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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 07:00

Proces du meurtre de Claudy Elisor, jour 1devant-la-salle-de-la-cour-d-assises-du-93.jpg

Amadou Fall, 24 ans, haut de près de 2 mètres, comparait librement. C’est lui qui a été libéré en février après une défaillance de fax au ministère de la Justice. Derrière lui, encadré par des gendarmes, Alassane Diop, 29 ans, crâne rasé et barbe en pointe. Les deux hommes sont accusés du meurtre de Claudy Elisor dans la nuit du 31 decembre 2010. Le premier est défendu par Me Gilles-Jean Portejoie, le second par Amele Bentahar. Leur procès s’est ouvert vendredi a Bobigny, devant la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis. Le président Sottet s’est donné six jours pour juger l’affaire. Au ministère public, Mme Brutin, et en partie civile, les avocats de la famille  Elisor, Mes Celestine Tacita et Bernard Benaiem.

Il y a foule pour ce premier jour. La plupart sont des amis antillais des Elisor qui assistaient au funeste réveillon. Beaucoup devront témoigner. Mais il y a aussi une foule de soutiens et de compatriotes, parmi eux, le président du CReFOM, Patrick Karam. La gestion du dossier judiciaire Elisor a fait l’objet de nombreuses négligences, suscitant une vive émotion dans la communauté antillaise d’Ile de France. Non seulement, un juge s’est contenté de placer Alassane Diop simple témoin assisté au début de l’enquête, non seulement il a ete libéré, mais encore, la justice n’a que deux accusés à juger au lieu des 5 ou 10 personnes réellement impliquées…

Celestine-Tacita-Patrick-Karam-Bernard-Benaiem.jpgLe president a fait un rapport sommaire des faits : 60 a 80 participants dans la salle du château d’Egypte au Blanc-Mesnil (93). Claudy Elisor aux platines et un vigile à l’entrée. Pourtant, à 5 heures, quelqu’un appelle le SAMU. Claudy Elisor, le DJ bénévole est grièvement blessé. Il décèdera quatre jours plus tard. 26 personnes sont entendues par les enquêteurs. De leurs récits, il ressort que vers 4 h 45, un homme grand, mince, porteur d’un bonnet, a été refoulé par Claudy Elisor. Il est parti en lançant des menaces et en agitant son téléphone. Une dizaine de minutes plus tard, 5 à 10 personnes ont fait irruption, se sont ruées sur le DJ et l’ont roué de coups de poing, de coups de pieds, de coups de chaise. Les coups sont portés par la même personne qui a ete éconduite. A l’entrée, l’un des leurs est resté en faction avec un pitbull en laisse. Les assaillants repartent vite et emportent quelques bouteilles de champagne. Les descriptions données par les témoins orientent les recherches vers la cité voisine du 212 où des résidents fréquentent les soirées antillaises du samedi. Deux témoins identifient deux personnes. L’une est mise hors de cause ; elle a un alibi. L’autre, c’est Alassane Diop qui est placé en garde à vue dès le 7 janvier. Il n’a pas d’alibi et il a été reconnu par le vigile. Dans son portable, il y a une photo du pitbull. L’identification d’une Peugeot verte utilisée ce soir-là va conduire au neveu de son propriétaire, Amadou Fall. Un examen de ses factures détaillées permet de voir qu’il a adressé un SMS à 4h 56 à Alassane Diop.

Ce dernier a nettoyé sa messagerie. Amadou Fall se rendra de son plein gré au commissariat avec sa mère. Une information judiciaire est ouverte et aussitôt, Alassane Diop disparaît au Sénégal pendant quatre mois. Amadou Fall revient su ses aveux. Le 7 novembre 2012, Alassane Diop est placé sous les verrous. Lui aussi nie.

Le president Sottet retient le SMS de M. Fall à M. Diop, la photo du pitbull et la fuite au Sénégal comme éléments à charge ;  il retient la faiblesse du nombre de témoins et l’absence de contenu du texto comme éléments à décharge.

A la barre, les deux hommes ont indiqué d’emblée leur stratégie de défense : « En garde à vue, mes aveux ont été extorqués sous la contrainte », a déclaré Amadou Fall. « Je n’ai rien à voir dans cette histoire », a conclu Alassane Diop.

Reprise de l’audience lundi matin.

FXG, à Paris


Deux personnalités, deux rôles

 

Alassane Diop est en détention depuis 1 an, 9 mois et 15 jours. Il est né au Blanc-Mesnil où il a toujours vécu. Il a travaillé comme plombier dans une entreprise jusqu'à son depart pour le Sénégal en janvier 2011 (il a été licencié en novembre 2011). Il s’est fiancé, puis marie au Sénégal en février 2012. En avril 2011, un mandat d’arrêt international a été décerné contre lui... Au moment de son arrestation, il touchait ses indemnités ASSEDIC. En 2009, il a été mis en cause dans une affaire de meurtre et de rivalité entre bandes. Mis en examen, détenu jusqu’en avril 2010, il a été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de se rendre en Seine-Saint-Denis et de quitter le territoire national… Il est suspecté d’avoir empêché toute fuite de la salle.

Amadou Fall est détenu depuis 3 ans et 27 jours. Il est l’enfant non désiré d’un mariage forcé. L’enfant rêve de football, mais deux agressions plus tard, il n’est plus le même : mâchoire brisée, séquelles neurologiques… Il est le principal suspect, celui qui aurait porté les coups mortels. Le président parle à son sujet d’un dossier touffu. C’est sans nul doute lui qui sera la piècc centrale de ces six jours de procès.

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