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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 05:45

ITW François Hollande

Le candidat à la primaire socialiste est en Martinique lundi et en Guadeloupe mardi

"Je nommerai un ministre venant de l’outre-mer" 

Avez-vous un lien personnel avec l’outre-mer, si oui lequel ?

 

J’ai un lien affectif avec l’outre-mer et les Antilles en particulier qui m’a conduit, lorsque j’étais 1er secrétaire du Parti socialiste à y venir régulièrement. Hélas, j’ai effectué ma dernière visite, pour participer aux funérailles d’Aimé Césaire, en Martinique.

 

En tant que 1er secrétaire du Parti socialiste, qu’avez-vous initié en ce qui concerne l’Outre-mer ?

 

Il y eut deux temps dans cette fonction que j’ai occupée pendant plus de dix ans. Le premier avec le gouvernement Jospin ; j’ai veillé, avec les élus de l’outre-mer, à ce que les dossiers en matière d’égalité et de parité en matière sociale, entre la métropole et l’outre-mer progressent. Ensuite, dans l’opposition j’ai dénoncé le vote UMP de la loi de février 2005, j’ai pris avec toutes les forces de la gauche des initiatives pour remettre en cause cette disposition qui avait heurté les consciences, pas seulement en outre-mer, mais aussi en Afrique, et je suis personnellement intervenu auprès de Jacques Chirac, alors président de la République, pour qu’il abandonne ce dispositif, ce qui fut fait.


Qu’est-ce qui va vous différencier des autres candidats à la primaire dans votre approche de l’outre-mer ?

 

Ma démarche, ce n’est pas de me différencier d’autres socialistes mais d’affirmer ma vision qui est celle de la dignité personnelle et du développement commun. Ce que je veux, c’est dire aux Ultramarins combien je pense que leur présence dans la République est une chance pour la France. L’Outre Mer n’est pas une dette ou un fardeau, c’est un levier et un aout pour notre pays. Ce que l’outre-mer représente en diversité, en création, en talents, mais aussi en présence dans des espaces loin de la métropole mais si importants pour notre influence et notre solidarité. Je pense à l’Amérique latine, grâce aux Antilles, à l’Afrique pour la Réunion et Mayotte, au Pacifique pour la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française. Tous ces territoires, tous ces départements, nous permettent d’être ancrés dans le monde et de rayonner, de promouvoir notre langue, notre culture, nos valeurs. L’outre-mer ne demande pas un soutien parce que ce seraient des territoires fragiles, mais un investissement parce que ce sont des territoires utiles.


Le programme de la plateforme socialiste propose une trentaine de mesures pour l’Outre-mer, quelles seront vos priorités ?

 

Ma priorité sera de tout faire pour le développement économique. D’abord les prix qui devront être maîtrisés, notamment pour les produits de première nécessité et surtout le chômage qui est encore plus élevé en outre-mer qu’à la métropole. Au travers des exonérations de cotisations, la défiscalisation, les politiques de long terme pour des secteurs économiques qui intéressent l’outre-mer, notamment les énergies durables, il faut faire en sorte que nous puissions mobiliser tous ces moyens pour l’emploi et notamment celui des jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir et dont certains se marginalisent.


La jeunesse est un des points forts de votre campagne ; elle est nombreuse et au chômage en outre-mer. Que proposez-vous ?

 

J’ai voulu que ma campagne présidentielle soit entièrement tournée vers la jeunesse, En outre-mer comme en métropole, c’est sur la génération qui monte qu’il faudra concentrer nos efforts. L’éducation, la formation professionnelle, l’orientation vers les métiers de demain doivent être renforcées. Je propose un contrat de génération. L’employeur qui gardera un senior, le temps qu’il puisse partir à la retraite, mais embauchera un jeune de moins de 25 ans avec un contrat à durée indéterminée, ne payera plus de cotisations patronales sur les deux emplois. Cette mesure aura un effet massif pour l’outre-mer.


Nicolas Sarkozy a marqué une vraie rupture dans la relation qui lie le président de la République à l’outre-mer. Ce lien vous semble-il distendu ; si oui comment le rétabliriez-vous ?

 

A la différence de ses prédécesseurs, y compris de droite, Nicolas Sarkozy a donné le sentiment – je ne dis pas que c’était forcément son intention – d’être loin, distant, méfiant, et il n’a pas eu les gestes qui auraient pu marquer une considération. Néanmoins, je veux mettre à son actif la cérémonie qui a eu lieu au Panthéon à la mémoire d’Aimé Césaire. Mais au-delà des mots, les actes n’ont pas suivi. De ce point de vue, il n’y a eu aucune mesure forte pour le développement, pour la reconnaissance des mémoires, aucune décision financière significative. Je vais prendre un seul exemple : le grand emprunt, qui a été décidé il y a déjà plusieurs mois et dont les sommes ont été affectées ces derniers jours, concerne très peu, pour ne pas dire pas l’outre-mer. Alors qu’il aurait fallu retenir à mon avis, un grand secteur qui aurait pu être par exemple l’agroalimentaire ou la recherche sur la biodiversité.


La politique outre-mer de l’Elysée a toutefois donné l’impression d’un dynamisme même si elle n’a pas été toujours payée de succès électoral en retour ; le président a levé les tabous sur l’évolution institutionnelle… Quel jugement portez-vous sur cette politique ?

 

Il y a eu beaucoup d’initiatives, mais avec peu de cohérence et guère de moyens financiers pour les accompagner. La « collectivité unique » en est une illustration. Pour le reste, le seul élément institutionnel qui ait été acté, c’est la départementalisation de Mayotte.


La réforme des institutions de la Guyane et de la Martinique vient pourtant d’être adoptée à l’Assemblée nationale…

 

Je veillerai à ce que l’esprit et la lettre de ce choix soient respectés car d’ici 2012, le texte ne se traduira pas par des engagements budgétaires sérieux de la part de l’Etat.


On en est à notre troisième ministre de l’Outre-mer depuis 2007 et l’actuelle titulaire est une ultramarine ; que pensez-vous de ce symbole ?

 

Il faut de la durée pour l’exercice de cette responsabilité. Si je suis élu président de la République, je nommerai un ministre venant de l’outre-mer. Non par automatisme, il y a des considérations qui peuvent appeler d’autres solutions, mais je pense que c’est un bon principe…


A l’Outre-mer ou pas spécialement ?

 

Pour l’Outre-mer, quel que soit son titulaire, un temps long est nécessaire parce que les choix doivent être ceux du développement durable des investissements d’avenir, de la confiance retrouvée. Ce qui suppose  une persévérance, une continuité et une visibilité. Le cadre institutionnel comme la donne fiscale ne doivent pas changer perpétuellement si l’on veut sécuriser les acteurs économiques et mobiliser les citoyens.


Savez-vous déjà sur quels soutiens vous pouvez compter en Guadeloupe et en Martinique pour cette primaire. Victorin Lurel, votre ancien secrétaire national à l’Outre-mer et Louis-Joseph Manscour vous ont-ils fait des signes ?

 

J’ai la même attitude par rapport aux élus de l’outre-mer que par rapport à ceux de métropole. Je ne sollicite aucun ralliement, en revanche, je suis toujours flatté et fier de recueillir une déclaration d’une personnalité, m’accordant sa confiance. Si je viens en Martinique et en Guadeloupe, ce n’est pas pour aller capter des appuis, c’est pour poursuivre un dialogue avec tous les élus, qu’ils soutiennent ou non ma candidature, qu’ils soient ou non socialistes, de façon à ce que je puisse à la fois prendre des engagements et entendre les attentes des représentants de ces territoires. Pour ce qui concerne Victorin Lurel, j’aurai un mot particulier parce qu’il a été un secrétaire national à l’outre-mer particulièrement brillant, il a eu une élection éclatante par son ampleur en Guadeloupe. Louis-Jospeh Manscour est un collègue apprécié à l’Assemblée nationale, un homme de très grande qualité et qui, avec sa méthode, a remarquablement promu la Martinique.


Quel commentaire faites-vous sur la volonté d’Oscar Temaru de réinscrire la Polynésie française sur la liste de l’ONU des pays à décoloniser ?

 

J’ai rencontré Oscar Témaru à plusieurs reprises et j’ai avec lui une relation franche. Je sais que son engagement est porté par la revendication de l’indépendance. C’est son objectif et je le respecte. Ce n’est pas ma position. Néanmoins, il faut avoir des rapports politiques avec le mouvement qu’il représente, d’autant plus qu’il est le chef de l’exécutif en Polynésie.



Affaire DSK – Réaction de François Hollande


DSK innocenté, annonce-t-on à New York. Quel commentaire faîtes-vous ?

 Je souhaite vraiment que, suite à ces révélations, les accusations qui pèsent sur lui puissent être levées. Je sais l’épreuve qu’il a traversée et j’imagine combien serait grande sa délivrance s’il pouvait, et le plus tôt sera le mieux, être lavé de toutes ces charges qui ont fait tant de mal.

 Serait-il à même de revenir, peut-être pas comme vous ou Martine Aubry, mais au moins dans le jeu de cette campagne ?

 Ce sera à lui d’en décider. J’ai engagé ma candidature alors même que la sienne était plus que probable, presque certaine. Car, il ne faisait pas de doute qu’il cheminait dans cette direction. Ensuite, il en a été empêché et d’autres décisions ont été prises. Aujourd’hui le temps pour ce qui le concerne est toujours judiciaire et pas encore politique.

Quel est votre plan d'action ? 

 Je poursuis résolument ma campagne. Elle a commencé par ma déclaration de candidature le 31 mars 2011, je souhaite y mettre un terme victorieux le 6 mai 2010.

 Propos recueillis par François-Xavier Guillerm (agence de presse GHM)                  

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