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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 07:50

« Le PS va avoir à donner ses positions sur un projet pour les outre-mers »

Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, accompagné du sénateur Simon Sutour, se rend en Guyane, Guadeloupe et Martinique entre les 5 et 13 novembre. Interview

Bel-Jean-Pierre-Senat-PS.jpgLe président du groupe socialiste en déplacement plus de dix jours dans les DFA, c’est un voyage très politique… Est-ce dû à la perspective du renouvellement du Sénat en 2011 et son possible basculement à gauche ?

Oui, c’est un voyage politique puisque nous sommes en plein dans une réforme territoriale qui a des incidences sur l’Outre-mer. Et oui, le Sénat peut passer à gauche et, bien entendu, on s’y prépare. Je vais donc rencontrer les Ultramarins pour exprimer nos points de vue. Je sais que celui du gouvernement est souvent exprimé, celui du président Larcher l’a été aussi puisqu’il a fait aussi ce déplacement récemment. Il était un peu normal que le principal groupe d’opposition soit aussi du voyage.

En Martinique, se prépare le nouveau statut institutionnel de la collectivité. Il y a un fossé qui sépare Claude Lise, votre collègue, de Serge Létchimy, membre du groupe PS aussi, à l’Assemblée ? Quel va être votre positionnement ?

Vous comprenez bien en me la posant que c’est une question difficile. Ces deux amis ont pris des chemins divergents dans la réponse qu’ils ont apportée au référendum et au choix de l’article 73… Pour nous c’est une situation délicate. Je pense cette évolution positive et adaptée même si je m’engage un petit peu en disant cela… On a bien vu aussi comment le paysage politique s’était remodelé et c’est vrai que Claude et Serge ont pris des voies différentes. Je ne vais surtout pas ici pour me mêler d’une discussion qui les concerne. Je ne vais ni trancher ni arbitrer en donnant raison à l’un ou à l’autre, mais j’ai quand même pris note de ce qui s’est passé lors de la dernière consultation.

En Guyane, se prépare le nouveau statut institutionnel de la collectivité. Savez-vous d’ores et déjà ce que le groupe socialiste veut soutenir comme projet de loi ?

Nous avons eu déjà souvent l’occasion d’écouter les sénateurs de Guyane qui s’expriment lors des réunions de groupe. On a tendance à les suivre et à leur faire confiance. On a pris acte des choix faits en janvier 2010. Pour le reste le but de ce déplacement, c’est de m’imprégner du ressenti des gens sur place parce qu’il y a la question institutionnelle mais il y a aussi les problèmes économiques qui pèsent très lourdement sur l’avenir de ce territoire. Je viens pour avancer ma connaissance du sujet. Je ne suis pas un ministre d’Outre-mer et je ne prétends pas connaître tout dans le détail. Mais la voie qui a été choisie me semble adaptée.

C’est le Sénat qui aura, le premier, à donner son avis sur le projet du gouvernement. Quand examinerez-vous le projet de loi portant création des collectivités uniques de la Martinique et de la Guyane ?

Le gouvernement fait des déclarations, et à la sortie, c’est un peu flou. On a eu du mal à savoir quand la réforme territoriale serait votée au plan national donc je crois que pour ce qui concerne la loi organique de la Guyane et de la Martinique, ce sera pour l’année prochaine. Il y a beaucoup de choses en attente…

La Guadeloupe a demandé du temps avant d’être consultée pour un nouveau statut institutionnel. Et l’on s’aperçoit que le sort de la Guadeloupe a déjà été écrit dans le projet de réforme territoriale en passe d’être adoptée au Sénat, demain mardi…

La perception qu’on eue de la Guadeloupe, à Paris, c’est qu’elle n’a pas voulu se laisser entraîner dans une espèce de frénésie. Ses élus avaient senti ça comme un peu précipité. Jacques Gillot et Victorin Lurel ont eu l’occasion de nous l’expliquer. Peut-on considérer que la question de la Guadeloupe soit traitée dans la réforme territoriale, je ne suis pas sûr non plus…

Elle apparaît clairement dans le texte…

Est-ce qu’à l’issue du vote on considèrera que c’est réglé pour la Guadeloupe ? Je suis dubitatif… J’attends de connaître l’opinion de nos amis guadeloupéens mais il me semble qu’ils vont plutôt en rester à leur première approche qui était non pas d’annuler une consultation mais de la repousser, de se laisser le temps de la réflexion, de voir ce que la réforme territoriale avait comme impact pour eux. Il n’y a pas de raison qu’ils n’aient pas droit eux aussi à un grand débat autour de ces questions.

Que pourra faire le groupe socialiste minoritaire au Sénat pour ce projet guadeloupéen ?

Je compte beaucoup sur ce voyage pour pouvoir porter cette parole au sein du PS qui tout de même sera celui qui sera appelé, peut-être demain, avec une prise de responsabilité au plan national à influer dans un sens ou dans un autre. Le président de groupe que je suis et le parti socialiste, lui-même, va avoir à donner ses positions sur un projet pour les outre-mers. Martine Aubry est au courant de ce déplacement et je serai amené, en revenant, à lui dire des choses. Et le rapport que le président du groupe au Sénat pourra faire sera aussi pris en considération sur le futur projet du PS, en particulier sur l’outre-mer. Après les événements de décembre 2008 à mars 2009, on aura l’occasion de s’interroger sur nos positions sur ces problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de niveau de vie, et sur les problèmes de ressources de la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique.

Les DFA ont 5 sénateurs apparentés PS sur 7. Pensez-vous pouvoir faire le grand chelem lors du prochain renouvellement de septembre 2011 ?

On est dans la perspective de progresser. On ne s’interroge même pas sur l’issue des prochaines sénatoriales. Aux prochaines sénatoriales, la gauche va gagner le Sénat puisque nous avons gagné les élections municipales, cantonales et régionales. On doit arriver à la majorité absolue. Nous considérons la Guadeloupe comme un département où nous devons progresser, comme un département test. Aujourd’hui, il nous manque 18 sénateurs et 2 sur 18, c’est beaucoup !

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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