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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 07:08

Césaire et les révoltes du monde

Visuel-13-Cesaire-Corentin-locaux-Justice.jpg52’ produit par Beau comme une image, beau comme les Antilles

Sur France Ô et Martinique 1ère, le 26 juin – Soirée spéciale Aimé Césaire

Lycée de Bellevue, Fort-de-France, Corentin doit faire un exposé en classe. Il choisit Césaire et le parti communiste. C’est l’occasion de replonger dans le XXe siècle, la fin des empires coloniaux et la naissance du Tiers-monde. Le PC est alors considéré, explique l’historien Alain Ruscio, comme le seul parti capable de transformer le monde. Le jeune lycéen se plonge dans les archives du journal Justice de 1920 à l’arrivée de Césaire en 1945, à la tete de la ville de Fort-de-France. Depuis la négritude et le Cahier, en 1939, Césaire est celui qui condamne l’Europe et le racisme. Raphaël Confiant résume en une formule : « Il a déchiré la carte postale. » Mais 17 mois apres la départementalisation des vieilles colonies, Césaire dénonce à la Chambre une loi vide de réalité. Dans le même temps, en compagnonnant avec le PC, il observe la bascule du monde. C’est à cette bascule que s’intéresse le film de Jérôme Cecil-Auffret, Frederic Tyrode Saint-Louis et Francoise Vergès. Et, au cœur de cette bascule, une autre celle de Césaire rompant avec le Parti. Visuel-1-Cesaire.jpgLe film s’articule autour de cette année 1956 ou trois événement contribuent au virage césairien : le rapport Khrouchtchev de février 1956, le vote des pleins pouvoirs en Algérie auquel le PCF prend part, y associant de fait les élus d’Outre-mer que sont Paul Vergès (qui témoigne cinquante ans après dans ce film) ou Aimé Césaire, et enfin, la crise de Budapest. C’est la rupture avec la gauche néo-colonialiste. « Ce n’est plus le PC qui défend les opprimés, explique Romuald Fonkoua, c’est le monde noir qui veut s’en charger… » Exit le PCF et l’internationalisme sovietique. C’est Bandung, le Tiers-monde, c’est le congrès des écrivains noirs… C’est le temps de « l’heure de nous-mêmes ». Mais tres vite, les indépendances ne sont plus des lendemains qui chantent. C’est Lumumba et Mobutu, c’est Ben Bella et Boumediene. Et c’est déjà très vite un autre Fidel Castro… Une sorte de Tragédie du roi Christophe… Césaire devient prudent avec les folles utopies de ce siècle. Il ne publie plus de poésie d’ailleurs. La jeunesse martiniquaise s’éveille en decembre 1959, puis en 1963 avec l’OJAM et cette secousse, son cri : « La Martinique aux Martiniquais ! » Césaire qui veut rester à côté du peuple, pas devant, qui a voulu pour cela un parti de masse, s’écrie lors d’un meeting : Visuel-10-Cesaire.jpg « L’indépendance, ça se paye en sang et en cadavre… Y êtes-vous prêts ? » Il va venir au procès de l’OJAM et quand l’avocat général lui lance le mot « sécession », il réplique vertement : « C’est la tarte à crème dès qu’on parle de nos droits ! » Césaire aimait mieux libérer l’homme qu’un pays… Son théâtre qu’il commence à écrire à partir de 1960 témoigne dès lors de sa réflexion sur le pouvoir. Pour résumer le siècle politique de Césaire, Rodolphe Désiré, le maire PPM du Marin, a trouvé la formule : « Seize écoles en 1945 à Fort-de-France, 68 en 2001. » Le jeune Corentin qui achève son exposé sur Césaire et le communisme dans le film, vient de l’une d’elles.

FXG, à Paris

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