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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 08:09

L’arrivée de Césaire à la gare Saint-Lazaredife-kako-danse_0483.jpg

« Le train de 14 h 10 en provenance du Havre est annoncé à l’heure », annonce le panneau des arrivées dans la salle des Pas perdus de la gare Saint-Lazare, ce 22 mars à Paris… Il y avait L’arrivée du train en gare de La Ciotat, des frères Lumière, Dali et la gare de Perpignan, « centre du monde »… Cette fois, le lien est tracé entre Césaire et la gare Saint-Lazare… Il y a 82 ans, en octobre 1931, Aimé Césaire, agé de seulement 18 ans, débarquait au Havre, après une traversée de quinze jours « sur un paquebot à bout de souffle » et foulait, sur le quai de cette gare, pour la première fois, le sol parisien. Il allait entrer en classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, dans une classe de 80 élèves, tous lauréats du concours général, venus des provinces, des Outre-mer et de Paris. « Tout a commencé quand j’avais décidé de faire l’agrégation des lettres à Paris », a écrit le poète… Dalthey-Regina-Elizeon-Loial-Drane-Cesaire-Lucrece.jpgEn cette année du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, la direction régionale de la SNCF a voulu marquer l’événement. Danièle Apocale, déléguée outre-mer de la ville de Paris, a évoqué « l’adolescent solitaire préfigurant la solitude de ses héros, Toussaint Louverture, le roi Christophe… » Sophie Elizéon, déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, a rendu hommage au « poète des corps perdus, au député de la décolonisation dont la pensée politique change toujours le visage de la France ». Jocelyn Régina, président de la commission culture du Conseil général de la Martinique, a salué « Aimé Césaire, un phare qui donne envie de se mettre debout, d’être des hommes capables de se donner la main par-delà les préjugés ».

Difé Kako et Igo Dranè

dife-kako-cesaire_0555.jpgLes tambours ont alors résonné et la voix d’Igo Dranè, retenti : « Nègre je suis, nègre je resterai… Ye Krik… » « Ye Krak », a répondu la foule de curieux. « Ce ne sont pas seulement les bouches qui chantent, a poursuivi le conteur martiniquais, mais les pieds, les mains, les fesses, le sexe et la créature tout entière… » Alors le ballet des danseuses de Difé Kako, la compagnie chorégraphique de Chantal Loial, s’est mis en branle. Collants et hauts noirs couverts par un châle aux couleurs madras, six danseuses s’éveillent… Les tambours cognent, le conteur martèle ses mots, les corps s’emballent et virevoltent… Andre-Lucrece.jpg« Le noir n’est pas le mot qu’il faut. Je choisis mon identité », chante le chœur des danseuses. Deux agents de la SNCF arrivent discrètement et déroulent un grand portrait de Césaire sous la fresque représentant le Havre, où figure un paquebot arrivant quai des Antilles…

La célébration s’est poursuivie autour d’André Lucrèce, écrivain et sociologue martiniquais, venu parler de « Césaire, le poète de la nature et de l’humain ». Sa conférence est venue offrir un décryptage de ses lieux d’enfance à Basse-Pointe et des végétaux de sa poésie, du coco lobe, le raisinier du bord de mer, du Caicédrat, l’arbre totem qu’il a choisi pour figurer l’Afrique… Une lecture de poèmes propre à éclairer l’empreinte caribéenne du père de la négritude.

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard


michele-cesaire_0415.jpgMichèle Césaire, fille du poète, femme de théâtre et dramaturge

« J’éprouve un sentiment de gaîté parce que j’adore cette troupe Difé Kako qui fait passer un message extrêmement dynamique, positif au niveau de la culture, de l’expression humaine. C’est une troupe représentative de la pensée d’Aimé Césaire, l’universalité, surtout de sa pensée que l’on a parfois confinée dans un sentiment de ressentiment. Au contraire, je crois que sa pensée est une pensée de conquête, d’amour et de liberté, non pas avec de l’arrogance mais avec de la détermination. Tout ça est important et cette gare est un lieu excellent pour le spectacle. Moi qui fais du théâtre, j’ai toujours été fascinée par les gares. Il y a des lieux comme ça qui me parlent, les cours aussi. Je trouve que ce sont des lieux de vie, des lieux où il se passe des choses et je trouve très intéressant que la culture et la poésie y soient célébrées aujourd’hui. »

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