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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:50

Alain Jean Marie et Patrice Caratini les puristes de la biguine jazz

Alain-Jean-Marie--2-photo-A--Jocksan.jpgAlain Jean-Marie et Patrice Caratini et son Jazz ensemble ont offert un concert exceptionnel, jeudi dernier, à Pierrefitte (93). Devant des invités tels Claude Bartolone, président du département de la Seine Saint-Denis, la députée de la Guyane Christiane Taubira, le maire de la ville, Michel  Fourcade, et des présidents  d’association ultramarine. Les douze musiciens qui accompagnaient le Guadeloupéen sur scène ont fait vibrer la salle sur des airs de musique d’autrefois, toujours aussi chaude  et palpitante. Une belle évocation de la  biguine-jazz dont seul  Alain Jean-Marie garde le secret.

Les deux compères et leur invité percussionniste, le Guadeloupéen Roger Raspail ont passé en revue l’histoire de la biguine sans relâche pendant plus de deux heures trente. Ca a été un programme enchanteur et des échanges fructueux avec la musique d’Al Lirvat, de Robert Mavounzy, de Stellio, de Biguine réflexion et bien d’autres. Ce concept a été réalisé par les arrangements d’un Patrice Caratini tout en souplesse. Celui  qui tire les fils de sa contrebasse tout en dirigeant son ensemble de cuivres, a magistralement chofé la salle. « Chofé », la grande expression biguinante de la soirée !Alain Jean-Marie en le jazz ensemble photo A Jocksan

Les huit souffleurs du Jazz ensemble et le tambour de Roger Raspail ont donné de la profondeur, bouleversant l’ordre établi, tout en respectant l’ordre rythmique d’un son que la mémoire populaire a bien gardé dans la tête, tel que «  Serpent Maigre » d’Alexandre Stellio qui a emporté le public. Alain Jean-Marie, dos au public, a offert une belle balade créole à son public du soir dans cette suite musicale mise en place il y a une dizaine d’année, lors d’une tournée aux Antilles avec Patrice mais jamais jouée depuis.

Roger-Raspail-percussion-photo-A-Jocksan.jpg



L’harmonie, l’intensité, le phrasé, le rythme, la cadence, l’anticipation, c’est du grand Alain. Un enchaînement passionnant avec ce big bang sollicité sans limites, mais programmé avec soin. On lit son appétit de jouer sur son visage et il le transmet au bout de ses doigts.

Il bouscule ses habitudes et lance des petites phrases. Il prend le temps d’associer Haïti à cette année de l’Outre-mer avec ces mots : Patrice-Caratini-jazz--photo-A--Jocksan.jpg« Un pays qui a beaucoup souffert par le passé ; le morceau suivant est notre hommage à ce pays qui a toujours su se relever de tous ses malheurs. Comme c’est l’année de l’Outre-mer nous associons Haïti aux festivités. »   Dans  sa vallée heureuse, une Mazurka nostalgique, qu’il a écrite en se promenant dans les rues de Fort-de-France. Puis il sort un triangle, le petit instrument que l’on retrouve dans la musique du monde entier et qu’il qualifie d’instrument indispensable « si on veut que la musique qui soit carrée tourne rond ».  Logique avec un triangle !

C’est un formidable retour aux sources que le pianiste guadeloupéen, en puriste intégral, a  interprété avec le plaisir. Lui qui, jadis, faisait danser les Pointois dans les bals de sa ville natale/

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


Ils ont dit

 

Michel-Fourcade--Christiane-Toubira-et-Calude-Bertolone-pho.jpg

Claude Bartolone président du conseil général de la Seine Saint-Denis, est venu avec sa femme assister au concert d’Alain Jean-Marie à Pierrefitte. « Vraiment, c’est ça aussi la créolité. Cette rencontre de cultures différentes qui se fondent dans une culture commune. Je le dis, la créolitude existe en Seine Saint-Denis. Finalement on est un des plus beaux archipels pour  donner sa place à cette créolitude. On n’a pas peur de l’autre, on n’a pas peur de la culture de l’autre, on ne demande pas à l’autre d’abandonner ses origines, d’abandonner ses fondamentaux familiaux, culturels… Ca permet de fonder une société commune. Quant on voit entre ces sons qui viennent, d’Afrique, d’Amérique du sud, ces sons qui se sont retrouvés dans l’ensemble des différentes îles. On voit comment d’un seul coup on a utilisé l’intelligence, la saveur intellectuelle de l’autre pour forger une culture commune. Finalement, c’est le pari de la Seine-Saint-Denis ».    

 


Claude-Bartolone-Xavier-Lemettre-et-Michel-Fourcade-photo-A.jpgLe maire de  Pierefitte, Michel Fourcade : «  Tous les participants ont pu apprécier ces artistes qui nous ramènent un peu de soleil. Dans notre coin, on n’a pas l’habitude d’avoir des musiques aussi vives. Après avoir eu l’exposition pour le lancement de l’année des ultramarins, je trouve que c’est vraiment un grand bon bonheur.  Ici, nous avons une association ultramarine, AMU (l’association mémoire ultramarine du président Franck Petroze) qui est très dynamique et qui nous fait vivre de grands moments depuis trois ans. Outre des manifestations sur la mémoire de l’esclavage, on a des manifestations régulières et c’est très important pour les Antillais. Mais important aussi pour nous   métropolitains. Ça nous permet de connaître ces départements et la culture de ces départements ».


Christiane Taubira, députée de la GuyaneAlain-et-Christiane-Toubira-photo-A--Jocksan.jpg : « Je viens de vivre un moment magnifique. Ce fut une très belle soirée. La touche d’Alain Jean-Marie est un plus sur ses compositions. Il y avait de la qualité. Ceci étant, je connais la musique d’Alain Jean-Marie depuis très longtemps et je vais à ses concerts à chaque fois que je peux. Patrice Caratini et son groupe, le grand ensemble, est connu. Moi, je connaissais à la fois la performance et aussi le talent. Ce soir, ils ont donné leur âme et de la chaleur humaine. Ils sont vraiment inscrits dans cette année de l’outre mer. Et ce n’est pas par hasard qu’ils sont ici ce soir. Nous avons le summum. La musique, ça suscite des vocations. C’est la démonstration magistrale de ce qu’on est capable de créer, de ce que nous offrons au patrimoine culturel de l’humanité. Cette démonstration dans la joie, dans la technicité, dans la relation avec le public, dans l’assurance de la qualité. Je dirai, nous sommes le monde. »


Philippe-Milia-et-Christiane-Toubira--photo-A--Jocksan.jpgPhilippe Milia, élu martiniquais à Aubervilliers : « J’ai eu du bonheur. Toute cette culture, cette diversité qui ressemble vraiment à la Seine Saint-Denis. Je suis un enfant de Fonds Batelière à Schœlcher et je suis séduit pas cette vivacité musicale. J’ai pensé à mon enfance au pays. Ce soir, j’ai eu l’idée de m’inscrire au programme pour l’année prochaine ».


Patrice--Caratini--photo--A--Jocksan.jpgPatrice Caratini, le patron de Jazz  ensemble, 35 ans d’amitié avec le roi de la biguine-jazz: « Ce soir, il y avait un public de connaisseur ; il connaît l’histoire ! Je me souviens quand avec Alain nous avons été jouer, il y a une dizaine d’année, pour la première fois ses compositions aux Antilles, le public avaient apprécié. Je peux dire que l’histoire se répète. On n’a pas joué souvent, mais Stélio, ça passe toujours. Alain est un musicien magnifique. Avec lui, la mayonnaise a pris et en plus nous sommes une bande de copains, on se connaît depuis longtemps dans cet orchestre. L’humain dans la musique, c’est important. Ici tout le monde a envie de jouer et ce programme plait à tout le monde. »


Roger-Raspail--Alain-Jean-Marie-et-Patrice-Caratini--photo-.jpgRoger Raspail, percussionniste guadeloupéen en guest star à Pierrefitte entre Alain Jean-Marie au Piano et Patrice Caratini à la contrebasse : « J’ai eu le bonheur d’accompagner deux grands ce soir, Patrice Caratini et Alain. Ici, c’était la Caraïbes, la nuit de l’outre mer, je me suis régalé en pensant à tous les grands musiciens tels que Vélo, Carnot,  Konket,  Anzala, Braban et les autres. C’est à tous ces musiciens que je dédie mon travail. Il agréable de composer, de  jouer, d’interpréter  la musique. C’est un métier que j’exerce avec amour, très content de faire ce métier. Je crois être l’ambassadeur de mon pays. Car quel que soit le pays que je traverse, je représente mon pays, la Guadeloupe. »

Propos recueillis par Alfred Jocksan (Agence de presse GHM)

 


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