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Publié par fxg

Les Ultramarins de la Jeanne-d’Arc

Mis en service en 1964 comme nvire école pour les élèves de l’Ecole navale, la Jeanne effectuera cette année sa dernière mission autour de la terre avec une double escale au mois de mars aux Antilles. Revue de troupes des ultramarins du bord.

« J’étais fascinée de voir ce bateau qui symbolisait pour moi cette terre de France, cette République qui nous protégeait, surtout à une époque où l’on pouvait avoir quelques inquiétudes compte tenu de ce qui se pouvait se passer dans les îles de la Caraïbe. » A la veille de son appareillage de Brest pour sa 45e  et dernière campagne, le porte-hélicoptère Jeanne-d’Arc, a reçu la visite de la ministre de l’Outre-mer, mardi soir, alors qu’elle se trouvait à Brest pour prononcer le discours de clôture des assises de l’économie maritime et littorale. Reçue par le pacha, le capitaine de vaisseau Patrick Augier, Marie-Luce Penchard s’est fait présenter les marins ultramarins du bord.

Yannick Beuve, de Capesterre-Belle-Eau est matelot sur la Jeanne depuis six mois. Il ne l’a jamais vue lorsqu’il était enfant, croiser au large de nos eaux, mais il a beaucoup entendu parler d’elle. Sorti premier de sa formation, il a eu le choix. « J’ai appris que c’était sa dernière campagne alors j’ai choisi d’y aller… »

Emilie Duval, originaire de Balata en Martinique, est enseigne de vaisseau, élève officier. Rentrée dans la marine comme matelot, elle a passé le concours interne de l’école navale en 2006 et est arrivée à bord de la Jeanne il y a un mois. Ravie de participer à cette campagne qui va durer six mois, elle partage l’émotion des anciens qui voient arriver la fin de carrière de ce bateau. « Je le vois surtout comme un passage vers une nouvelle génération, comme une transition vers l’avenir. » Emile Duval a très peu vécu en Martinique mais elle sait quel attrait suscitait auprès des Martiniquais la Jeanne lors de ses passages en baie de Fort-de-France. L’enseigne de vaisseau Jonathan Jean, mi-Guadeloupéen, mi-Martiniquais sera lui aussi de cette campagne. Formé en région parisienne, il a fait une classe prépa et a dû travailler « de manière assez conséquente » pour arriver là où il est. « C’est une expérience unique et j’ai hâte de partir et de découvrir ce qui va se passer. »

Escales aux Antilles en mars

Du 16 au 22 mars, la Jeanne sera à Fort-de-France, puis les 22 et 23 en baie des Saintes. « Tout le monde m’attend déjà là-bas ! » Autre enseigne de vaisseau, l’Abymien Jean-Luc Basseur. Il a quitté la Guadeloupe en 1999 après son bac au lycée Providence, étudié la physique à Paris avant de passer les concours pour entrer dans la marine. Trois ans dans la flotille 34 F comme navigateur et quatre autres à l’école navale, un cycle qu’il achève par cette dernière année en mer. « Ca me fait vraiment plaisir de partir avec la Jeanne qui représente beaucoup… Et puis d’aller aux Antilles, montrer aux jeunes ce qu’on fait, ce qu’on est capable de faire, surtout nous ultramarins, ça me plaît de pouvoir montrer aux jeunes qu’ils peuvent suivre le même parcours que nous. Si à travers la Jeanne, on peut arriver à montrer ça, c’est une bonne chose ! » Jean-Luc Basseur s’intéresse d’abord à la machine : « La technologie de la Jeanne est encore valable comme dans les sous-marins même si la manière de produire de la vapeur est différente puisqu’elle est faite avec la fission nucléaire. Sur la Jeanne, on chauffe l’eau avec du gasoil, mais les procédés sont les mêmes. C’est encore un bateau d’actualité. » Madaï Moutoussamy, enseigne de vaisseau originaire de Deshaies, récemment saluée par les talents d’outre-mer, a posé le pied avec une grande émotion sur la Jeanne avant le départ pour cette dernière campagne à laquelle elle ne participera pas. « Mais je sais que là-bas, la population a hâte de recevoir ces bâtiments de la marine nationale qui portent le drapeau français, très cher à leur cœur. » Outre la visite de la ministre de l’Outre-mer, les ultramarins de la Jeanne ont été salué par une autre martiniquaise bien connue du milieu des marins, Jacqueline Tabarly et au moment du départ, c’est le Premier ministre François Fillon qui était attendu.

FXG, agence de presse GHM

 


Comoriens et Calédoniens aussi

Le quartier maître Ismaël Wazizi vient de Lifou, il est maître d’hôtel à bord. Après le centre d’instruction navale où il assure sa formation, ce Calédonien y trouve une affectation pour cinq mois. Un camarade wallisien intervient alors pour lui trouver une affectation sur un bâtiment. Parmi les vingt navires proposés, la Jeanne. « Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sur la Jeanne-d’Arc ; j’y suis depuis octobre 2006 et je serai là pour sa dernière sortie ! » Son camarade, le quartier-maître Gilbert Siselo a commencé comme volontaire à Nouméa, à la base Chaleix. Au bout de trois ans, il est accepté comme engagé et devient le maître d’hôtel du chef d’Etat major des armées, le général Georgelin. Deux ans plus tard, il demande et obtient la Jeanne, en 2007. « Les escales, le prestige et le nom de la Jeanne-d’Arc » sont les motivations qui l’ont poussé à embarquer. Mais ce soir, c’est sa dernière, il débarque avant l’appareillage, un peu déçu de ne pas être de l’ultime campagne de la Jeanne. »

« On est vraiment content si on est affecté sur la Jeanne, avance le second maître mahorais Ahamadi Salim, parce que c’est un bateau qui nous fait découvrir des pays dont on ignorait qu’on aurait un jour la chance d’y aller ! » Il est à bord depuis deux mois. Diéséliste, il apprécie de pouvoir travailler sur un bateau vapeur qui va disparaître bientôt de la marine. « Ca fait quelque chose au cœur de partir six mois, mais pour nous marins, faut arriver à se mouiller ! »



L'enseigne de vaisseau est devenu capitaine de corvette

Yan Bizien, ancien officier chargé de communication des forces armées aux Antilles (jusqu'en 2002), s'est rendu célèbre par ses interventions à la télé et à la radio quand il a été en poste à la préfecture maritime de Brest avec les affaires Prestige ou Bugaled Breizh, puis à Cherbourg. Il est désormais à la communication du chef d'Etat major de la marine, rue Royale.

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herve 05/12/2009 19:34


oui, je suis tout a fait d accord et scandaliser avec le commentaire ci dessus pourquoi, vous oui vous M. fxg  n avait vous pas dit : "les negs de la jeanne d arc."


Don Lexo 05/12/2009 10:32


J'aimerais bien que vous nous fassiez, oui vous FXG, un petit récapitulatif sur l'origine et l'usage du terme "Ultramarins". Parce que je trouve la formule un peu navrante et sa recrudescence
m'agace ! Bien que la référence géographique puisse se comprendre, je ne suis pas sûr quelle soit si heureuse lorsqu'elle vient a désigner les "Français d'Outre-mer". Car, en effet, c'est encore,
et encore, une nouvelle formulation qui procède à notre distanciation d'une citoyenneté française juridiquement acquise. Pourquoi réduire notre appartenance nationale ou la caractériser par une
patente géographique ? De plus, la dépersonnalisation est génante selon moi, déjà que le débat identitaire est prégnant dans nos populations - on s'appelle comment entre nous Antillais : Créole,
négro-martiniquais ou Afro-guadeloupéen, Black, Domiens.... Cette nouvelle terminologie me semble plus être source de confusion que de cohésion ! Certes, les originaires d'Outre mer sont assurément
capables de voir à qui ont fait allusion. Mais nos "compatriotes" français de la "France réel", comme le dit Jean-Marie Le Pen, vous pensez sérieusement que cela a vraiment une résonance pour eux ?
J'en doute FORT ! Je sais de mémoire, la première "chantre" de la formule a été Mme Pau Langenvin, par la revue du même nom, que le Collectif DOM l'a ensencé pour en faire un moteur au lobby de
tous les originaires d'Outre-mer ; mais j'ai constaté depuis Yves Jégo, maitenant ML Penchard, et bien entendu votre blog, une validation positive de la formulation ! Je voudrais bien que l'on
m'explique ce que l'on n'y gagne à en faire usage. Ainsi, je vous propose, en plein débat (ou dérapage) sur l'identité nationale, de nous faire un article pour demander à nos décideurs politiques,
notamment MLP, Karam, Pau Langevin (où tout au moins à leurs attachés de presse) ce qu'ils mettent dans cette terminologie et sa fonctionnalité opératoire.
Par avance un grand merci si vous consentez à l'exercice !
Cordialement