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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:25

Culture(s) noire(s) en France : la scène et les images

Cultures-noires-en-France-couv.jpg« Peut-on parler de cultures noires en France ? », interroge l’historienne  des arts du spectacle et anthropologue des représentations coloniales, Sylvie Chalaye, en introduction de l’ouvrage qu’elle a dirigé, Culture(s) noire(s) en France : la scène et les images, paru chez Lharmattan en mai 2013. Puisque, théoriquement, la France n’a pas de « culture ghetto », ni de « lieu ou de théâtre dévolu aux expressions artistiques du monde noir », l’ouvrage s’interroge sur les raisons qui font que les artistes noirs sont régulièrement mis à la marge… « L’artiste noir, poursuit la chercheuse, est assigné à produire de la culture noire et, en même temps, on soupçonne de communautarisme ou de ghettoïsation les manifestations tournées vers les expressions afro-caribeennes ».

Lilian Thuram soutient qu’il n’y a pas de culture noire. « J’ai intitulé mon livre, Mes étoiles noires, mais j’ai eu aussi des étoiles blanches », écrit-il dans un entretien publié dans l’ouvrage. Kofi Kwahulé y développe davantage le sens du mot « culture » que celui du mot « noire » qu’on lui accole. Le sujet a  déjà fait l’objet d’un livre et d’un documentaire, La France noire, qui expose la réalité du monde artistique noir et le processus historique de fabrication des Noirs de France. L’ouvrage de Sylvie Chalaye  évoque Serge Hélénon et l’art négro-caraïbe, mais encore les portraits antillais d’Emeline Médina, l’exposition, L’invention du sauvage, la Venus hottentote, qu’elle soit incarnée par Edith Nana ou Chantal Loial… De Phèdre noire à Bakary Sangaré chez Antoine Vitez en passant par Georges Aminel à la Comédie française, des acteurs noirs ont été pourtant hissés au panthéon des grands artistes. Depuis le XIXe siècle, le monde du spectacle français a été nourri des expressions culturelles venues d’Afrique, des Caraïbes et des Amériques. Mais quelle place a-t-on laissée ou donnée à cette créativité que l’on place commodément dans l’enclos de la créolité, celui de la francophonie, plus exotique encore, des outre-mer ou, plus démagogique, dans les cultures urbaines ? Des auteurs, des acteurs s’interrogent, à l’instar de Maxianu Medenou : « De Dom Juan à Woyzeck, la couleur a-t-elle son importance ? »

Après les témoignages de Jacques Martial, de Claire Denis, les expériences de Jenny Alpha, de Lucien Jean-Baptiste ou celle collective du Théâtre des Outre-mer en Avignon, un piste est proposée par Dieudonné Gnammakou dans sa post-face du livre de Samuel Nja Kwa, Minorité visible, cinéma invisible (éditions Dagan) ; « Il n’y aurait aucune incongruité à faire jouer au cinéma par un ou une Noir(e), un légionnaire romain, une noble toulousaine au moyen-âge, une nonne sous Louis XVI, un officier général sous la révolution, un résistant, héros de guerre, libérateur de Paris au XXe siècle, une chef d’entreprise du CAC 40 ou un cardiologue réputé au XXIe siècle. » La question que pose l’ouvrage dirige par Sylvie Chalaye est : la France en est-elle capable, le veut-elle ?

FXG, à Paris

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commentaires

thierry 27/09/2013 11:41


 


Thuram est une star et K. Lemarchand a dû en voir beaucoup (d'étoiles), tout change..Les Arts changent de couleur(s). La France d'aujourd'hui comme celle d'hier est
comme OBAMA, multi-symbolique. Obama est noir, blanc, métis, africain, insulaire, musulman, moderne..Et avec le sourire. Donc, lorsque la France sur son territoire choisit de diffuser 24 heures
chrono avec un président noir ou bien avant, lorsqu'il y avait peu de chaînes de télés, Mission Impossible avec un (électronicien noir) elle prend part habilement à la représentation utile du
contre~emploi figuratif. Pour entre autre permettre au plus grand nombre de pouvoir travailler ensemble. La vraie question de fond(s)..: "Comment médiatiser largement une oeuvre relatant une
Histoire de France blanche et Chrétienne ?" est en effet bien difficile parce qu'elle "amen" une autre question : "Quel public ce genre d'oeuvres va-t-il renconter ?". "La France" est un concept
libre, riche et varié. A varier peut-être pour certains politiques comme la sulfureuse provocatrice Marine Le Pen, héritière du CaC40.

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