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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 11:40

Les danses créoles valsent à Argenteuilcomme-autrefois-venu-especialement-de-Baillif-pour-ce-1-fe.jpg

Un grand moment de convivialité et d’échange pour le premier festival de danse créole en Ile de France.

Dimanche dernier, à la salle Jean-Vilar d’Argenteuil, Nita Alphonso, la présidente de Madi et Kéra, a organisé le premier festival des danses  créoles en France hexagonale. Comme Autrefois de Baillif (Guadeloupe), Quadrilles et Polka de Taverny (95), Otantik de Perriolat au François (Martinique), Alizées 78 de Sartrouville et Madi et Kéra d’Argenteuil. Cinq groupe de 4 couples de danseurs et les enfants de Baillif sous le commandement de Casimir Reynoird,  dit Négoce, et de Claude  Coquillasse.

Maitre-Coquillasse-photo-Alfred-Jocksan.jpgQuadrilles, haute taille, polka, mazurka, valse créole,  valse de salon…  Ces danses avaient tendance à être oubliées voire disparaitre sont remisent au goût du jour et appréciées.

Ce dimanche, les hommes et les femmes se sont mis sur leur trente et un pour assister à ce premier festival des danses traditionnelles des Antilles françaises et de l’Hexagone que présentait le duo Félix Douglas et Kolin Serein. Le groupe de « Quadrilles et polka de Taverny » a eu l’honneur d’ouvrir les festivités dans une configuration de quatre couples de danseurs en habit du 18e siècle, les autres en tenues antillaises. Pour le président Philippe  Boireau, « les quadrilles ou quadrilles de lanciers se produisaient dans les châteaux à l’occasion des bals jusqu’au 19e siècle. Nous continuons cette tradition dans les tenues de l’époque. La différence avec les quadrilles des Antilles, c’est qu’ici nous faisons des pas marchés simples et là-bas, c’est en dansant. Il n’y a  aussi que quatre figures  en métropole et aux  Antilles,  cinq ».

un-jeune-couple-d-Alizes-78-photo-Alfred-Jocksan.jpgLes enfants de « Comme Autrefois » de Baillif, groupe présidé par  Jeannine Logier-Babel  ont montré au public  leur savoir faire et leur passion pour une quadrille sans commandement de la Côte sous le vent. Les ainés ont suivi le pas avec aisance et maitrise de leur art, avec des figures telles que pantalon, la poule, la pastourelle qui sont des techniques différentes dans le rythme et le sens esthétique du mouvement. Des pas issus de la contredanse. Les deux autres figures sont  l’été et la galopade, aujourd’hui on dit la finale.

Les danseurs d’Alizés 78 du président, Michel Sioul,ont pris la suite. C’est une véritable compagnie de danses traditionnelles basée dans la grande banlieue, à Sartrouville (78). Ici,  toute une famille ne vit que pour et par la danse. Les gestes sont beaux  et il y a du mouvement dans le respect de la tradition. La danse de coupeur de canne, le Kaladja, la lavandière, la mazurka n’ont plus de secret pour le président chorégraphe, en admiration devant la prestation de ses membres. Et il jubile entre deux actes : « Je suis très satisfait. C’est un beau  festival. Il y a du spectacle et les tenues sont magnifiques. Nous sommes déjà en préparation pour honorer notre invitation en juillet au festival de Baillif.  »Il y a du pain sur la planche !

Otantik-avec-Rene-Silo-photo-Alfred-Jocksan.jpgLes danseurs de haute taille du groupe Otantik de Perriolat du François en Martinique rentrent en scène. Élégamment apprêtés pour la circonstance avec Collette à l’accordéon. Un instrument qu’elle pratique depuis plus de 20 ans en autodidacte, parfaitement maitrisé.  Les danseuses et danseurs  du président Frantz Yala et de Chantal Montagnac, ont eu la surprise de recevoir une invitation pour le festival de danse de la Garonne qui aura lieu fin novembre. Otantik existe depuis plus de quarante ans et est très demandée en Martinique pour animer des mariages ou les réceptions des grandes entreprises.

La-Haute-Taille-de-la-Martinique-photo-Alfred-Jocksan.jpgEnfin, voilà le tour de Madi et Kéra, l’association de Nita Alphonso qui est l’organisatrice de ce premier festival de danse de salon. Nita est très connue dans la région et sur Paris. C’est une femme très rigoureuse dans sa démarche chorégraphique dans le respect de la tradition et des paroles du quadrille avec commandement de la Grande-Terre en Guadeloupe.  Elle fait revivre au sein de la communauté antillaise ses danses d’autrefois, du temps des colonies. Elle travaille inlassablement, sans répit pour la reconnaissance de la culture à travers la danse et la musique traditionnelle. « Pour danser, il faut se faire beau, dit-elle, chaussures verni eset costumes d’époque pour les hommes et wob a ko pour les femmes. Comme au bon vieux temps. »

La musique diffusée par le groupe « Signature  Kadri gwadloup » de Casimir Reynoird  et du chanteur Claude Coquillasse ont dicté les commandements avec respect aux danseuses et danseurs. Il y a un engouement pour ces danses d’autrefois. Une dynamique culturelle, d’échange et de partage qui font le bonheur du public et des participants.

Alfred Jocksan

 


La danse, la  croisée des chemins

 

La-poule-une-de-figure-du-quadrille-photo-Alfred-Jocksan.jpgLes danses de salon des Antilles françaises retrouvent une place centrale auprès de toutes les générations. Autrefois réservé à une certaine élite de la société créole, aujourd’hui c’est un mouvement qu’épouse fièrement la nouvelle génération. Da Baillif à Anse-Bertrand, du Prêcheur au François, ou encore d’Argenteuil à Cachan, car on compte plus d’Antillais en Hexagone que sur les terres de Martinique et de Guadeloupe réunies ! La danse reste un élément vivant, avec ces caprices, sa technique, ses exigences, sa sensualité, ses provocations qui séduisent et forcent l’admiration. C’et un jeu où la musique et la danse sont indissociables, un échange non figé, un véritable dialogue subtilement orchestré  par l’une et l’autre.

Les-aines-de-Comme-Autrefois-danse-la-quadrille-sans-comma.jpgDans la quadrille ou La haute taille, le chanteur commandeur ornemente, harmonise les pas des danseuses et danseurs pour mieux accentuer la force lyrique du mouvement. Les influences européennes dans ces danses  de salon créolisées restent d’une grande créativité. C’est le fruit de la  rencontre de l’Afrique et de l’occident sur ces terres d’Amérique. Mais, aussi les vestiges d’une mémoire chantée, jouée et dansée qui nous plonge dans l’histoire. A la croisé des chemins, une racine qui a fondé une identité, un peuple…. Des créoles.

AJ

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