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Publié par fxg

Les Antilles photographiées par Denise Colomb

Une exposition à l’hôtel de Sully à Paris présente les deux reportages ethnographiques de Denis Colomb aux Antilles en 1948 et 1958. A voir jusqu’au 27 décembre.

Denise Colomb est une photographe morte centenaire en 2004. Son travail est connu avant tout parce qu’elle a photographié Nicolas de Stael et Antonin Artaud peu de temps avant leur suicide. Mais peu de monde connaît le travail qu’elle a effectué aux Antilles en 1948 et 1958. La première fois, c’est Aimé Césaire lui-même qui l’a recommandée à Michel Leiris qui s’apprêtait à aller à la pêche au matériau pour son livre Contact de civilisation en Martinique et en Guadeloupe qui paraîtra chez Gallimard en 1955. Mais en fait Leiris rejettera cette femme qu’il juge trop débutante et dont les photos pourraient faire de l’ombre à ses écrits… Qu’importe, elle en ramènera une série de plusieurs milliers de clichés. Dix ans plus tard, elle y revient, cette fois, à la demande la Compagnie générale transatlantique. Elle en rapportera des kodachromes. C’est ce travail qu’a choisi de mettre en valeur Noël Bourier, commissaire de l’exposition. « Nous lui avions consacré une rétrospective qui faisait la part belle au Paris des années 1950, à ses portraits d’artistes, à ses reportages en Indochine, Norvège, Espagne, Antilles… Les Antilles ont été sous-traitées et nous avons voulu rétablir cet oubli en collectant ses récits et ses photos couleur. » Aimé Césaire utilisera le premier le travail de Denise Colomb pour illustrer un article au titre évocateur, « Martinique, de la légende à la réalité » publié en 1950 par la revue Regard où il dénonce, au lendemain de la départementalisation, « l’oligarchie de dix familles », « une administration plus raciste que jamais », bref « le paradis absurdement raté »… Pourtant, le reportage de Denis Colomb n’est pas engagé, elle se situe dans l’esthétique humaniste. « Elle n’a pas de vision idéalisée mais elle réagit par rapport à l’influence de l’économie dans le paysage, explique Noël Bourrier. André Breton aimait dans les Antilles le retour à l’Eden primitif… Là, les paysages (bananeraies, de cannes à sucre, lessive à la rivière) montrent cette nature exubérante aussi mais illustrent une économie coloniale avec sa dépendance économique, l’enfermement dans la ruralité plutôt que le développement de l’industrie ou de l’intelligence. » Alors ?  Une exposition pour mettre en perspective les événements du début 2009 aux Antilles ? « Non, assure le commissaire, l’idée a été lancée il y a trois ou quatre ans ! »

FXG, agence de presse GHM

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H

Au moin en noir et blancs tous le monde est content.


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