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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 12:22

Claudie Mergirie : «  J’habillais les copines à Frantz-Fanon »


Claudie Mergirie n’imaginait pas, à 10 ans, quand elle habillait ses poupées et dessinait des modèles pour ses parents, qu’elle se lancerait dans la création d’entreprise… Elle n’y songeait toujours pas quand elle habillait ses profs et ses copines du lycée Franz-Fanon. Et pourtant, après 11 ans de salariat, elle a osé. Elle a créé sa marque et son entreprise qui portent… Son nom. Normal pour une créatrice de mode.

Native de Schoelcher, elle a grandi à Sainte-Marie où elle comprend qu’elle a « la sensibilité tissus ». Après son bac gestion, en 1991, elle « monte » à Paris où elle dégote une formation chez Charbon-Savard de la mode, dans le 11e. Au bout de trois ans, elle décroche son diplôme et la voilà styliste, modéliste. Elle entre chez Dior homme, puis chez Victoire, Georges Rech et Isabelle Marrant avant de rentrer chez Eden Parc où elle lance la ligne femme. « Je leur ai fait six collections. » Ses modèles font la une des principaux mode magazines, mais elle n’est qu’une petite main (mais quelle main !). « Après six collections, je me suis lancée. Il fallait prendre le risque. » Prudente, elle a gardé de bonnes relations avec son ancien employeur car devenir un patron, surtout dans le monde de la mode, est difficile. Elle a lancé sa première collection l’an passé qu’elle est venue présenter en Martinique en février 2006. Du prêt-à-porter de style européen mais qui s’adresse à toutes les femmes. « L’essai en Martinique a été concluant. »  On trouve ses modèles chez Karolin’, à la zone des Mangles, Acajou, au Lamentin. « Je continue de montrer ma production mais je vise l’étranger. » Les bureaux d’achat étrangers sont intéressés mais ils attendent de voir plusieurs collections. « Ils veulent voir comment ça se tient. Je ne dois pas baisser les bras ! » Elle vend aussi des dessins et fait du patronage pour des professionnels. Le prêt-à-porter est un milieu difficile à percer car il faut assurer une régularité et une qualité égale. En attendant elle fait du sur mesure pour les particuliers. C’est de l’artisanat, la recherche des clients sur les marchés des créateurs. Il faut savoir plaire et convaincre !

Son EURL fondée en décembre 2005 lui a fait découvrir les turpitudes de l’entreprenariat. « J’ai en entretien très prochainement avec mon comptable… Ca va être passionnant ! Je ne connais pas encore mon chiffre d’affaires mais je sais que j’ai vendu. Ca prend forme et je n’en suis qu’au début.» Un show room au Club des gentlemen dans le 8e, un défilé sur une péniche, un site Internet et le bouche à oreille… Avant de sortir sa prochaine collection en juin 2006, elle rencontre les bureaux de styles qui fonctionnent deux ans à l’avance et détiennent les « cahiers de tendances ». « Je ne voudrais pas trop me coller à eux, mais il faut se tenir au courant… Je ne suis jamais trop à côté de mes pompes quand je fais mes collections ! » Mais l’entreprise, c’est aussi avoir de l’audace : « Je peux très bien décider que l’hiver 2008 sera le Tibet et ma collection Tibet sera acceptée ! C’est le client qui a la décision finale et lui n’est pas au courant des prescriptions des cahiers de tendances.

Aujourd’hui, Claudie prendrait bien quelqu’un pour l’assister, « mais embaucher quelqu’un, c’est de la folie… Et pourtant, j’ai besoin de quelqu’un. » Elle a bien recours à des ateliers de sous-traitance, mais c’est coûteux.

Les grands créateurs ont tous démarré comme Claudie. Ses modèles d’inspiration crétoise, sa robe Maraba deviendront peut-être l’équivalent du célèbre tailleur Channel. Mais avant d’arriver à transformer sa petite EURL en multinationale du luxe, il y a un pas que Claudie aimerait bien sauter : « J’adorerai décoller d’un coup, mais ça ne se passe pas comme ça ! » Le réalisme est une qualité essentielle dans le monde de l’entreprise. Claudie rêve de réussite, mais cette leçon là, elle la connaît ! Alors, elle bâtit son entreprise, comme les crochets perlés qu’elle monte, maille après maille, et qu’elle mettra en vente chez Karoline. « Du Claudie Mergirie adapté au pays ! »

FXG

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