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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 06:28

Les pros des musiques d’outre-mer veulent se structurerDesvarieux-Basset-Singamalon-Kaysha-Aurore-Lanchezrt-Thomas.jpg

Les premières assises des professionnels des musiques d’outre-mer se sont déroulées lundi au ministère de l’Outre-mer sous l’égide de Claudy Siar.

Y assistaient, entre autres, les artistes Sylviane Cédia, Chris Combette, Tony chasseur, Mario Canonge, Thierry Cham, Jean-Philippe Fanfant,  Tedjee, Stéphane Castry, Patrick Marie-Joseph, Thierry Vaton, Jane Fostin…

Sylviane-Cedia--guylaine-Clery-X-Jennifer-Pelage-Krys.jpg« Les professionnels des musiques populaires et traditionnelles sont confrontés à des difficultés spécifiques », Claudy Siar a réuni l'ensemble des acteurs de ce secteur pour  « soutenir ces musiques qui doivent continuer à exprimer les identités des originaires d'Outre-mer et contribuer au rayonnement de ces régions ».

Partant de la situation des filières de production, de l’édition, de la distribution, de la production de spectacles et leurs dysfonctionnements, le premier débat a été une réflexion pour « bâtir des stratégies en intégrant le téléchargement, les nouveaux réflexes d’achat »… Il a été aussi question de la visibilité médiatique de nos artistes, « une difficulté majeure », selon le leader de Kassav, Jacob Desvarieux, autre participant de ces assises : « On a joué au stade de France en 2009 ; on l’a rempli. Aujourd’hui quand vous entendez les différents médias français parler des artistes français qui y sont passés, ils citent Johnny, Bigard, Mylène Farmer, mais jamais nous… C’est un problème et je me demande d’où il vient… » Kassav fait plus de monde à Amsterdam qu’à Lyon, à Lisbonne qu’à Marseille, à Bruxelles qu’à Bordeaux, « et pourtant dans ces pays là, on ne passe pas à la télé, ni à la radio… Il y a un problème en France ».

20 % des ventes en numérique

Patrick-Marie-Joseph--sa-femme-et-Dominique-Mirval.jpgSelon Eric Basset, gérant d’Aztec Musiques, la grande difficulté de diffusion des musiques d’outre-mer vient, comme pour les productions régionales, de la disparition des points de vente et de l’absence de prix unique pour le disque. « Il y a aussi un problème de tarif », explique le producteur réunionnais Jean-Louis Rosely car le disque reste taxé comme un produit de luxe, à 19.6 %. L’autre problème, c’est la numérisation. Le numérique représente 50 % des ventes aux USA et 20 % en France, avec le problème du téléchargement illégal. « Les mauvaises habitudes se sont installées », regrette l’artiste Kaysha qui reconnaît toutefois que cette fraude lui a permis d’être très connu… au Brésil.

Kaysha--Aurore-Lanchart-thomas-Duglet-Jim-Michel-Gabriel.jpgThomas Duglet, de la société Believe, distributeur indépendant de musique sur les plateformes légales, offre à 20 000 producteurs toute une gamme de services de distribution et de promotion dans le numérique. 20 à 30 % de son chiffre d’affaires provient de son catalogue d’artistes ultramarins. « On travaille énormément avec les Antilles, la Réunion et même le Pacifique car ce sont des gens qui se structurent de mieux en mieux… On a monté une chaîne sur Youtube, dédiée à la Réunion. Le digital, estime Thomas Duglet, est un bon palliatif au handicap géographique de la distance. » Un livre blanc sera édité et la plupart des participants se sont inscrits pour participer à la configuration de l’association des professionnels des musique d’outre-mer.  D’ici trois semaines, on con naîtra la date de convocation de son assemblée générale constituante.

FXG (agence de presse GHM)


Le spectacle vivant

Chris-Combette.jpg« On a de plus en plus de mal à organiser des spectacles sur Paris », regrette, le patron réunionnais du label Piros. C’est vrai que les frais de déplacement d’un groupe revient 1.5 à 2 fois plus cher que son cachet. Les aides connaissent une baisse drastique. Guylène Tacoun, conseillère musique et danse à la DAC Océan Indien, ne dispose que de 26 000 € : « Je ne sais pas ce que je peux faire avec 26 000 €… » Des aides des collectivités locales existent, comme celles de la SACEM. Selon Catherine de Luca, de l’ACSE, les musiciens originaires d’outre-mer sont éligibles aux aides pourvu qu’ils aient des projet de diffusion dans les zones relevant de la politique de la Ville et des contrats urbains de cohésion sociale.


Numérisation et discriminationsKrys-debout-micro.jpg

« Beaucoup de clics mais peu d’argent, observe Jacob Desvarieux. Alors évidemment, il y en a toujours un parmi tant d’autres qui réussit. Colonel Reyel a signé dans une maison de disques, a vendu beaucoup… Mais c’est un cas ! Et des gens qui sont le net, qui ont beaucoup de clics mais qui ne touchent rien du tout et qui disparaissent, il y en a des milliers ! » Krys, le producteur de Colonel Reyel (900 000 ventes sur Internet !) estime que la première des difficultés, ce n’est pas la question des ventes : « On est dans une économie de marché avec la loi de l’offre et de la demande. Si un producteur a des produits qui ne fonctionnent pas, ils ne peuvent dire que c’est la faute de la discrimination, il faut avant tout que le produit plaise au public. Par contre il y a des inégalités au niveau de l’accès aux médias. Kassav n’est pas diffusé à l’image de son succès ; c’est davantage là que le problème se pose. Se rassembler permettra peut-être de mettre un peu de pression sur les gros médias. Mais si on ne peut tout mettre sur le dos de la discrimination, elle existe tout de même. » Faut-il continuer de classer les musiques des outre-mer dans les musiques du monde ou dans la chanson et variété françaises ? « Dans les rayons, comme sur I-tunes, la rotation et la visibilité des titres d’outre-mer est forte, estime Eric Basset, meilleures que si nos productions se trouvaient à côté de celles de Johnny ou de Goldman… »


Le prix de la musique

Un titre coûte entre 0.69 € et 1.29 € sur la plupart des services de vente légaux avec des possibilités d’écoute sur téléphone, tablette ou les réseaux sociaux… Un album dématérialisé est vendu 9.90 € contre 19,90 € pour un CD.

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commentaires

thierry 07/03/2012 08:05


Il y a des décennies que les revenus de la musique, comme pour le théâtre, proviennent de subventions directes ou indirectes. Les ventes physiques sur CD ou
digitales ne peuvent qu'être complémentaires. La grande question est subventionne-t-on assez les musiques de l'outremer français ? (festivals, aides à la création, co-production, etc).
Malheureusement ce sont les politiques qui détiennent les cordons de la bourse et l'outremer n'est pas leur priorité. l'enterrement de Césaire, les nomminations de Penchard ou Siar servent à
faire oublier la dure réalité qui est que l'outremer français doit selon les politiques au pouvoir se fondre dans la diversité. Ce qui est un déni, une destruction de l'idée (ou du concept) de
l'outremer contemporain. Chirac était (malgré les odeurs) Pro noirs, Sarkozy est Pro maghrébins. Ces histoires de Hallal et de voiles ne sont que poudre aux yeux médiatique. Hollande,
politiquement, sur les questions culturelles suit la même politique que Sarkozy. Le salut de la création et surtout de la diffusion des créations spécifiques à l' outremer français ne pourra
venir que de nouveaux réseaux Antillais qui affirment non pas, d'abord, leur négritude, mais leur Créolité au sein de la Diversité. Les USA via Beyonce, Usher, Wyclef Jean et bien d'autres, ne
demandent pas que soit "gommé" l'origine insulaire de ces personnalités. En France les gens des îles, en musique, ne pourront progresser que s'ils misent sur la Créolité parce que c'est ce qui
fait leur identité, leur différence.

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