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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 23:44
Doc Gynéco fait un retour à la scène… théâtrale. Il interprète le rôle de François, marié à une dentiste sexy dans « Le siècle sera féminin ou ne sera pas », une comédie de boulevard très amusante, à voir au théâtre du Gymnase à Paris jusqu’à la fin de l’année. Après la représentation, le Mornalien Bruno Beausire dit Doc Gynéco, évoque théâtre, la musique, la loi Hadopi, les Antilles et ses relations avec le président de la République.
« Que Domota arrête de rêver, on n’et pas une colonie »
On vous connaissait chanteur et on vous découvre au théâtre, sur les grands boulevards à Paris,  avec Charlotte Valandrey, Vincent Moscato… à faire hurler de rire le public. Est-ce un tournant artistique dans votre carrière ?
L’humour a toujours fait partie dans ma carrière de ce que je suis aussi dans la vie privée. C’est important pour moi de faire savoir que j’aime l’humour. J’aime rire et j’aime aussi…
Comment ça a commencé le théâtre ?
Le metteur en scène, Dominique Coubes, est un ami de longue date et il m’a proposé de faire un film. Il a pris du recul et du temps pour s’orienter vers le théâtre — il est directeur de ce théâtre maintenant. C’est un beau challenge qui m’a été proposé. Au début, j’ai eu quelques doutes parce que je n’avais jamais mis les pieds sur des planches. Il m’a filé un peu de pognon pour prendre des cours. Il pensait que je ne reviendrais pas et je suis revenu avec le scénario appris en un temps record. Ca m’a fait plaisir de montrer aux comédiens de métier qu’un chanteur pouvait aussi le faire.
Il y a des facettes du vrai Doc dans le personnage de la pièce : le sexe, la rigolade, la nonchalanche et en plus vous partagez la loge de Fabienne Barbier qui joue la présidente de la République… C'est un gaga ! La politique vous rattraperait-elle même au théâtre ?
La politique est depuis Bill Clinton devenue un milieu de pouvoir, de séparation entre les races, les classes sociales et aussi entre les hommes et les femmes depuis que la Ségolène s’est présentée… Je crois à la personne, à l’individu plus qu’à des idées arrêtées sur la couleur, le sexe, la nationalité — Nicolas Sarkozy est Hongrois — ou les choses un peu bateau qui régissent le monde.
Et donc ?
Donc moi, à la frontière du sexe et du pouvoir ? Oui.
Musicalement, vous en êtes où ?   
J’essaie de rechanter des choses parce qu’il n’y a que la musique qui soit un excellent remède aux maux. J’aime les écrire, les mots, dans tous les sens. J’espère qu’ils seront des balles… En tout cas, les miens, lors de mon prochain single ou album, je les veux acérés. J’aime les mots qui atteignent leur cible. Et voilà ! Il ne faut non plus se vexer pour rien…
Qu’est-ce qui vous retient ?
Ca veut dire que la loi HADOPI est nécessaire et indispensable à la survie d’une discipline qu’est la chanson. Rien n’est gratuit dans la vie, la musique non plus malheureusement. Ce n’est pas de notre faute, c’est un business ! Je suis contre cette idée, mais les choses sont comme ça.
Y a-t-il un single ou un album à venir ?
Oui, maintenant que cette loi est votée oui. Je ne voyais pas l’intérêt de sortir un album si je ne pouvais pas faire manger mon attaché de presse, les gens qui bossent avec moi, mes musicos… Je n’avais rien à leur offrir. Rien, tant que cette loi n’était pas votée. Maintenant faut pas que ça interfère avec la pièce, j’ai mon studio et ça arrivera dès que la pièce sera sur de bons rails, que l’Orient express sera en route. J’arriverai forcément avec de la musique, un moment, et des beaux clips réalisés par des gens du métier…
Et les Antilles ?
Vwey ! Mwen la, Gyneco bien la !  pani pwobleme… J’y retourne en pensée, en vie ! Ma vie, c’est aussi ça, ma culture west indies, la Caraïbe ! Il faut rendre à César ce qui lui appartient. Je ne suis pas slave, pas du moyen-Orient, je suis Antillais. Bien sûr que j’y retourne et que j’y retournerais, à vie ! On a le caveau familial au cimetière de Morne-à-l’Eau !
Que pensez-vous du mouvement de protestation qui a soulevé les Antilles en début d’année ?
J’attendais d’en savoir plus sur Domota, parce que quand un leader se révèle, selon la manière dont il s’est révélé, on peut avoir à faire à un Gandhi, voire un Nelson Mandela, et j’attends encore…. Je suis impatient de savoir s’il est orienté politiquement, s’il est un élu du peuple sans vote, s’il est là par la voie du saint Esprit ou si c’est encore quelqu’un qui est manipulé. J’attends de voir s’il a une idéologie ou s’il est naturellement arrivé là où il en est ?
Avez-vous eu l’occasion de parler de cette crise avec le président ?
J’en ai parlé avec Yves Jégo qui a réussi, je ne sais pas comment, à faire face à cette crise. Quand on connaît le caractère des Antillais… Qu’il ait réussi à leur faire signer quelques accords, c’est quand même pas mal pour un ministre de droite d’y être arrivé ! Mai j’ai un léger soupçon sur M. Domota… Je le soupçonne d’être un peu marxiste-léniniste…
Indépendantiste, peut-être ?
Aïe aïe aïe ! Je n’ai pas osé le dire.
Il y a peu, vous étiez avec Yves Jéo pour une opératon de relance du tourisme aux Antilles. C’est un engagement ?
La question des Antilles est devenue quelque chose de crucial. Il y a un intérêt médiatique, certes. Comment une culture aussi grande et belle que peuvent nous offrir nos départements d’outre-mer, vienne au premier plan de cette manière là… et que ça puisse aboutir à la paix, à un métissage culturel entre les France et les Antilles, il était temps ! Avant tout, que les Français sachent que leur pays va au-delà de la carte de la France et qu’il y a de petits départements qui leur appartiennent et auxquels ils appartienent aussi les uns et les autres.
Vous intéressez-vous aux états généraux de l’outre-mer ?
J’ai regardé d’abord avec un recul antillais, un peu « vwey bon ! Laissons couler… », mais vu de France, j’ai quand même senti le petit truc sérieux. On ne pose pas des bombes ! On n’est pas corses, algériens… On n’est pas une colonie. C’est pas une idée… Que Domota arrête de rêver, on n’est pas une colonie ! Les Antilles ne sont pas une colonie, elles sont vraiment attaché à la France. Les Antillais sont Français à part entière ! Il faudrait surtout que les Français se rendent compte que les Antilles sont des départements comme tous les départements, avec un décalage de temps et géographique que peuvent ressentir nos amis alsaciens, un décalage culturel aussi… C’est vrai qu’on n’a pas besoin de chasse-neige. (rires)
Ressentez-vous le poids de la différence en métropole ?
Pas du tout. Je ne crois pas au racisme parce que l’histoire de la France l’a prouvé. Je ne mélange pas les guerres politiques qu(il y a eu au Vietnam en Algérie avec l’idée qu’il y a eu une espèce d’abandon d’un enfant dont on n’a pas pris soin, un super bel enfant ! C’est notre enfant, il est à nous, c’est la Caraïbe ! Mais, il ne nous vient pas tout de suite à l’esprit. Quand vous êtes à Paris ou à Marseille, je comprends que dans sa tête, on ne pense pas tout de suite aux Antilles… Un oubli des métropolitains qui est regrettable... Ils ont oublié de super grandes personnalités, de super grands événements. Les Français ont la mémoire, parfois, qui flanche.
Entretenez-vous toujours de bonnes relations avec le président de la République ?
Oui… J’ai de très bonnes relations avec Nicolas. C’est un ami et dans dix ans quand il arrête la politique, j’arrête aussi.
La politique ou la chanson ?
La politique.
De quoi parlez-vous ?
On parle en pote et on ne parle pas du tout de politique. Je suis pour lui un soutien artistique.

Fabienne Barbier (comédienne)
« Quelqu’un de très animal »
« Quand on a partagé les loges, tout le monde s’est retrouvé dans une loge, sauf Doc et moi j’étais seule dans ma loge. Je descends les escaliers et je croise Doc qui se change en coulisse. Je lui ai proposé de partager ma loge et comme je joue la présidente, il partage la loge présidentielle ! J’ai amené un poste cassette et il me fait écouter beaucoup de hip hop et du reggae. C’est quelqu’un qui a du talent pour amener le public à lui, alors que nous acteurs, on force parfois le jeu pour amener le public à nous. Le public vient très facilement vers lui, c’est quelqu’un de très animal. »

La pièce
Le siècle sera féminin ou ne sera pas
écrit et mise en scène par Dominique Coubes et Nathalie Verne. A 20 heures du mardi au samedi et en matinée le week-end à 16 h 30. Au théâtre du Gymnase Marie Bell, 38 bd Bonne Nouvelle, Paris 10e.
En 2022, le président de la République est une femme (Fabienne Barbier, avec Doc sur la photo). Son chef de cabinet (Sylvain Clama) lui raconte la campagne présidentielle opposant pour la première fois au second tour, un homme et une femme, vécue par les habitants de son immeuble, quand il était ado (Solal Forte). Il y a ses parents (son père, prolo de droite, est joué par le rugbyman Vincent Moscato, sa mère (Isabelle Ferron) est la bonne des proprios, un couple de bobos parisiens (Charlotte Valandrey et Philippe Lellouche). Un couple de banquiers (Maxime et Lucie Jeanne), un homme au foyer (Doc) et sa femme dentiste, les Croisé, une jeune artiste au chômage et délurée (Ingrid Mareski), et une vielle femme indigne (Colette Teissedre) sont les autres occupants de l'immeuble. L’entre-deux tours de ce duel opposant un homme politique de droite à Marie-Sologne, devient une parenthèse cocasse où intimité et choix politique se mêlent et se heurtent dans une guerre des sexes sans merci. Tous les ressorts du boulevard sont activés, tendus… Cascade de rire assurée !


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