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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 18:30

PORTRAIT

Apourou, artiste-peintre, Guadeloupéen et Parisien

« Une place insolente pour l’être humain »

 

 Apourou, jeune peintre guadeloupéen exilé à Paris depuis dix ans, a été sélectionné pour participer à la biennale de Florence, fin 2007. (Les photos sont Régis Durand de Girard)

« La figure humaine, c’est là qu’il y a le drame. » Non, Apourou ne peint pas ses angoisses ! Non, Apourou n’est pas un pessimiste né ! « Je porte un regard lucide, dévoilé et je vois la cruauté, la violence qui est en chaque chose. La violence préside à toute existence. » Si l’art est désir, Apourou a soif de tragique. La tragédie au sens grec antique : «  La lutte génère la vie » et c’est ce que ce jeune plasticien guadeloupéen, installé à Paris depuis une dizaine d’années, explore dans son travail.

Son petit atelier installé dans une échoppe de la rue Sainte-Marthe, dans le 10e arrondissement, est à son image : un capharnaüm d’objets hétéroclites, beaux ou laids, mais chargés de leur histoire, forcément tragique. A l’exception peut-être de ses pipes et de ses chapeaux dont il ne se sépare jamais. Une coquetterie qui donne à ce « bohème », une élégance très british.

Apourou est de Saint-François et de Petit-Bourg, mais son éclosion artistique s’est faite à Paris, dans la solitude, l’isolement de l’insulaire exilé. L’absence du regard d’autrui lui a permis de faire naître son art. « Au pays, j’écrivais des poèmes… » Aujourd’hui encore il écrit et quand il peint, il écrit encore. « J’ai transféré mon expérience poétique sur la toile. » Il définit son travail comme une exploration de ce qu’il y a derrière. Derrière les choses, derrière les visages, derrière les mouvements des corps, « cet élément de terrestre finitude censé marqué la fin du voyage".

« Bitin la sa ka troublé nou mé sé sa ki ka révélé nou ! »

Qu’il peigne un portrait, un corps, il cherche à montrer l’obscurité, mais une obscurité qui monte vers la lumière. « L’effondrement a déjà eu lieu », pour reprendre le psychanalyste canadien Penny Cot et sa « primitive agonie »... Apourou montre cet effondrement pour mieux signifier que la lumière est montante, à venir. Ne cherchez pas la joie dans son travail car « la joie se vit et ne se peint pas ». Ce qui se peint chez Apourou, c’est ce qui dérange. « Bitin la sa ka troublé nou mé sé sa ki ka révélé nou ! » Il y a dans ses toiles des autoportraits, partout, même quand il peint une femme nue. « Je crois que ma peinture est très littéraire, ce sont des poèmes… » Les mots sont là, tapis sous les couches de peintures, de café et des matériaux qu’il expérimente. «  Le spectateur doit pouvoir enlever les mots de

mes toiles et lire ma poésie… » Une poésie qui donne « une place insolente à l’humain ». Et quand on lui demande de se dire, il rétorque un rien goguenard : "Apourou : branleur suprême !"

 

Apourou, branleur suprême    

Apourou, c’est l’artiste. Jimmy, c’est l’individu. Jimmy est né en 1971 à Pointe-à-Pitre. Collégien à Petit-Bourg, puis lycéen à Baimbridge, il décroche un bac littéraire avant de faire du droit à Fouillole, à défaut de pouvoir y étudier la littérature et la philosophie. « Finalement, j’ai aimé. Avec le droit, on était au cœur de l’humain. » Il s’est fait sa propre « philosophie politico-juridique », sa poésie et sa peinture s’y sont retrouvées. Il cite ses prédécesseurs artistes et juristes : Paul Valéry, Cézanne et Saint-John-Perse. Saint-John-Perse, un maître dont il refuse d’afficher le portrait dans son atelier car il lui reproche d’avoir voulu taire un temps son antillanité… Mais il le place juste après Césaire.

Apourou a été sélectionné pour exposer à la biennale de Florence et il est en tractation pour exposer chez JMArt, la galerie parisienne de la Martiniquaise Johana Auguiac.

 

 

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commentaires

augustuuluus 20/02/2009 18:18

L'AUGUSTULUS JYMMI LE SEUL, l'UNIQUE...L'HOMME QUI TIENT LE MONDE DANS SA TETE ET LA BITE DE PELE DANS SA MAIN. UN GRAND BIG UP  L'ARTISTE DONT LA PERVERSION N'AURA DE CESSE DE ME SUPRENDRE (AU SENS GREC ANTIQUE C'EST A DIRE DANS LE BON SENS MAIS PAR DERRIERE)

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