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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 14:48
INTERVIEW. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme et maire de Saint-Laurent-du-Maroni
« J’ai une expérience au sein du gouvernement à valoriser »
Votre séjour au ministère du Tourisme, et cinq ans
éloigné des réalités guyanaises, n'ont-elles pas altéré
votre popularité ?
Bien au contraire… Tout d’abord, j’ai obtenu du
président de la République, lorsqu’il m’a proposé
de me nommer secrétaire d’Etat au Tourisme
puis Ministre délégué au Tourisme, de rester Maire
de Saint-Laurent du Maroni et Président de la
CCOG. C’était une condition incontournable pour
moi. Je suis en contact quotidiennement avec ma
circonscription, grâce aux nouvelles technologies.
Tous les jours, avant et après ma journée de
ministre, je travaille les dossiers qui sont au cœur
des préoccupations des Saint-laurentais et je m’entretiens
avec mes collaborateurs de la mairie. J’ai la chance de
n’avoir besoin que de très peu d’heures de sommeil ! Cet
ancrage local me permet d’avoir une « autre vision » lorsque
je travaille sur un dossier en tant que ministre. C’est
important de garder un sens pratique et d’être avant tout un
homme de terrain. Par ailleurs, tout au long de ces cinq
années et comme je le faisais déjà en tant que
parlementaire, j’ai pu valoriser l’outre-mer et la Guyane. Nombreux sont les ministres
que j’ai fait venir sur place, en Guyane, et qui appréhendent ainsi mieux les
particularités et les difficultés de la Guyane et plus largement de l’outre-mer.
Vous avez indiqué que vous revendiquiez un rôle de
porte-parole en direction de l’outre-mer dans le cadre
de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Comment
comptez-vous exercer ce rôle ? Est-il officialisé dans
l’équipe de campagne du candidat de l’UMP ?
Je suis naturellement un interlocuteur privilégié sur les questions de l’outre-mer. J’ai
toujours eu cette fonction d’interface avec les élus et les populations de l’outre-mer. A mon cabinet, j’ai mis en place une cellule dédiée pour traiter ces dossiers. Dans
l’article du Nouvel économiste, paru le 1er février, le journaliste dit que je suis
« officieusement ministre de l’Outre-mer », sans aller jusque là il explique comment,
« avec diplomatie, j’ai la capacité à faire avancer les dossiers ».
C’est donc, tout
naturellement, que j’ai vocation à mettre ma sensibilité d’ultramarin et mon expérience
tant locale que nationale au service de Nicolas Sarkozy.
En cas de victoire de Nicolas Sarkozy, espérez-vous
obtenir un nouveau portefeuille ministériel et lequel ?
La première priorité est déjà de faire gagner notre candidat Nicolas Sarkozy, et ensuite 
nous verrons. En tout état de cause, ma préoccupation est de servir la Guyane et
l’outre-mer. J’ai aussi une expérience au sein du gouvernement à valoriser.
On vous a quelque fois reproché de trop vous occuper de
l’outre-mer. Cela se justifiait-il ?
Je ne pense pas que l’on m’ait reproché de trop m’investir en faveur des populations de
l’outre-mer. C’était naturel car nous le savons tous, ce que certains interprètent
comme du mépris à l’égard des ultramarins correspond le plus souvent à une sorte
d’ignorance de la réalité de l’outre-mer et de ses populations. Dès lors, j’ai toujours considéré comme étant de mon devoir de faire entendre « la
petite musique » de l’outre-mer. J’ai, par ailleurs, accompli la mission de ministre délégué au Tourisme et contribué à
permettre à la France de rester la première destination mondiale dans un contexte
concurrentiel accru. J’ai eu la chance de rester près de cinq ans en poste et de pouvoir
mettre en œuvre les réformes qui s’imposaient : réunir deux Comités Interministériels
du Tourisme, mettre en œuvre une nouvelle stratégie marketing, un plan Qualité
Tourisme, un code du Tourisme… J’ai travaillé au changement d’image de ce secteur,
mis en place des outils. Je communique sur les chiffres 2006 du tourisme ce mercredi.
La politique mise en œuvre a porté ses fruits.
Vous avez commencé votre action au ministère du Tourisme
avec la crise Accor aux Antilles, vous l’achevez avec la
crise du Chikungunya à la Réunion. Etes-vous satisfait
de votre bilan dans ce ministère ?
Quand je suis arrivé en poste en 2002. j’avais le sentiment qu’on ne se remettait pas
assez en question. La France ne peut pas rester première destination sans rien faire,
seulement grâce à son patrimoine culturel ou sa gastronomie. Il faut s’organiser face à
une concurrence accrue. Nous avons beaucoup travaillé dans ce sens. En ce qui
concerne l’outre-mer, là aussi, j’ai rapidement mis en place un plan d’actions pour re-
dynamiser l’attrait de ces territoires face aux nouvelles destinations à succès comme
Saint-Domingue ou Cuba. Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux mêmes. Le tourisme
est un secteur « sensible ». Les touristes sont de plus en plus volatiles et réagissent
face aux crises, demandant toujours plus de sécurité. J’ai mis en place une structure
dédiée à la Direction du tourisme pour gérer les crises. Mon action a donc consisté,
notamment, à ce que nous disposions d’indicateurs pour mieux anticiper les crises et
mieux y porter remède.

En ce qui concerne la crise relative à l’épidémie de Chikungunya, nous avons pris soin
d’informer au jour le jour dans la plus grande transparence. Nous avons mis en place
un plan d’actions visant d’une part à mettre en place une campagne de relance de la
destination et d’autre part à prendre les mesures nécessaires à une amélioration de
l’offre. J’ai d’ailleurs décidé, après mon déplacement, en février dernier, de me rendre
prochainement sur place comme je m’y étais engagé.
Avez-vous eu la sensation que la Guyane était un peu
mieux au cœur des préoccupations du gouvernement ?
Au titre de mon département ministériel, à coup sûr puisque aujourd’hui la Guyane est 
considérée comme une destination touristique à part entière. Plus largement, je peux
dire que je me suis employé avec toute mon énergie à faire que la Guyane demeure au
cœur des préoccupations du gouvernement et de mes collègues.
Indépendamment du
 fait que la Guyane n’aura jamais connu autant de visites ministérielles qu’au cours de
ces cinq dernières années, je pense effectivement que
l’impulsion et l’éclairage que j’ai
pu donner sur tous les dossiers importants pour l’avenir de la Guyane auront complété
utilement l’action de mes collègues guyanais, parlementaires, présidents de
collectivités ou d’établissements publics, maires... Le plan Guyane et les crédits qui s’y
rapportent en témoignent.
Concernant le dossier Cambior, vous vous y êtes dit
personnellement favorable, même quand votre propre parti
s’y est opposé. Comment expliquer cette contradiction ?
La contradiction n’est qu’apparente mais elle a été largement exploitée. Les
opposants disaient « non, sauf si » quand je disais « oui, mais à condition que ».
Moi aussi, je suis Guyanais, j’ai toujours vécu en Guyane et j’ai bien l’intention de
continuer, alors pour moi aussi, bien-sûr ne pas porter atteinte à la nature et à la
biodiversité, c’est une priorité. Mais pour moi une autre priorité est de donner du
travail à toute la jeunesse de Guyane et, pour ça, il faut bien que nous
développions des activités industrielles, pas à n’importe quel prix, en prenant
toutes les précautions qui s’imposent, c’est-à-dire, tout simplement, en respectant
 les législations françaises et européennes qui sont particulièrement exigeantes.
Je suis très sensible à la notion de développement durable, notion que j’ai eu à
cœur de valoriser également au sein de mon ministère.
Le projet Cambior suscite une vaste polémique et même
des tentatives de déstabilisation, puisqu’un document
qui a largement circulé en Guyane, laisse entendre qu’on
a voulu suborner un magistrat qui aurait pu favoriser ou
bloquer le dossier. Ces méthodes ne vous choquent pas ?
Je n’ai aucun élément à propos de pressions qui auraient pu être exercées à l’égard de
tel ou tel. Ce qui me choque le plus à propos de ce dossier « Cambior », « Iamgold »
maintenant, c’est justement que certains font des thèmes du développement
économique et de la préservation de la biodiversité guyanaise des sujets de polémique
politicienne.
Pour ma part je suis un pragmatique et je m’intéresse plus à la résolution
des problèmes des Guyanaises et des Guyanais qu’aux pétitions de principe plus ou
moins idéologiques.
Le conseil économique et social a adopté le rapport
Felzines qui épingle la politique touristique en Guyane
lorsqu’elle dit qu’on a dépensé plus de 3 millions
d’euros en promotion alors qu’il n’y a encore rien à
vendre. Vous partagez ce point de vue ?
Communiquer sur une destination touristique est une bonne chose mais il faut
également travailler sur l’offre… Dans ce cadre, le plan Guyane prévoit une série
d’actions. ODIT France est venu travailler, sur place, une structure a été montée. Tout
cela va mieux s’organiser maintenant avec la réactivation ou l’implantation de services
de l’Etat dédiés au tourisme, en accompagnement de l’action du CTG. La délégation au
tourisme, au commerce et à L’artisanat aide les porteurs de projets. L’antenne Antilles-
Guyane d’ODIT France au titre de l’ingénierie touristique est désormais, sous mon
impulsion, installée à Cayenne.
Que pensez-vous du travail effectué par Juliana Rimane ?
Juliana RIMANE a fait du très bon travail tout au long de la législature au service des
Guyanaises et des Guyanais et c’est la raison pour laquelle nous repartirons ensemble
à la prochaine bataille législative. L’augmentation de la Dotation Globale de
Fonctionnement (DGF) est une des réponses concrètes de son action, qui permet de
tenir compte en Guyane de la superficie des communes. Désormais les maires de
notre département ont des moyens financiers plus importants pour réaliser les
équipements nécessaires avec leurs populations.
Le découpage cantonal proposé vous satisfait-il ?
Le nouveau découpage cantonal proposé vient avant tout et avec beaucoup de retard
réparer une inégalité de traitement à l’égard de nos concitoyens de l’Ouest. Je le
rappelle, toute la population de l’actuel canton de Maripasoula, soit à peu de chose prés
le tiers du territoire de la Guyane, n’est actuellement représenté que par un seul
conseiller général. Peut-on appeler cela de la démocratie locale ? C’est pour cela que
ce nouveau découpage est pour moi une priorité et me satisfait même si d’autres
ajustements notamment sur l’Est auraient pu être aussi pertinents.
A cet égard, je
pense, en particulier, à la commune de Camopi.
Etes-vous toujours favorable à la bi-départementalisa-
-tion et le projet avance-t-il ?
Bien-sûr, car je considère qu’avec une région grande comme l’équivalent de cinq 
départements dans l’hexagone, l’alternative à la région monodépartementale c’est la bi-
départementalisation. Avec deux départements, nous aurons une véritable région et les
règles de la décentralisation pourront s’appliquer de façon plus efficace.
Quel rôle allez-vous jouer dans la campagne de la
première circonscription ?
J’apporterai bien évidemment mon soutien au candidat que nous avons investi, Rémy-
Louis Budoc, suppléé par Christiane Préveauteau.
La CCOG (communauté de communes de l'ouest guyanais)
a-t-elle retrouvé sa vitesse de croisière et une
situation financière saine ?
Tous les élus de la CCOG et moi-même en tant que président mettons toute notre
énergie à faire fonctionner cette collectivité au service des habitants de l’Ouest. Nous
avons certes vécu un moment difficile mais aujourd’hui la page est en train de se
tourner. Ce n’est pas en tout état de cause aisé de développer des solidarités ou de
mutualiser des moyens quand on est presque tous aussi pauvres. Je crois cependant
que la CCOG, dans sa fonction d’ingénierie de projets, a plus que jamais un rôle
déterminant à jouer pour le développement de l’Ouest.
Où en est le projet de casino à Saint-Laurent ? Et de 
l'hôpital international ?
Pour ce qui concerne l’hôtel, l’instruction se poursuit normalement et le dossier avance
bien. C’est un projet très important pour faire de la Guyane une véritable destination
touristique. Il ne doit pas être dissocié des autres projets ou des autres produits qui
pourront être proposés par ailleurs. Avant de parler de casino, il faut bien voir que nous portons un projet hôtelier aux
normes internationales s’adressant à une clientèle touristique bien identifiée. Et je
m’interroge sur la question de savoir pourquoi dès que l’on évoque la création d’un hôtel
quatre étoiles à Saint-Laurent du Maroni cela paraît incongru ? Pourquoi ce qui marche
ailleurs, parfois dans des régions du monde beaucoup plus en difficulté sur le plan
social ou sanitaire, ne pourrait pas être pertinent chez nous, en Guyane ? Car cet hôtel,
c’est bien sûr un projet qui cible le secteur du tourisme mais on semble oublier que
c’est aussi un maillon déterminant pour le développement économique de l’Ouest.
C’est un investissement de l’ordre de 35 millions d’euros avec, à la clef, la création de
250 emplois directs et de 150 emplois indirects. Beaucoup de nos jeunes ont besoin de
cet outil pour, en plus d’un travail, être en mesure d’apprendre un métier et de
s’épanouir.

Pour ce qui concerne l’hôpital international, c’est un des aspects de la politique de
coopération que la France a intensifié ces dernières années avec le Surinam et pour
laquelle j’ai plaidé sans relâche. J’ai bon espoir que, sous cette forme d’hôpital
international ou sous une autre, les problèmes que nous connaissons trouveront
rapidement des solutions adaptées
dans le cadre de cette coopération plus active :
*il s’agit en fait de faire en sorte que les ressortissants surinamais puissent recevoir
les soins dont ils ont besoin mais que nous n’ayons pas à supporter seuls cette charge,
d’une part et que l’on ne vienne plus accoucher à Saint-Laurent du Maroni simplement
pour capter les droits sociaux et plus tard, pour les enfants la nationalité française,
d’autre part.
Est-ce que la route de Maripasoula a été retenue comme 
projet prioritaire par le gouvernement comme l'avait
annoncé Christian Estrosi lors de sa venue en Guyane ?
Je peux simplement vous dire que les discussions sont en cours sur le sujet et que
Christian Estrosi m’a confirmé que l’engagement serait tenu.
Qui craignez-vous parmi les autres candidats guyanais
aux législatives ?
Une campagne électorale ce n’est pas seulement une bataille entre candidats mais
 c’est surtout un dialogue entre un candidat et la population, les électrices et les élec-
-teurs. A ce titre je n’ai pas lieu de craindre qui que ce soit.

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