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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 19:26
Ambiance sur les quais à Saint-Louis du Sénégal
A deux jours du départ de la 2e Bouvet Rames Guyane, qui relie Saint-Louis du Sénégal à Cayenne, rencontre avec les sept skippers guyanais en lice sur les 22 qui composent la flotte.
Il y a peu d’indices, à Saint-Louis, pour rappeler qu’aura lieu, dimanche, le départ de la 2e Bouvet-Rames-Guyane. Un calicot à la sortie du fameux pont Faidherbe, devant l’hôtel de l’aéropostale, un pancarte vantant le tourisme en Guyane sur la devanture du PC course, sur le quai de l’embarcadère du Bou el Mogdad. Mais tous les skippers sont plus loin, sur la pointe de Barbarie, à l’hydrobase, après le quartier des pêcheurs où stationnent en permanence une quarantaine de camions frigorifiques et où flotte une odeur tenace de poissons. Plus loin, au bout de la langue de terre qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan, l’hôtel Mermoz, véritable PC technique de la course. C’est là qu’ont pris leurs quartiers les 22 skippers et leurs accompagnateurs. La plupart des bateaux étaient encore à terre, hier. Seuls, parmi les Guyanais en course, Jean-Pierre Lacroix, Pascal Vaudé et Charles Bergère ont mis à l’eau et seul Charles Bergère s’est essayé sur l’eau. « Le vent a molli, je vais ramer vers la ville pour rester en sécurité. » De l’autre côté, c’est la fameuse barre et personne n’est trop pressé d’avoir à l’affronter… Face à 18 nœuds de vent, Charles Bergère, sans doute un des skippers les mieux préparés, maintient une vitesse de « nœuds… Une gageure, selon les connaisseurs ! Il dit que ça va pas trop mal mais que ça l’embête juste de quitter sa femme, « c’est comme un décollage ! » Alors, il a prévu sa botte secrète, des bouillons cube ! Son épouse est là, avec son beau-frère devenu son routeur. Il dit attendre pour dimanche le maire de Sinamary. A terre, Henri-Georges Hidair est à l’ouvrage. Il annonce donner des derniers coups de ponçage, installer son désalinisateur… « Tout va bien », dit-il tranquillement. L’organisation regarde un peu différemment les choses. Henri-Georges est un bon marin, mais son bateau n’est pas prêt. « Une chaîne de solidarité s’est organisée autour de lui », raconte Michel Horeau, organisateur qui s’inquiète un peu : « A 48 heures du départ, il n’a pas encore commencé à être prêt… » Il n’est pas le seul : Karl Baranco, sans doute la mascotte de cette édition.
Le cauchemar de la barre
Depuis le prologue en septembre, Karl a fini par apprendre à faire un nœud de chaise mais il y a des outils étalés sur le pont, dans l’habitacle et autour de son canot. Une dame se moque gentiment : « Il va se faire remarquer car derrière lui, il y aura des bancs de poissons bourrés au pastis ! » Karl n’en a cure, il sait qu’il y a une part d’improvisation. Il a installé un pilote automatique, leçon du prologue. « J’étais à la ramasse et j’ai perdu mes mains en une heure… » Cette fois, le bateau est prêt, mais il n’a pas encore eu l’occasion de le tester. Il le met à l’eau samedi. « Je suis l’extraverti de la flotte mais tous les kippers viennent me rasséréner. Même Jean-Jacques Gautier est venu me donner des conseils. » Six amis de Guyane, dont Fred de Guyavoile sont venus l’aider. Henri-Georges attend, entre aujourd’hui et samedi, une trentaine d’amis et membres de sa famille. Il est allé voir la barre… « Mais pour la passer, je ne sais pas si ça apprend… » Patrick Hoyau se dit « total prêt ». Il a chargé la nourriture et la mise à l’eau est pour ce vendredi. Sa femme, son beau-frère, ses amis, son fils qui a fêté ses cinq ans, hier, sont là. Lui aussi est allé voir la barre, d’un coup de zodiac… « S’il y a du vent comme mercredi, seul un quart passera… Les marins de Saint-Louis nous ont dit qu’ils allaient prier pour nous ! » Le bateau est peu manoeuvrant et les déferlantes se succèdent, pouvant atteindre les 2 mètres de haut. Mme Hoyau assure ne pas être inquiète : « Je n’ai pas le choix ! » Elle souhaite que tous passent la barre. « C’est un investissement personnel, familial et financier depuis dix-huit mois… » Pascal Vaudé, accompagné de Fanny son épouse, assure être prêt même s’il concède ne pas avoir décroché « son brevet de passage de barre » ! Il est allé la voir. « Oulala », a été son unique commentaire. Sa maman arrive aujourd’hui… « Je flippe mais je suis content. »
Les anciens
Patrick Deixonne et Jean-Pierre Lacroix était invisibles hier après-midi De Deixonne, les autres équipages parlent de lui comme un philosophe. Sans doute la claque qu’il a prise lors de la première édition. Fort en gueule, il avait tendance à se moquer des deux autres Guyanais venus le rejoindre sur cette aventure. Mais au départ, la barre l’a humilié et il est rentré à Cayenne en avion, « la queue basse », selon certains. « Il est venu avec beaucoup d’humilité, cette fois, note Michel Horeau. D’où le fait qu’on dise désormais de lui qu’il est devenu philosophe. Jean-Pierre Lacroix est le seul à avoir une traversée dans les bras ! « C’est un bon cheval, dit Michel Horeau, sec comme un coup de trique, un marathonien. » Il a appris depuis que la mer était aussi un art de vivre, « un truc mystique » qu’il a découvert. S’il n’avait pas raté la ligne d’arrivée la première fois, il ne serait sans doute pas revenu. Pour lui, il s’agit d’abord de finir une aventure entamée il y a maintenant plus de trois ans.

Echos
Un Guyanais assure la couverture pour le quotidien gratuit Métro
Il est originaire de Grand-Bourg à Marie-Galante, mais c’est à Matoury qu’il a été élevé, Laurent Falla couvre le départ de la course Bouvet Rames Guyane pour Métro, le quotidien gratuit des grandes villes de France métropolitaine.
Lacroix distrait
Jean-Pierre Lacroix qui en est à sa deuxième transat en solitaire à la rame n’a plus toute sa tête à quelques jours du départ. Il a oublié au chantier naval de Marans, près de La Rochelle, où il avait laissé son canot après le prologue en septembre, sa combinaison de survie. Il s’en est aperçu à temps et elle est arrivée jeudi avec l’avion des journalistes !
Un premier Guyanais inscrit pour l’édition 2011
Jean-François Taddéi, dentiste à Rémire, a fait le déplacement à Saint-Louis. Il est venu soutenir son ami Pascal Vaudé à qui il escompte bien racheter son bateau. Il est le premier Guyanais inscrit pour l’édition 2011 sur 12 concurrents déjà déclarés.
Galères en prévision pour la rame
La crise mondiale rend les choses difficiles pour les aventuriers et Michel Hoareau ne cache pas son inquiétude pour l’avenir. Ca sera plus dur de trouver des sponsors. Même Bouvet, l’actuel sponsor principal, risque de connaître des difficultés qui, sans remettre encore en cause la prochaine édition, la rendent plus compliquée à monter.
Un long périple pour l’AFP
E
nchaîner un Paris Dakar à bord d’un 777 et un Dakar Saint-Louis de nuit à bord d’un autobus sans climatisation, n’a pas été au goût de tous. Notre confrère de l’AFP, spécialiste des aventures humaines, en était si marri qu’il a menacé de ne rien écrire du tout sur la course. Le lendemain, la grâce de Saint-Louis, la vieille capitale endormie, l’avait réconcilié avec la rame !

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