Partager l'article ! 10 mai: Commémoration de l'abolition à Paris dans une relative indifférence Avec une cérémonie officielle à Bordeaux, le 10 mai n’a p ...
A part à Bordeaux, malgré l'absence du chef de
l'Etat en déplacement en Allemagne, la journée commémorative nationale de l'abolition de l'esclavage n'a pas eu de fort retentissement dans la capitale française. Deux rendez-vous étaient
proposés aux Parisiens. Un premier rassemblement a réuni un petit millier de personnes venues marcher comme chaque année entre la place de la République et celle de la Nation à l'appel des «
Africains et descendants d'Africains ». On y a retrouvé Joby Valente, du Comité des Africains et fils d'africains déportés, des associations d’Africains, quelques Indigènes de la République, des
militants du PCF et encore le groupe carnavalesque antillais Myo. Les manifestants demandaient « justice et réparations contre 551 ans de razzia, pillage, déportation, génocide... »
A la même heure, mais place du général Catroux, là où trône désormais une sculpture de fers brisés en hommage au général Dumas, la mairie de Paris avait invité la population
à venir se recueillir. Une cinquantaine de personnes sont venues déposer une fleur au pied de Claude Ribbe, initiateur de l'événement, avant une minute de silence.
Pourtant un
rassemblement d’ultra-marins dans un lieu de culture, pour un autre événement, a su attirer foule : l'hommage aux "Femmes de la liberté" organisé à la grande halle de la Villette, dans le cadre
de l'exposition Kreyol Factory, en partenariat avec la radio France-Culture. Ici, beaucoup de monde pour écouter des lectures, voir ou revoir l’exposition visible jusqu’en juillet. Même
Christiane Taubira qui s'était rendue à Bordeaux le matin même, est revenue à temps pour écouter Léonie Simaga de la Comédie Française et Jacques Martial dans « un dialogue d'amour et de création
» sur des textes d'Aimé et Suzanne Césaire.
La présence de Maryse Condé, Euzahn Palcy, Audrey Pulvar, Michèle Césaire, Simone
Schwarz-Bart, Fabienne Kanor, Gisèle Pineau, Daniel Maximin, Laënnec Hurban, Alain Foix ou le sociologue Michel Giraud, les hommages à Jenny Alpha ou Gerty Dambury ont réussi à reléguer à
l'arrière-plan la journée commémorative dans sa formalité mémorielle pour mettre en avant une réalité culturelle.
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