter sa femme, « c’est comme un décollage ! »
Alors, il a prévu sa botte
secrète, des bouillons cube ! Son épouse est là, avec son beau-frère devenu son routeur. Il dit attendre pour dimanche le maire de Sinamary. A terre, Henri-Georges Hidair est à l’ouvrage. Il
annonce donner des derniers coups de ponçage, installer son désalinisateur… « Tout va bien », dit-il tranquillement. L’organisation regarde un peu différemment les choses. Henri-Georges est un
bon marin, mais son bateau n’est pas prêt. « Une chaîne de solidarité s’est organisée autour de lui », raconte Michel Horeau, organisateur qui s’inquiète un peu : « A 48 heures du départ, il n’a
pas encore commencé à être prêt… » Il n’est pas le seul : Karl Baranco, sans doute la mascotte de cette édition.
Depuis le prologue en septembre, Karl a fini par apprendre à faire un nœud de chaise mais il y a des outils étalés sur le pont, dans l’habitacle et autour de son canot. Une dame se moque
gentiment : « Il va se faire remarquer car derrière lui, il y aura des bancs de poissons bourrés au pastis ! » Karl n’en a cure, il sait qu’il y a une part d’improvisation. Il a installé un
pilote automatique, leçon du prologue. « J’étais à la ramasse et j’ai perdu mes mains en une heure… » Cette fois, le bateau est prêt, mais il n’a pas encore eu l’occasion de le tester. Il le met
à l’eau samedi. « Je suis l’extraverti de la flotte mais tous les kippers viennent me rasséréner. Même Jean-Jacques Gautier est venu me donner des conseils. » Six amis de Guyane, dont Fred de
Guyavoile sont venus l’aider. Henri-Georges attend, entre aujourd’hui et samedi, une trentaine d’amis et membres de sa famille. Il est allé voir la barre… « Mais pour la passer, je ne sais pas si
ça apprend… »
Patrick Hoyau se dit « total prêt ». Il a chargé la nourriture et la
mise à l’eau est pour ce vendredi. Sa femme, son beau-frère, ses amis, son fils qui a fêté ses cinq ans, hier, sont là. Lui aussi est allé voir la barre, d’un coup de zodiac… « S’il y a du vent
comme mercredi, seul un quart passera… Les marins de Saint-Louis nous ont dit qu’ils allaient prier pour nous ! » Le bateau est peu manoeuvrant et les déferlantes se succèdent, pouvant atteindre
les 2 mètres de haut. Mme Hoyau assure ne pas être inquiète : « Je n’ai pas le choix ! » Elle souhaite que tous passent la barre. « C’est un investissement personnel, familial et financier depuis
dix-huit mois… » Pascal Vaudé, accompagné de Fanny son épouse, assure être prêt même s’il concède ne pas avoir décroché « son brevet de passage de barre » ! Il est allé la voir. « Oulala », a été
son unique commentaire. Sa maman arrive aujourd’hui… « Je flippe mais je suis content. »Aucun commentaire pour cet article
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