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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 06:04

La Foire de Paris offre une belle vitrine à la Guyane

Avec une trentaine d’artistes chargés de l’animation et une vingtaine d’exposants, la Guyane se présente sous son meilleur jour au parc des expositions de la porte de Versailles.stand-guyane.jpg

« L’opération Foire de Paris n’est pas une opération CCI. Notre philosophie, c’est la Guyane… » Franck Vieillot, chef du service assistance aux entreprises de la CCI de la Guyane se montre modeste devant le plus beau des stands du hall Terre de tropiques (élu stand d’or à l’unanimité du jury). La CCI, cheville ouvrière de l’opération Foire de Paris, a proposé le thème du décor : les lodges et les carbets, histoire de bien montrer la tendance tourisme durable de la destination. Franck-Vieillot-CCI.jpgMis à part ce détail, Franck Vieillot  (photo) ne jure que par le collectif. A raison, puisque cette opération parisienne a été permise grâce au concours fincancier de la Région, de l’Europe et du CNES. Les 19 exposants présents (dont Montabo soleil, Ibis rouge, Jan d’Or, Délices de Guyane) ont ainsi pu limiter leur participation à 35 % du budget global, estimé par M. Vieillot à 300 000 €. « On a fait venir l’office du tourisme de Saint-Laurent qui assure la représentation d’une dizaine d’entreprises artisanales. Souvent individuelles, ces entreprises n’auraient pu se permettre de laisser leur échoppe fermée pendant les quinze jours de la Foire de Paris. » Mme-Eliette-et-son-manare.jpgLe Parc national amazonien de Guyane a lui aussi apporté sa contribution en faisant venir trois artisans de Mana, Roura et Sinamary. Jean-Philippe Richard et Nadège  Guerville du Parc expliquent comment depuis le mois de juillet, le Parc a mis en place une politique d’identification des productions artisanales qui participent au développement local. La première à avoir été identifiée est la société de Manan Exotic Chips de Mme Sodearman. Depuis ils en ont identifié une dizaine, toutes des entreprises de service ou d’artisanat. « Ce qu’on cherche à vendre, explique Nadège, c’est la marque Parc. » C’est ainsi que Mme Eliette (photo) et son couac, le sculpteur Henricus Solega et encore  Armelle Carotine et ses punch ont pu faire le déplacement à Paris.

Du couac, du bois et des punch

Armelle-Carotine-et-Veronique.jpgPour Mme Eliette, c’est une grande première cette Foire et c’est le bonheur ! Elle n’est pas sûr que les 250 kilos de couac qu’elle a préparés avant de venir suffiront pour tenir jusqu’à dimanche, jour de fermeture de la Foire. Et quand on lui demande son chiffre d’affaires, elle se contente de répondre en souriant : « très bon ! ». Elle vend son sachet de couac à 10 € contre un prix habituellement pratiqué en Guyane de 8 €. Armelle Carotine aussi semble contente de cette expérience. Elle a emmené quelque 600 bouteilles de punch et se dit sûre de ne rien ramener à Cayenne ! « Ca vaut le coup de venir ! Pour ceux qui ne connaissent pas la Foire, ils ne peuvent pas se rendre compte à quel point c’est fabuleux ! » De la bouteille, elle en a puisque c’est sa 7e participation à la Foire de Paris… Quant à son chiffre d’affaires, il représente une « part significative » de son chiffre annuel. Henricus SolegaC’est un peu plus difficile pour le sculpteur bushinengué Henricus Soléga. Il a apporté ses masques, ses pirogues en bois de wacapou, de Moutouchi ou de courbaril. Un visiteur a osé le soupçonner d’importer son bois du Brésil ! « Détrompez-vous, lui a-t-il répondu. La Guyane est couverte de forêts et ça nous reviendrait plus cher d’importer le bois du Brésil… » Finalement, il a coupé court à la conversation ! Il lâche deux pièces sculptées à une acheteuse difficile qui marchande comme on le ferait au marché aux puces. Il finit par céder à 20 € au lieu de 45. « C’est la première vente de la journée ; elle va me porter chance. » Pour Henricus, cette Foire, sa première à lui aussi, c’est pour se faire connaître et nouer des contacts. Son entreprise n’a que deux ans et il vit encore chez sa mère… Sans l’aide du Parc, il ne serait pas venu. Quant à Mme Eliette, l’année prochaine, elle reviendra avec des photos de la fabrication du couac. Elle a été vexée qu’on ait pu penser que ce n’était pas elle qui le produisait.

FXG (agence de presse GHM)

 


Carence de pépite

 

Le-bijou-federateur-de-Jan-d-or.jpgImpossible d’acheter une pépite au stand de la Guyane ! Les badauds sont déçus… « Rassuez-vious, ça fait deux qu’on ne peut pas non plus en trouver en Guyane », explique Jean-Noël Couperin, le patron de la bijouterie Jan d’or qui délocalise sa boutique depuis 2004 à la Foire de Paris. Sans pépite, ses clients habitués sont un peu déçus mais il a su trouver des produits de substitution : l’or sur bois, les filigranes, les grains d’or et les produits « œcuméniques ». « Avant, je proposais des bijoux représentant la Guyane, mais je me suis rendu compte qu’à la Foire, la clientèle était domienne. Je me suis adapté. » Et maintenant, il fait des bijoux aux armes de la Guadeloupe, de la Martinique, d’Haïti. Ca part bien malgré la hausse du prix de l’or. En trois ans, le gramme est passé de 12 à 33 €. « C’est le prix de l’or qui monte, pas mes marges ! »

 


La fin des clichés

 

Bernadette-Bidiou-et-Aurelie-Schleger.jpgBernadette Bidiou et Aurélie Schleger animent le stand de l’office du tourisme de Saint-Laurent du Maroni et reçoivent pas mal de curieux attirés par les couleurs de leur stand. « Il y a encore des gens qui ne connaissent pas du tout la Guyane mais dans l’ensemble, la majorité sait nous situer. » Beaucoup sont venus chercher des informations à la suite d’un mail de promotion d’air France qui propose des billets à 398 €. « On pense beaucoup aux Antilles, disent ces curieux, mais la Guyane a l’air attrayante. » « C’est nouveau ce discours, explique Aurélie, et surtout,  on a constaté que les clichés sur les bestioles, c’est fini ! Et on n’a même pas eu de questions sur le bagne. L’image de la Guyane change. »


Ibis dans le rouge

Malherbe-Ibis-rouge.jpgIl est la part culturelle de la Guyane à la Foire de Paris. Jean-Louis Malherbe des éditions Ibis rouge expose 1400 kilos de livres (son catalogue contient plus de 400 titres) et constate que le livre attire de moins en moins les visiteurs de la Foire. En 2005, il faisait 6400 € de chiffre d’affaires et 11500 en 2009. A trois jours de la fin de ce salon, il n’a pas atteint le tiers du chiffre de 2009. « Le livre intéresse-t-il encore la population ? », se demande celui qui constate que les visiteurs de la Foire viennent pour manger des produits locaux et se rencontrer… Pour cette édition de la Foire de Paris, il sort pourtant un très bel ouvrage de photos de Karl Joseph, Les Guyanais. Lors de la journée de la Guyane, nombreux sont les visiteurs qui l’ont feuilleté, beaucoup d’hommes politiques du pays, mais aucun pour en acheter ! C’est ce qu’on appelle le soutien économique.

 


On les a vus et entendus

Victor Klet, Henri Placide (prix Sacem), Nadine Léo (la révélation du folklore guyanais), les zoukers de Saint-Laurent, Sweet wave ont fait le show sur la scène extérieure. Le groupe Karnivore qui a remporté le prix de la meilleure chanson du carnaval 2011 avec « Kidnapping » a cartonné aussi tout comme les groupes carnavalesques Rouleau d’or, Tcho péyi et Guyane Co. La vice-présidente de la Région, Hélène Sirder, le président de la CCI Jean-Paul Lepelletier, le conseiller général Antoine Karam et encore la présidente du CTG, Sylvie Désert se sont fait voir mercredi, journée de la Guyane. On les retrouvera samedi pour une soirée de prestige sur une péniche sur la Seine.

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