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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 04:56

 

Damoison, photographe du Tout monde

David Damoison est le dernier artiste des trois expositions parisiennes de la fondation Clément, 3X3. Cette fois, c’est, toujours dans le Marais, la galerie Anne de Villepois qui accueille le photographe martiniquais jusqu’au 31 juillet.Damoison-2.jpg

David Damoison est né à Malakoff (92), d’un père originaire du Marigot en Martinique et d’une mère tarnaise. Il a suivi des cours à l’école Boulle, à l’American center à Paris, suivi des cours d’arts plastiques à Saint-Denis avant d’être assistant photographe en publicité et mode pour Jean Larivière ou le studio Pin up. Sa première exposition a été le résultat d’un concours photo à Malakoff ; il avait 18 ans. Il lui faudra encore attendre une dizaine d’années pour décrocher des starting blocks ! « Je faisais des images tout seul ; je les ai montrées à la Revue noire et la ballade a commencé. » Ses premières publications seront pour les deux numéros Caraïbes de la Revue noire. Puis il y aura Libération, l’Événement du Jeudi, Le Nouvel Observateur, Télérama... Damoison-3.jpgDe Cuba à Haïti, de la République dominicaine à la Guadeloupe ou la Martinique, du Congo au Mali, ses images interrogent les identités créoles et africaines à travers les territoires parcourus. Il a travaillé avec Raphaël Confiant pour Les Maîtres de la parole créole (Éditions Gallimard), Louis Philippe Dallembert pour Vodou, un tambour pour les Anges (Éditions Autrement) puis avec le poète Monchoachi, Paris Caraïbe, le Voyage des Sens (Éditions Atlantica). En 2004, Martin Parr, commissaire des rencontres photographiques internationales d’Arles, expose son travail sur les ports d’Afrique. David Damoison a par ailleurs co-fondé et travaillé avec un groupe d’amis sur « TOPICS visual arts platform ». Malgré ce CV prestigieux, le photographe doit s’aventurer sur d’autres voies pour vivre… « Je suis sur des chantiers, je conduis des ambulances, je fais des déménagements… », concède-t-il sans amertume. Damoison-oeuvre.jpgIl a toujours un appareil photo sur lui. Au minimum, son téléphone portable avec 8 millions de pixels, son Nikon numérique, un mini Olympus, un Rolleiflex et ses deux Leica, le M4 et le M7. Et côté caillou ? « Je travaille au 35 mm. »

FXG (Agence de presse GHM)

 


ITW Simon Njami, commissaire de l’exposition 3X3

« Du sacré jusqu’aux banlieues »

Damoison-Njami.jpgPourquoi avoir choisi le photographe martiniquais David Damoison ?

David Damoison est l’un des meilleurs photographes de la Caraïbe… Tout simplement. Sa variété de sujet va du sacré jusqu’aux banlieues… Il a photographié tous les pays de la Caraïbes, l’Afrique et recréé un lien entre l’Afrique et les îles.

Qu’est-ce qui fait la qualité artistique de ses photographies ?

L’une des difficultés de la photo, c’est que c’est unidimensionnel. Et quand un photographe travaille sous la forme de triptyque, on passe à quelque chose de beaucoup plus spatial. On passe à une manière de raconter une histoire à travers trois angles différents, trois sujets apparemment différents mais où tout d’un coup, on peut tourner autour de l’image… On n’a pas le sentiment de ce plan, il y a une profondeur de champ rajoutée par le principe tryptique… Mais le support n’est qu’un outil à raconter une histoire. Le meilleur technicien du monde nous fera des choses qui vont nous fatiguer. Le bon ouvrier, c’est celui qui adapte, par rapport à l’histoire qu’il veut raconter, la technique ou le vocabulaire qu’il va utiliser.

Quelle est sa côte ?

C’est un artiste émergent sur le marché. C’est sa première exposition en galerie commerciale, c’est comme s’il était vierge.

Propos recueillis par FXG et RDG

 


Damoison.jpgITW David Damoison, photographe

« Essayer de rendre ce qu’on a vu »

En s’adressant au cœur et à l’œil du photographe, comment choisissez-vous les endroits que vous allez explorer ?

Je vais où mes chaussures me mènent. Par exemple à Caracas, j’ai passé plusieurs mois en atelier avec des enfants dans quatre quartiers différents pour l’ambassade de France. Ca m’a donné accès à une vie intérieure de ces bidonvilles, qui sont en fait des cités incroyables, pleines de vie et de lumière. Chaque fois, j’essaie de trouver un angle pour pouvoir aller au plus simple… A la rue quoi ! Par des ateliers… Ou encore,  avec Simon Njami (commissaire de l’exposition 3X3 de la fondation Clément, NDLR), on a travaillé sur les ports d’Afrique. J’ai pu avoir accès au port de Pointe-Noire au Congo à la recherche de visages, de dockers. Voilà, c’est comme ça que ça se passe.

Damoison-portrait--rdg-.jpgVous faites de nombreuses grandes expositions, êtes-vous intégré dans le milieu artistique ?

Mon travail est intégré. J’avais des images exposées à Miami en décembre ; elles sont maintenant à Sète, mais aussi en Espagne, il y a une biennale à Povedra (Galice). J’ai des images en Chine, avec Simon on a fait un travail sur San Francisco… Le travail circule sans problème. Ce qui est plus difficile, c’est d’arriver à produire son travail. Ce sont des questions économiques, des arrangements à trouver, des architectures à créer et ça prend du temps.

Est-ce que vous vous souvenez de votre première photo ?

Je m’en souviens très bien ! Les toutes premières, j’étais enfant ; ma mère m’avait donné un instamatic pour partir en colo. C’était en Savoie je crois… J’ai ramené des images avec du grain de paysages et de montagnes. J’essayais de composer, il y avait des prés, des chemins, des vaches… C’est ce que j’avais essayé de cadrer… C’étaient mes toutes premières images. Après, avec mon premier appareil, un Fujica avec un petit zoom, je me souviens d’un masque africain qu’on avait à la maison… Un oncle antillais, militaire envoyé en Afrique, nous en avait fait cadeau. Ensuite j’ai tout bazardé pour un vieux Leica !

Damoison-regard-gauche--rdg-.jpgMaintenant vous travaillez toujours en argentique ?

Les deux ! J’ai un Nikon 5D mark II qui fait de supers photos mais j’essaie de continuer avec mon Leica. Et puis des petits appareils, les trois-quarts de mes images couleurs dans cette exposition sont prises par des appareils à moins de 150€.

Le tout est d’avoir l’œil ?

Le tout c’est de vivre les choses. On apprend à essayer de rendre ce qu’on a vu.

Que voudriez-vous dire à un Antillais de 20 ans qui veut se lancer dans la photo ?

Je lui dirais de commencer à photographier dès maintenant, ensuite de faire l’école d’arts de la Martinique. Mais aussi d’étudier l’histoire de la photographie, savoir tout ce qui s’est fait avant lui. Il y a de l’avenir dans la photo, pour les gens qui voient.

Propos recueillis par FXG (Agence de presse GHM)

 

 

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