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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 06:49

30 ° couleuraffiche-30-degre-couleur.jpg
30 ° couleur est le deuxième film de Lucien-Jean Baptiste. C’est une petite merveille qui sort à la mi-mars dans les salles.
Le synopsis
Patrick Mira (Lucien Jean-Baptiste) est un quadragénaire, historien médiatique, parisien et branché, qui a tout oublié de sa Martinique natale, y compris sa famille avec laquelle il n’entretient que de vagues relations téléphoniques via une sœur.
Apprenant que sa mère est sur le point de mourir, il part en urgence pour la Martinique, avec sa fille unique (Loreyna Colombo), et y débarque en plein carnaval.
Durant trois jours, accompagné de son ami d’enfance, l’irrésistible Zamba (Edouard Montoute), il va être emporté dans un tourbillon de folie, d’émotion, d’humour et de situations rocambolesques. Un voyage initiatique rythmé par l’ambiance et les couleurs du carnaval. Trois jours qui vont changer sa vie.
Sortie le 14 mars dans l’Hexagone


La dernière folie de Lucien Jean-Baptiste
Montoute-Larue-Jean-Baptiste.jpgAprès le succès de « La première étoile » (2 millions d’entrées), histoire en noir et blanc avec les antillais à la neige, Lucien Jean-Baptiste passe à la chaleur et à la couleur ! « Depuis le jour où ma mère m’avait annoncé qu’elle ne voulait surtout pas être enterrée en Martinique (ce qui avait été un véritable choc pour moi !), j’avais imaginé l’histoire d’un professeur antillais contraint d’aller récupérer le corps de sa mère décédée aux Antilles. » Il s’adjoint Philippe Larue qui l’a conseillé sur son premier film. « On s’est attelé à l’écriture de « 30°couleur » en nourrissant ce scénario à la fois de ma propre histoire mais aussi de ce débat sur l’exil et l’immigration. » Philippe Larue n’était jamais allé en Martinique et c’est là qu’il l’emmène pour écrire le scénario. La construction du film tourne autour des trois jours clés du carnaval : le lundi gras, le mardi gras et le mercredi des cendres. « L’idée, explique Philippe Larue, était d’être au plus près de cette culture martiniquaise pour tendre, à partir de là, vers l’universel. Et permettre que se retrouvent dans notre histoire aussi bien le Martiniquais que le Français de métropole qui a quitté Marseille ou Besançon pour Paris ! »

Arrivee-a-FdF.jpgLe casting
Avec Lucien devant et Philippe derrière la caméra, les deux hommes ont construit une histoire à partir de trois personnages principaux : Patrick (Lucien Jean-Baptiste), Zamba (Edouard Montoute) et la fille de Patrick, Alice (Loreyna Colombo déjà présente dans « La première étoile »). Patrick représente celui qui est parti, Zamba celui qui est resté et Alice celle qui ne connaît pas et va découvrir.
Zamba.jpgSi le choix de Lucien Jean-Baptiste dans le rôle de Patrick Rima était une évidence pour les deux hommes (« Will Smith était trop cher ! », s’amuse Lucien Jean-Baptiste), celui d’Edouard Montoute pour jouer Zamba l’était moins. « On l’avait dans un coin de nos têtes, mais il ne correspondait pas a priori au personnage : trop parisien, pas assez antillais… » Alors, ils lui ont expliqué qu’il y avait trois conditions : « Prendre 20 kilos, partir en immersion aux Antilles, non pas pour avoir un accent parfait, car c’est impossible en aussi peu de temps, mais pour comprendre la culture et… ne pas nous casser les couilles ! (rires) » Il a répondu : « Les 20 kilos, je vais les prendre. Les Antilles, j’y cours. Et je ne veux jamais entendre la troisième condition ! »
Le reste du casting, ils l’ont fait en Martinique où ils ont déniché entre autres José Dalmat qui incarne le beau-frère intello de Patrick, celui qui essaie à tout prix de communiquer avec lui et qui se prend des vestes à chaque fois.
Le carnaval en 35 mm
Lucien-JP-En-carnaval.jpgPour avoir de la belle image (et le film en abonde !), ils ont utilisé de la pellicule 35 mm. « C’est une organisation militaire et romaine », résume Philippe Larue pour évoquer le tournage des scènes de carnaval en plein Fort-de-France. Ils ont rencontré les gens de la Mission carnaval à Fort-de-France, les différentes associations… « On a même fait une conférence de presse avec elles pour expliquer en amont ce qu’on souhaitait faire. Ce travail d’imprégnation et d’implication locale a permis que les gens ne soient pas surpris de voir débouler une équipe de cinéma au milieu de cette fête. » Il y a eu les scènes volées, façon documentaire, celles où ils ont tourné des choses précises au coeur de ce carnaval, « essentiellement les moments en plans larges pour être le plus possible en immersion », précise Philippe Larue. Carnaval.jpgEt celles qu’ils ont reconstituées faute de temps. « On n’avait vraiment, concrètement, que deux heures pour tout mettre en boîte », se rappelle Lucien. Philippe Larue s’est appuyé sur un principe qu’il avait expérimenté avec le film Karnaval : « Pour tourner une scène, raconte Lucien, on fait pénétrer tous ensemble les acteurs principaux entourés de 50 figurants au coeur du carnaval qui défile et l’on fait ressortir tout ce petit monde, toujours groupé. On connaissait Charlie qui avait l’un des plus gros chars de la manifestation. On lui a demandé d’être à un endroit précis à 17 heures. Il est arrivé pile à l’heure et a pu s’arrêter 10 minutes pendant lesquelles on a tourné tous les plans larges avec 50 000 figurants ! » Mettez là-dessus un peu de Tchaïkovski et de Iggy Pop et le film est dans le sac !
FXG (agence de presse GHM)


Edouard Montoute dans le rôle de Zamba
Zamba-portrait.jpg« Rentrer pour la première fois dans le costume de carnaval de Zamba fut un moment vraiment galvanisant. Mais il faut aussi s’y habituer car ce costume de carnaval n’a évidemment rien de seyant. Mon travail consiste à incorporer ces difficultés-là. Et à ne pas oublier que Zamba n’a pas plus que moi l’habitude d’être habillé ainsi ou d’être chaussé de talons hauts. Cela ne lui arrive que trois jours par an, lors du carnaval. Donc sa démarche n’a pas à être souple. Je ne me suis jamais autant senti Zamba que dans ces moments-là. Ces scènes étaient de vrais cadeaux. Je me suis même permis de boire un petit peu d’alcool pour être totalement dans la folie de ces instants-là, d’autant plus que je suis assez agoraphobe. D’ailleurs, à un moment, ils m’ont perdu ! Car le carnaval, c’est en fait tout un fleuve de gens, de chair, de bras. On a fait beaucoup de plans volés où la caméra me suit et, à certains moments, je n’entendais pas le « Coupez ! » et je continuais ma route. Porté par la marée humaine, je me retrouvais très loin de l’équipe et incapable de les repérer d’un coup d’oeil pour les rejoindre au plus vite, car ils étaient tous habillés en rouge pour ne pas se faire remarquer à l’écran ! »


Ils ont dit
Kareen Guiock, journaliste à M6
Kareen-Guiock.jpg« On est dans des effets kiss cool qui ne s’arrêtent jamais. J’ai adoré La première étoile donc je suis allée voir 30° couleur en étant extrêmement confiante et quand le film a démarré, j’ai eu très peur qu’on soit sur des clichés un peu habituels sur l’Antillais déraciné qui regarde les Antilles avec des yeux d’étranger et, au fur et à mesure, j’ai compris qu’on entrait dans un univers et qu’on n’était pas dans le jugement. Quelque chose de très vrai m’a beaucoup touché : souvent dans l’exil, avec les histoires de famille dont on a du mal à se remettre, les secrets qu’on ne connaît pas, on ne mesure pas à quel point chacun, dans le pays, a participé à ton succès à toi, là bas… C’est ce qui rend son film aussi très touchant. »
Emmanuel-chain.jpgEmmanuel Chain, producteur Elephant et compagnie
« C’est plein d’énergie, de charme, de drôlerie et d’émotion. J’ai été touché, ému. On n’est pas dans un cliché, mais dans quelque chose d’hyper authentique et sincère. Ca m’a donné envie d’aller aux Antilles. »

France-zobda.jpgFrance Zobda, productrice
« C’est un film profond avec beaucoup de sincérité. Il m’a beaucoup remué. On reconnaît Lucien Jean-Baptiste dans ce qu’il a à dire et là, il s’est éloigné de certains clichés pour parler d’une Martinique profonde. »

Daniel-maximin.jpgDaniel Maximin, commissaire général de l’année des outre-mer français
« Lucien Jean-Baptiste a démontré l’humanité qu’il y a derrière les faux problèmes et les fausses assignations. A travers une histoire individuelle, on découvre le pays profond. Mourir pendant le carnaval… Comment la mort et la vie se mélangent ? C’est aussi fort qu’Orpheo negro, un grand mystique universel traité dans la soirée du carnaval. C’est du cinéma ! »

Véronique Kanor, auteur, réalisatrice
« Lucien Jean-Baptiste confirme son talent de réalisateur et d’acteur. »Lucien-Jean-Baptiste-vero-Kanor-Philippe-larue.jpgLucien Jean-Baptiste, Véronique Kanor et Philippe Larue

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commentaires

thierry 12/03/2012 20:45


Monk qui ? () c'est une série que je regardais.

birahima2 12/03/2012 20:06


l'acteur en question, il a eu un rôle dans Monk.


Tu lui ressembles un peu à Monk, Thierry, je trouve.

thierry 12/03/2012 08:00


Ces personnalités ne peuvent "descendre" leur confrère, Lucien Jean-Baptiste, mais la réaction d'Emmanuel Chain (patron de Roselmack) qui dit avoir envie d'aller aux Antilles d'après ce film,
risque de déchanter une fois sur les lieux. En même temps à part le prisme du Carnaval (et quelques autres clichés) il est difficile de trouver un argumentaire pour imager les Antilles. Le
prétexte du carnaval permet de donner une image "fausse" qu'on aimerait avoir de la majorité des Antillais.

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