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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 08:16
L’Outre-mer aux FrancofoliesOlivia Ruiz, Julien Doré étaient les têtes d’affiche, mais dès 18 heures, 12 000 personnes se pressaient déjà devant la grande scène des Francofolies, à la Rochelle, samedi 11 juillet. Programmés en 1re partie, les lauréats du télé-crochet de RFO, 9 semaines et un jour ont pu partager avec le public hexagonal leurs musiques. 9 chanteurs, neuf territoires, neuf styles ! « C’est une super année, témoigne Dominique Fillon, le chef d’orchestre et clavier du groupe qui les accompagne depuis 5 ans pour ces fameuses Dom Tom folies. Ils ont beaucoup de professionnalisme et musicalement, je me régale. » Le public aussi ! Premiers à monter sur scène, les Mahorais de Bo Houss ont surpris la foule avec un rap énergique, Masterehi (bien-être en mahorais). Kimy, la Martiniquaise a pris le relais avec un reggae soul, en français, une ode aux femmes ! La jeune chanteuse a dû prendre le relais, au dernier moment, de Victor O, victime d’un malaise cardiaque quelques jours avant… Puis, Raimana, le Polynésien, est venu chanter une ballade très jazzy et au son très tahitien, presque hawaïen. Atelemo, le Wallisien, chant et costume traditionnels a enchaîné avant Oriane et Jean-Guy, du groupe Comme un accord de Saint-Pierre et Miquelon, très rock, façon Téléphone. Le Kanak de Maré, Félix Jone, a chanté Wa Namanashen, une ballade folk aux accents de Joan Baez, ambiance Woodstock ! Puis, ça a été Ruthy, une grande voix guyanaise, issue du gospel ! Enorme impact dans le public. Tout comme Erik, le Guadeloupéen, espore FNAC 2009 ! « De la tuerie, » dit de lui Dominique Fillon qui voit en lui une des merveilles des 5 ans de Dom Tom folies… Dernier à passer, le Réunionnais JF Gang qui a osé faire glisser son maloya en un zouk puissant pour un final avec le retour sur scène des neuf lauréats. Une heure de concert, un peu court à leur goût, mais inoubliable avec un public réceptif et très réactif. Comme pour le concert de l’an passé, la SACEM éditera d’ici la fin de l’année une « Anthologie des musiques actuelles d’outre-mer volume 2, Dom Tom folies 2009, live aux Francofolies ».

Interviewes sortie de scène
Bo Houss et Amex (Mayotte)
Ca vous fait quoi d’avoir joué devant tant de monde ?
Bo Houss : Mortel ! C’était formidable, déchaîné, énergique. C’est vraiment différent de ce qu’on peut voir, chacun, dans sa petite île ! Là, c’est une grande expérience.
Amex : On voit que le public est venu là pour s’amuser. Ils nous ont bien accueillis ! C’est touchant parce que c’est la première fois qu’on a une scène de cette envergure et c’est bon !
Vous avez mis le feu avec ce morceau de rap. De quoi parlez-vous ?
Bo Houss : Ca parle du bien-être… J’essaie de retranscrire mon bien-être personnel comme quand je suis à la plage avec ma famille. Là, on dit « Masterehi » !
A quoi rêvez-vous après un tel concert ?
Bo Houss : Pourvu que ça dure ! Ca encourage à se perfectionner.
Vous avez des projets derrière ?
Bo Houss : On a un album qui est prévu fin août à Mayotte et on pense septembre pour la France et la Réunion. On espère qu’il y a des gens qui vont nous suivre pour nous permettre de continuer et d’aller le plus loin possible !

Kimy (Martinique)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?

Le kif total ! Je n’ai jamais fait ça avec autant de personnes. Les gens ont répété tout de suite le refrain ! Maintenant, j’aimerais recommencer tous les jours si je peux !
Vous avez des projets ?
J’ai un album en préparation qui est pratiquement fini et que j’ai appelé : Entre Ici Et Là-Bas, entre la Martinique et la France… Tout ce que j’ai fait pour en arriver là.
Quel est votre parcours ?
J’ai vécu en France, en Guadeloupe puisque mes parents viennent de la Guadeloupe et de la Martinique. J’ai vécu également en Angleterre pendant quatre ans, un peu à New York…
Vous y faisiez quoi ? Vous avez un métier en dehors de la musique ?
Non, mon métier, c’est ça ! Cette scène des Francofolies, je la prends comme une bénédiction. Demain, je peux chanter devant dix personnes, ça sera la même chose. Je le prends dans cet esprit-là. Je n’ai pas d’attente malheureuse. Si demain, je suis signée, c’est bien ! De toute façon, mon album je le sors, à la fin de l’année au début de la prochaine !
Qu’allez-vous faire après ça ?
Il y a la scène parisienne du cabaret sauvage, le 17 juillet, puis je vais aller un peu à Londres pour me ressourcer puisque c’est là-bas que je tire l’essence de tout ce que je fais… Et si je peux aller demain en Martinique, j’irai.
Avez-vous eu une pensée pour Victor O qui aurait dû se produire à votre place ?
Bien sûr ! J’ai dû reprendre le flambeau et je l’ai fait ! C’est très impressionnant… Dès que tu touches la scène, tout s’en va, le trac et tout ça… Le sourire des gens, c’est magnifique !

Raimana (Polynésie)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?

C’est la première fois… Je ne sais pas quoi dire… C’est incroyable ! J’ai senti un truc fort avec le public. J’entendais des gens m’appeler… C’est très touchant. Ca m’a donné beaucoup de force. J’avais une petite appréhension, savoir s’ils comprendraient un peu l’esprit, mais la musique fait tout passer. On amène cet esprit culturel qu’on a chez nous et après, ils le reçoivent comme ils le veulent. Et la plupart l’ont reçu avec beaucoup de joie. Je l’ai ressenti à La Rochelle.
Que leur avez-vous chanté ?
Une vieille chanson tahitienne qui s’intitule Arhiri qui veut dire si seulement. C’est le discours d’un Tahitien qui est émerveillé par ce qui l’entoure, sa culture, la danse et les paysages. Il aimerait partager ça avec d’autres personnes. Donc, il dit si seulement je pouvais voyager pour partager ça…
C’est ce que vous avez fait !
C’est ce que j’ai fait sans le savoir.
C’est un son très jazzy…
C’est du jazz avec une connotation culturelle de Polynésie. Ce ne sera jamais vraiment du jazz, mais ça sera toujours pour la culture que je ferai cette musique-là, montrer un peu ce qu’on a chez nous !
A quoi rêvez-vous maintenant ?
Je rêve d’y rester… J’ai en projet de sortir un album avec mon groupe Manaiki, peut-être après les vacances d’été, mais j’aimerai bien essayer de continuer à chanter ici, en France, mais aussi dans toute l’Océanie. Ce serait bien qu’il y ait un festival de ce type-là en Océanie.

Atelemo (Wallis et Futuna)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?
Ca fait plaisir… C’est 24 heures de vol pour arriver à une grande scène comme celle-ci… Je remercie Dieu et tous ceux qui m’ont soutenu. Ici, c’est pas le pays, mais la musique fait voyager ! Et ma famile et tout Wallis étaient là avec moi.


Comme un accord (Saint-Pierre et Miquelon)
C’était comment de jouer devant le double de la population de votre île ?
Oriane : C’était énorme !
Jean-Guy : Le public est génial !
Oriane : Ils ont tout compris…
Jean-Guy : Et on est content du résultat de la chanson avec les musiciens
Que leur avez-vous chanté ?
Oriane : Qui a dit ça ? C’est un constat de l’évolution de la société.
Jean-Guy : La surconsommation… La chanson se résume au refrain : à quoi bon vouloir tout prendre si c’est pour ne rien emporter…
A quoi rêvez-vous après ça ?
Oriane : A continuer…
Jean-Guy : Ce n’est qu’un début. Après on va redescendre sur terre et jouer dans des salles devant 10, 20 ou 30 personnes…
Oriane : On rentre à Saint-Pierre, reprendre notre boulot, notre petite vie normale mais continuer la musique !
Jean-Guy : A partir du mois de septembre, on prend une année sabbatique et on va voyager !

Félix Jone (Nouvelle-Calédonie)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?
C’est normal pour moi… (rires) Il n’y a pas de stress. J’ai bien aimé le public. Ils sont dans l’ambiance ! Il y a eu des candidats avant moi et ils l’ont chauffé ce public ! Les gens sont aussi venus pour découvrir les musiques du reste de la France. Je suis content d’avoir joué ce morceau au-delà des frontières de la Calédonie.
Que leur avez-vous chanté ?
Wa Namanashan… Je l’ai écrite pour un petit frère qui nous a quitté il y a trois ans. C’est en sa mémoire et c’est bien parce que maintenant, il n’y aura pas que sa famille qui le connaît maintenant ! Il y a des gens maintenant qui pourront dire dans quinze ans : je me souviens d’un homme qui a chanté un morceau pour son petit frère. C’est là où je veux mettre le doigt.
A quoi rêvez-vous après ça ?
A d’autres scènes aussi grosses que celle-là ! J’ai des album en préparation et j’espère assez rapidement sortir le premier. Il faut vraiment que je me bouge dans ce sens ! Tout est à mettre en place. Pour moi, la musique, je n’étais pas à 100 % dessus, je suis contremaître mécanicien à la SLN dans le Nord… Mais je reste serein.

Ruthy (Guyane)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?

Ils étaient attentifs, très ! C’est ce que j’ai ressenti.
Que leur avez-vous chanté ?
Je leur ai dit tout ce que je retiens de ce qu’est une rencontre… Le fait de se retrouver ensemble, de se ressembler, de se quitter en pensant aux retrouvailles. Au final, le plus important lorsqu’on est éloigné, c’est de mettre le doigt sur l’essentiel et de faire ce qu’il faut pour qu’au quotidien, on mange à sa faim ! On connaît tous les vicissitudes de la vie mais c’est le passage sur terre qui compte. Mais il ne faut pas s’alourdir l’un l’autre. Il faut respecter la légèreté, la dynamique de l’autre.
A quoi rêvez-vous après cela ?
Encore ! Il faut faire mieux après, pour se sentir plus à l’aise. Là, c’était un baptême… J’étais un peu tendue, pas dégourdie… Mais le rêve, ç’aurait été que je sois sur cette scène avec tous mes potes, ceux avec qui j’ai un quotidien dans la musique.
Vos projets ?
Pour le moment, on continue de travailler. On a toujours notre studio home… On pourra me voir en Guyane sur scène ! Peut-être d’ici la fin du mois d’août, à Cayenne, sue la place des Palmistes. Ce n’est pas encore confirmé, mais c’est possible !
Et un album ?
L’industrie du disque, ça vaut ce que ça vaut… Pour moi, ce n’est pas un absolu. L’essentiel c’est d’avoir la liberté de chanter.




Erik (Guadeloupe)
Alors, ces 12 000 personnes devant vous ?
C’était assez impressionnant… Du coup, on ne sait pas où donner de la tête.
(Silence…) J’ai trouvé ça sympa. Je me suis dit que c’était une grande chance pour moi, une occasion de pouvoir expérimenter l’impact de notre musique sur un large public qui ne connaît pas cette musique. J’ai aimé être là, devant 12 000 personnes. J’aimerais être là encore devant toutes ces personnes. J’aimerai aire aimer notre musique et notre langue au plus grand nombre ! Je suis dans la démarche de l’ouverture. Mais on ressent une sorte de frustration que d’être une première partie des DOM… Il y a ce côté : on vous donne l’opportunité d’exister une heure, mais pas plus. Mais je salue le travail de Marijosée Alie sans qui ça n’existerait pas. C’est une femme magnifique ! Ca passe par là pour faire accepter aux gens qu’il y a plusieurs France, ce côté défilé des DOM TOM.
Que leur avez-vous chanté ?
Chayé Kow me parle particulièrement. J’y exprime une grande tristesse et en fait, je voulais rompre avec une certaine Guadeloupe. C’est l’esprit Kaskod (hommage à Dominik Coco) et l’esprit kako (grand hommage à Exxos). Prendre le risque de défendre un morceau qui ne ressemble à aucun autre que ce que la France a pu déjà entendre de nous, c’est faire confiance aux gens, à leur capacité de comprendre et à leur approche humaine de la musique. Je fais confiance à la personne qui ne comprend pas le créole et qui se pose devant toi et qui arrive à comprendre l’intention de la chanson, de ton art, de là où tu veux en venir. Ca ça passe par une rupture totale d’une certaine musique antillaise et c’est ce par quoi, je veux passer.
Un tel concert est-il en mesure de vous donner des ailes ?
Je viens de voir Anaïs, une artiste française, folk qui a fait beaucoup de unplugged, de concerts acoustiques. Elle a commencé avec des textes un peu subversifs où elle disait qu’elle ne sortait qu’avec des blacks, des morceaux qui auraient pu ne pas plaire à une certaine France et là, je la vois avec un groupe entier en train de chanter ses chansons qu’elle jouait il y a quelques temps dans des caves… Je me dis qu’il y a énormément d’espoir dans le fait de croire à ce qu’on fait. Je me suis vu incarner son rôle et être là avec mon équipe en face du public des Francofolies et partager ce que je fais sans la crainte que les gens ne comprennent pas, sans la peur d’être jugé. Et si on ne veux pas qu’on nous juge, il faut arrêter de se caricaturer soi-même.

JF Gang (Réunion)
C’était comment de jouer devant tout ce public ?
Je trouve ça super beau malgré cette barrière de la langue. Mais quand même, ils ont capté assez vite. Je pense que c’est un peu plus tard que je vais comprendre que j’ai joué devant 12000 personnes.
Que leur avez-vous chanté ?
Roots ! Si tu aimes la Réunion, jette la main en l’air ! Je suis aujourd’hui, j’ouvre une autre page dans ma vie, je fais de la musique. Si vous avez envie, partagez-la avec moi et si tu aimes mon pays, jette la main en l’air !
Avant le concert, vous avez rencontré Laurent Voulzy et Davy Sicart. Vous étiez très ému, pourquoi ?
Je ne savais pas que c’était Laurent Voulzy qui m’avait choisi. Qu’est-ce que c’est beau ! C’est vraiment terrible d’être un petit artiste et de savoir que Laurent Voulzy, dont je suis fan, te dit de venir chanter aux Francofolies… Davy est un grand frère ! C’est le Réunionnais qui défend le plus merveilleusement qui soit notre musique. Il l’emmène avec lui, la chante en réunionnais, donne bien les termes et il sait parler au public métropolitain. Donc, les gens comprennent son maloya. Nous ls petits qui arrivons derrière, on va essayer d’en faire autant.
A quoi rêvez-vous après ça ?
Je vais d’abord prendre le temps de le réaliser parce que j’ai l’impression d’avoir rêver… Après, je vais essayer de le faire mais en français.
Vos projets ?
Terminer mon album que je prépare en studio. Ce sera un album plus ouvert. Il y a déjà Roots, dont je voudrais imaginer une deuxième session en français. C’est un Roots partie 2 et j’espère le sortir à la fin de l’année, sinon fin avril.
Quand vous verra-t-on à la Réunion ?
Je serai le 31 à la Petite Ile aux Fangourins.

En imagesLa conférence de presse avec Raimana, Bruno Boutleux de l'ADAM, Laurent Voulzy, Marijosé Alie, Elisabeth Anaïs, Lilian Goldstein de la SACEM, Gérard Pont, directeur artistique des Francos, Kimy et Bo Houss.Davy Sicart et JF Gang, dans les loges de la scène de Saint-Jean d'Acre.Erik et Erika, le chanteur de Gwada et sa choriste et manager.Julien Doré dans les backstages, à droite, tient un truc caché dans sa main... Le soir, il interprètera un assez bon Russian roulette.Les zikos qui accompagnent les stars d'outre-mer : Yann Négrit (guitare), David Fall (batterie), Hen,ri Dorina (basse)...  Manquent Dminique Fillon (clavier), Bago (percus) et les choristes Corine Thuy-Thy et Gisela Razanajatavo.Olivia Ruiz en séquence interview.La Guyanaise Ruthy et la Martiniquaise Kimy dans les backstages avant le concert.Atelemo et Henri Dorina sur la scène de Saint-Jean d'Acre.Dominique Fillon, Marijosé Alie et JF Gang.Félix Jone, le kanak, et le blogger évoquent la mémoire de Nouma Treulu, un autre Kanak...Atelemo, le Wallisien, et Yves Garnier, directeur général de RFO.



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commentaires

Scwartznegger 19/07/2009 11:50

qu'est ce qu'il tient dans la main julien Doré?? sa bite??

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