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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 09:20

Quand les gérants des stations-service et le gouvernement ne parlent pas la même langue

Il semble qu’il y ait un probleme de compréhension entre les gérants de stations-service et le gouvernement lorsque ce dernier a proposé de financer une partie de la hausse du prix du carburant (Guyane et Martinique ont chacune déposé un dossier de demande d’augmentation du prix au litre de 1,5 centimes) avec la part chargée d’abonder le fonds de sortie d’activité pendant trois mois. Cette durée serait ensuite reportée en fin de dispositif, soit en 2019 pour la Guyane et la Martinique.

Les gérants guyanais ont fait savoir qu’ils n’étaient pas d’accord pour que l’on touche à leur retraite. Mais l’accord interprofessionnel des pétroliers (AIP) dont il est question, n’est pas une cotisation retraite. L’AIP est un accord signé en 2002 en Guadeloupe, et 2008 en Guyane et Martinique, qui prévoit d’abonder de 0,64 centimes en Guyane, 0,68 en Martinique, un fonds pendant dix ans. Cette réserve est destinée à financer une indemnité de fin de gérance dont le montant est proportionnel à l’ancienneté du gerant et au volume vendu dans la station. Ces 0,64 ou 0,68 sont payés par le consommateur et sont, à côté de la marge du détaillant, une marge de détail différée. Petite différence, c’est une indemnité de fin de gérance en Guyane et une indemnité de fin de contrat aux Antilles. D’où l’appellation de « retraite » par les gérants guyanais, tandis que les Antillais peuvent en bénéficier en changeant simplement d’enseigne…

Le gouvernement a proposé ce dispositif puisque c’est le même que les gérants avaient soumis au ministère des Outre-mer en septembre dernier lors du gel des prix du carburant pour trois mois. La différence étant que ces 0,64 ou 0,68 centimes serviraient cette fois à financer une partie de la hausse des prix demandée, tandis qu’en septembre, ils avaient servi à financer la baisse des prix pour le consommateur. Pour autant, le gouvernement avait déjà accepté de compenser cette perte pour le fonds d’indemnisation en le prolongeant de trois mois en fin de dispositif. Cette fois, les gérants récupéreraient cette part dans leurs marges directes, mais les sommes perdues pour le fonds seraient compensées, là encore, par une prolongation du dispositif pendant trois mois à l’issue des dix ans. C’est ce qui a été effectivement fait pour la Guadeloupe qui arrivait au terme des dix ans en 2012. Le dispositif pourrait d’ailleurs y etre reconduit, mais le gouvernement attend d’abord de recevoir des gérants guadeloupéens leur compte d’emploi (quand il reçoit régulièrement ceux des gérants guyanais). Notons que cet AIP n’existe pas à la Réunion et que cela pourrait bien etre un nouveau souci pour le gouvernement…

FXG, à Paris


Une hausse de 15% des marges gérants en jeu

Les demandes de hausse de prix en Martinique et Guyane sont de l’ordre de 1,5 centimes sur un total de 10 centimes que represente la marge des gérants. La hausse correspond donc à 15 %. Et c’est ca qui pose probleme, dans la mesure où le gouvernement souhaite d’abord réformer le décret Penchard avant d’envisager une éventuelle hausse. Par ailleurs, les gérants sont dans une logique d’indexation du prix en fonction des hausses de salaires, de loyers, de l’électricité, etc.… Une logique admise par le gouvernement à condition qu’elle soit appuyée sur une réalité comptable, une connaissance exacte des marges réelles. Ce dont le gouvernement estime ne pas disposer.

Sur leur 10 centimes de marge par litre, les gérants évaluent la part salariée à 5 ou 6 centimes selon les départements.

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