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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 18:41
Le rapport Bolliet
Une révision de la structure des prix permettrait une baisse d’environ 4 centimes à court terme et de 8 centimes à long terme si des réformes sont engagées.

La mission Bolliet sur la formation des prix des carburants doit présenter son rapport définitif lundi matin au secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. France-Antilles se l’est procuré. Il diffère du pré-rapport par les précisions qu’il apporte à la fixation des prix et à l’analyse des surcoûts. Il rappelle en préambule le pourquoi du système actuel avec ses dérives : « Lorsque le système d’administration des prix a été mis en place, il s’agissait de répondre à une situation de monopole et à l’absence de concurrence par les prix. Or, le fonctionnement de la structure de prix a conduit à empiler, en même temps que des éléments de prix, plusieurs objectifs : le soutien à l’emploi et la réalisation de marges. L’addition de ces marges, auxquelles s’ajoutent les coûts salariaux des emplois, a conduit à ce que l’objectif initial soit en partie perdu de vue. »
Si le coût de transport du carburant entre la Martinique et la Guadeloupe est mutualisé, pour autant, la ligne de coût correspondante devrait être réduite d’un quart (0,760 €/hl au lieu de 1,02 €/hl) au regard des coûts effectivement engagés ; La mutualisation devrait être étendue à la Guyane et aux îles du sud de la Guadeloupe. Il en résulterait une baisse sensible pour le consommateur guyanais (-3,8 centimes € / litre) et, en contrepartie, une hausse légère pour le consommateur antillais (+0,17 centime €/litre).
Le coût du raffinage effectué par la SARA est plus élevé que celui d’une raffinerie européenne de taille standard. Ce surcoût a été évalué, en moyenne sur la période 2005-2008, à 19 centimes/litre environ pour le supercarburant et 11 centimes/litre pour le gazole, soit un surcoût annuel pour les consommateurs antillais et guyanais de l’ordre de 100 millions €. 
Dans ces conditions, la mission a évalué le gain que représenterait pour les consommateurs un approvisionnement direct en produits raffinés issus de mer du Nord : 15 à 17 centimes pour le supercarburant et de 7 à 9 centimes pour le gazole. Si l’activité de raffinage est conservée, le coût annuel par emploi direct de raffinage et indirect, est estimé entre 175 000 et 210 000 €.
Des marges plombées
Mais ce qui plombe encore les prix sont les marges de gros et de détail. Elles sont de 19,085 centimes par litre en Guyane, 18,652 en Guadeloupe et 15,02 à la Martinique contre 10,5 en métropole. Les marges de gros seraient ainsi surévaluées de 1 à 3,4 centimes par litre. Quant aux marges de détail (5,3 centimes par litre en Guyane, 4,4 en Martinique et 8 à la Martinique), elles s’expliquent principalement par le niveau des charges salariales, mais aussi par la rémunération des gérants de stations dont certains touchent 120 000 euros brut par an contre 20 500 pour une personne seule en métropole (ou 35 000 pour un couple). « Un équilibre doit être trouvé », indique prudemment le rapport.
Au total, une diminution des prix de détail, de l’ordre de 5 à 18 centimes selon le DOM, pourrait être réalisée à court terme. Cette diminution proviendrait essentiellement du stockage et de la marge des distributeurs.
Les rapporteurs ont aussi étudié la possibilité de transférer la compétence de l’administration aux collectivités territoriales ou à un organisme indépendant, mais ils estiment « probable que, en cas de conflit, les différents acteurs ne continuent à en appeler à l’Etat et à demander son arbitrage ». Le rapport ne propose une libéralisation des prix qu’au stade de la distribution, « sans sous-estimer les conséquences sociales ». Une généralisation du libre-service permettrait l’économie de 4,3 centimes d’euros par litre. C’est un débat qui pourrait être inscrit dans le cadre des états généraux

Changer d’approvisionnement ?
Les raffineries des Etats proches des Antilles et de la Guyane (Brésil, Venezuela, Curaçao, Surinam et Trinidad-et-Tobago) produisent des carburants qui, actuellement, ne sont pas aux normes européennes. Aux Etats-Unis, certaines raffineries produisent des carburants proches de ces normes mais divergent sur certaines spécifications (teneur en soufre et
indice de cétane par exemple pour le gazole), avec des conséquences défavorables sur les moteurs des automobiles disponibles aux Antilles.
Cependant, dans un avenir assez proche, la situation pourrait évoluer: certaines raffineries (Venezuela et Trinidad et Tobago) pourraient produire des carburants avec une teneur en soufre de 10 ppm à l’horizon 2010 ; des raffineries vénézuéliennes s’aligneraient sur les normes américaines d’ici 6 à 8 ans puis sur les normes européennes d’ici 10 ans.

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