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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 12:44

INTERVIEW. Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielles

"J'ai brisé les tabous de l'insécurité et de l'immigration"

1) Etes-vous satisfait de votre résultat dans les DFA ?

Je ne suis pas « satisfait », je suis simplement heureux. Pour au moins deux raisons : le taux de participation a été très élevé et j’arrive en tête dans 6 collectivités d’outre-mer sur 9. En Guadeloupe et en Guyane les scores que je réalise - supérieurs à 40% - me vont droit au cœur.

C’est un formidable encouragement de la part des Guadeloupéens, des Guyanais et des Martiniquais. Ceux qui ont essayé de caricaturer le débat et de déformer mon image ont échoué. Les Français ne sont pas dupes de ces manipulations. Ils attendent, avant tout, des solutions pour vivre en paix, éduquer leurs enfants, leur construire un avenir. Cela suppose de se montrer précis et déterminé sur les questions de sécurité, comme sur celles de développement.

2) Qu’est-ce qui vous différencie de votre adversaire, vos programmes ayant beaucoup de thématiques communes ?

Mme Royal n’est pas une adversaire, mais une concurrente. Je tiens à ce que la vie politique ne soit pas un champ de bataille mais un lieu de débat où les candidats se respectent les uns les autres et cherchent non pas à terrasser l’autre mais à faire progresser le pays. En matière de sécurité, je propose le renforcement des sanctions contre les multirécidivistes et les mineurs délinquants, Mme Royal s’y oppose. En matière d’immigration, je propose le renforcement des contrôles et Mme Royal la régularisation massive des clandestins. En matière de développement économique, je propose de créer des « zones franches globales », Mme Royal dit que c’est un « gadget », alors que ses propres conseillers lui avaient suggéré de suivre ma proposition. Sur ces sujets essentiels, les « thématiques communes » sont rares ! Et s’agissant de la revalorisation du travail, les mots se ressemblent mais les pratiques s’opposent. Je respecte Mme Royal mais je pense, sincèrement, qu’elle n’a ni une vision globale des enjeux, ni un programme cohérent pour l’Outre-mer.

3) Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans les évolutions statutaires des DOM ?

Je l’ai déjà dit franchement : je ne pense pas que les questions d’évolution statutaire soient une priorité dans des territoires qui connaissent un taux de chômage supérieur à 22%.

J’observe, par ailleurs, qu’en Martinique et en Guadeloupe, la question de l’évolution statutaire a fait l’objet d’une consultation en 2003 et que dans les DOM, les lois de la République peuvent déjà être adaptées aux « caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».

Je ne suis pas hostile, par principe, aux évolutions statutaires lorsqu’elles sont nécessaires au bien être des populations. Je crois, cependant, qu’il faut que l’on arrête de présenter le changement de statut comme un « préalable au développement économique », pour éviter d’avoir à rendre des comptes à la population.

4) Le chômage, le logement, l’exclusion touchent les Domiens. N’est-ce pas tout simplement… du sous-développement ?

Oui, d’une certaine manière, c’est une forme de sous-développement économique contre laquelle je me battrai sans relâche. C’est même l’axe principal de mon projet pour l’outre-mer.

A ce sujet, j’ai souvent entendu mes propos caricaturés, notamment en Martinique, sur la discrimination positive et sur ma conception de la solidarité.

La discrimination positive, cela veut dire « faire plus » pour les territoires et les populations qui en ont plus besoin, en matière de logement, de santé ou de continuité territoriale. Cela revient, ni plus ni moins, qu’à rétablir l’égalité des chances pour les Français d’outre-mer.

S’agissant de ma conception de la solidarité, elle est différente de celle de Mme Royal. Il n’a évidemment jamais été question pour moi de supprimer le RMI ! Je dis simplement qu’être au RMI n’est un idéal pour personne et que cela ne doit pas être une situation durable. Je veux trouver un emploi ou une activité à tous ceux qui sont en capacité de travailler. La vraie solidarité, celle qui respecte la dignité de la personne, c’est celle qui permettra à chacun de faire vivre sa famille du fruit de son travail.

 5) Vous allez être le Président d’un pays qui, selon un sondage récent, s’est déclaré raciste à 30%. Comment espérez-vous faire évoluer ces comportements ?

Je ne crois pas qu’un tel sondage reflète la réalité. Dans leur immense majorité, nos concitoyens ne sont pas racistes. Simplement, certains d’entre eux - et notamment ceux qui ont été tentés par le Front national – ont exprimé une exaspération, sur certains sujets devenus tabous parce qu’une partie de la classe politique et médiatique diabolisait tous ceux qui voulait en parler.

J’ai brisé ces tabous, notamment sur la sécurité et l’immigration. Je l’ai fait en restant toujours  fondamentalement fidèle à nos valeurs républicaines. Et le résultat est là : Jean-Marie Le Pen est en quatrième position au premier tour de l’élection présidentielle et il a perdu un million de voix. Je suis profondément heureux de cela car ce sont autant de Français qui ont rejoint le camp républicain, celui de la tolérance.

Toute ma vie, j’ai lutté contre le racisme et, d’une manière générale, contre les exclusions. Si je suis élu Président de la République, je ferai du combat contre le racisme une priorité. C’est en partie pour cela que j’ai proposé de créer une « Délégation interministérielle pour la cohésion sociale et l’égalité des chances des Français d’outre-mer et d’origine ultramarine ». En la matière, l’Etat doit donner l’exemple.

6) Qu’est-ce qui empêche que nous ayons la même prise en compte de la continuité territoriale que les Corses ?

Les dispositifs de subvention directe ne sont pas, à mes yeux, la meilleure formule pour favoriser la mobilité des populations et le développement du tourisme dans les DOM, qui sont très éloignés géographiquement de la métropole.

En revanche, je suis favorable au renforcement des dotations de continuité aérienne existantes pour les DOM si des besoins, précis et justifiés, apparaissent. Je pense, notamment, que l’on peut faire plus pour la mobilité professionnelle et celle des étudiants. Mais ce que je préconise surtout, c’est d’augmenter la concurrence sur les lignes aériennes qui desservent l’Outre-mer pour faire baisser les prix des billets. C’est dans ce combat que je me suis engagé, avec déjà quelques succès, depuis plusieurs mois.

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