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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 16:27

Un juge, un avocat, un journaliste… Devant un juge

 

Les relations presse justice ne sont pas toujours aisées eu égard, notamment, au souci pour le juge d’instruire les affaires dans le secret, et pour les journalistes, celui de pouvoir informer. En juin 2005, France-Antilles révélait la mise en examen d’un avocat, Me Roth, pour recours au travail dissimulé par le doyen des juges d’instruction de Pointe-à-Pitre, Mme Olini. Me Roth, a porté plainte contre X pour violation du secret de l’instruction. A la suite de cette plainte, le doyen des juges d’instruction de Fort-de-France, M. Cantinol, a mis en examen, à sa demande, le juge Olini, et a organisé, le 26 avril dernier, une confrontation au palais de justice de Pointe-à-Pitre. Le journaliste étant témoin lors de cette confrontation, et à ce titre n’étant pas tenu au secret de l’instruction , voici son témoignage.

 


Le juge au témoin, François-Xavier Guillerm : « Vous avez indiqué dans un article du 17 juin 2005 la mise en examen d’Alain Roth pour travail dissimulé, selon des sources proches du palais. Comment avez-vous obtenu cette information ? » « Je laisse traîner mes yeux et mes oreilles… » Le juge Olini intervient : « Je répète que je n’ai pas vu M. Guillerm au moment où on dit l’avoir vu sortir de mon cabinet. » Me Roth proteste : “Je n’ai pas dit qu’il se trouvait dans le cabinet, il se trouvait dans le couloir à 3 ou 4 mètres de ce bureau. » « Sur une coursive, donc », précise le juge. « C’est exact », répond Me Roth. Le juge poursuit son interrogatoire du journaliste : « Dans un second article vous précisez que le cabinet d’instruction confirme bien la mise en examen de Me Roth. Votre source, cette fois, provient bien du cabinet du juge d’instruction ? » « Suite à la publication du premier article, Me Roth a démenti sa mise en examen auprès du journal. J’ai alors appelé Mme Olini pour lui demander une confirmation. Ce qu’elle a fait. » Maître Roth assure alors qu’il voulait rétablir sa qualité de témoin assisté et que c’est pour cette raison qu’il a faxé au journal sa convocation devant le juge Olini en tant que témoin assisté. Le juge Olini s’insurge : « C’est lui qui a demandé à être mis en examen en février 2005 ! » « Je n’ai jamais reçu d’ordonnance de mise en examen. Le journaliste a téléphoné au juge qui lui a donné une information. A partir de là, le secret a été violé et le dossier est terminé. » Le juge Cantinol propose à la défense du juge Olini d’interroger les parties. Me Sarah Aristide demande au journaliste s’il peut au moins écarter une catégorie de personnel. Le journaliste ne résiste pas à la pression et, à l’encontre de la Charte des journalistes, il s’allonge : « J’ai été informé par un membre du barreau. » Alors, quitte à s’être parjuré, il balance les pratiques de Me Roth : « J’ai eu affaire à Me Roth à de multiples reprises, car il adore médiatiser ses affaires, notamment pour ses affaires de bateau où il est même venu au journal. Il m’a laissé aussi voir le dossier d’instruction du drame de Roujol, comme celui du crash de Saint-Barth. Il a même appelé devant moi le journal Détective pour voir si on pouvait vendre un article. J’ai mis un terme à nos relations car j’avais le sentiment d’être harcelé, manipulé. »

Haine et connotation sexuelle

Me Aristide relance Me Roth : « Est-il exact que c’est vous qui aviez demandé à être mis en examen ? » «  C’est un faux débat. Nous parlons d’une violation du secret de l’instruction. » Excédé, il propose de revenir sur la personnalité du journaliste, « un personnage singulier », selon lui : « Je suis très réservé et je n’aime pas médiatiser mes affaires, mais il est vrai que M. Guillerm me harcèle avec ses articles depuis plusieurs années. Il a publié un article concernant un avertissement que j’ai reçu du conseil de l’ordre. Une affaire qui n’était pas publique ! Le dossier est d’ailleurs en cassation. C’est très grave, M. Guillerm a essayé de me briser à ce moment-là. » Me Roth ne s’arrête pas là et sort sa botte secrète : « Concernant la divulgation des faits, j’ai été informé par Jean-Marc Costa, directeur adjoint des RG de Guadeloupe que M. Guillerm lui avait dit, lors d’une soirée arrosée, qu’il était content de s’être tapé Me Roth. » Le journaliste intervient : « J’aimerai bien savoir ce que ça veut dire, j’ai l’impression qu’il y a une connotation sexuelle. » « Je veux démontrer la haine qu’entretient M. Guillerm à mon égard depuis des années. » Comme le journaliste intervient devant le juge pour lui exprimer son embarras d’être à la fois témoin et journaliste, Me Roth demande au juge d’en prendre acte. Le journaliste rappelle alors au juge que ce que Me Roth reproche au témoin est la même chose que ce qu’il a fait au sujet du juge Olini, puisque c’est Me Roth lui-même qui a prévenu le rédacteur en chef adjoint de France-Antilles de la mise en examen du magistrat… Dernière question du juge à Me Roth : « Avez-vous déjà déposé plainte contre des magistrats ? » « Je n’ai pas déposé plainte pénale contre des magistrats, j’en ai récusé deux en 15 ans de carrière. Ceci est hors sujet, j’exerce pleinement et en toute indépendance ma profession d’avocat. » « Avec les RG ? », interroge Me Aristide. Sans réponse. Les parties signent le procès verbal et se dispersent.

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commentaires

Maximilien 26/02/2011 14:30



On l'appelle Rototo ! Faut se rappeler que le pauvre avocat a été un jour dépouillé en Guyane et s'est retrouvé nu dans la pampa ! Le journaliste et le juge n'ont pas été gentil avec lui !



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