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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 17:58

Jégo dédicace son livre à Victorin Lurel « l’homme politique »

Vendredi soir, à Paris, Yves Jégo faisait une séance de signature en face du siège du PS et de l’antenne parisienne de la Région Guadeloupe.

Anne-Marie Payet, sénatrice UMP de la Réunion, Victorin Lurel, député PS de la Guadeloupe, Christine Kelly, membre du CSA et proche de François Fillon ( !), José Pentoscrope, président du CIFORDOM, Babette de Rozière ou encore le directeur général de France-Antilles, Marc Auburtin, étaient les personnalités qui sont venus se faire dédicacer l’ouvrage d’Yves Jégo, Quinze mois et cinq jours entre faux gentils et vrais méchants, publié chez Grasset. José Pentoscrope, venu aussi avec le livre de Jacques Chirac, ne tenait pas trop à la photo avec le député de Seine-et-Marne, Patrick Karam a pris deux livres, pour son père et sa mère… Scène cocasse quand Guillaume Hayot est arrivé devant la table d’Yves Jégo : « Pouvez-vous en signer deux, un pour Guillaume Hayot, l’autre pour Jean-François Hayot ? » Surprise de l’homme qui a soupçonné les békés d’être à l’origine de son limogeage, puis ressaisissement traduit par un laconique « très bien. » Evidemment, c’est la confrontation avec Victorin Lurel qui était la plus surveillée, eu égard au rôle que prête l’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer au président de la Région Guadeloupe.

Mazarinade

« Mettez-moi quelque chose de bien cynique, machiavélique, quelque chose d’assassin… Une mazarinade ! », a lancé d’un ton ironique et provocateur Victorin Lurel. Jégo, souriant, s’est contenté d’un sybillin ! « A Victorin Lurel, l’homme politique, ces quinze mois et quinze jours qui nous ont rapprochés… » Et comme Yves Jégo part en vacances et en famille du 20 décembre au 3 janvier en Martinique, il pourrait honorer l’invitation de Régine Jasor à venir pour une séance de dédicace en Guadeloupe. « Je suis sûr que dans les rues de Pointe-à-Pitre, les gens vous salueront », lui a déclaré M. Lurel. Celui-ci dit comprendre et respecter les écrits de l’ancien ministre, mais il nuance : «  J’ai mon regard et il y a plus de choses à dire que ce qu’on peut trouver dans son livre. C’est un bon roman vu avec les yeux d’un romancier qui a du talent… »  Notamment celui de prêter à Lurel une grande influence : « En parlant de moi, il reconnaît en creux que ma parole a du poids dans les hautes sphères… A le lire, je serai presque directement responsable de son limogeage ! Or, ce sont les pétroliers, le patronat et Marie-Luce Penchard qui en sont responsables ! » Préférant parler de « réalité fictionnelle », Lurel reproche à Jégo de n’avoir mis en page que trois des acteurs de ces 44 jours qui ébranlèrent l’outre-mer : « Lui, Fillon et Domota… Et puis, dans le ciel elyséen, il y a Sarko qu’il faut absolument ménager… J’ai eu du plaisir à le lire, avec souvent des yeux écarquillés ! Quand je lis mon ami Jégo, je me dis que je dois écrire mon livre ! » Il trouvera le temps, confie-t-il, après les élections régionales…

FXG, agence de presse GHM


ITW Yves Jégo, ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer

« Une partie du patronat guadeloupéen n’a pas été à la hauteur »

Pourquoi avoir voulu écrire ce livre ?

C’est une envie de vérité, je devais cette vérité aux ultramarins. C’est vrai que quand on a subi une tempête, une crise comme celle dans laquelle je me suis trouvé, qu’elle se termine par un débarquement un peu brutal, on a envie de faire partager au plus grand nombre ce qui s'est passé dans les coulisses. C’est forcément partiel, un peu partial, mais c’est ma vérité et je veux la livrer parce que je la devais aux ultramarins.

Vous n’êtes pas tendre avec le patronat guadeloupéen, pourquoi ?

A titre individuel, j’ai beaucoup de respect pour chacun de ceux que j’ai côtoyés. C’est vrai que je trouve qu’une partie du patronat guadeloupéen n’a pas été à la hauteur de ce que j’espérais dans un moment aussi tragique. Je ne suis pas adepte de la langue de bois, je l’ai montré pendant que j’étais au gouvernement, et j’ai voulu dans ce livre dire ce que j’avais ressenti, sans haine, ni hargne.

Vous semblez trouver Elie Domota assez bonhomme…

Il ne s’agit pas de trouver les gens sympathique ou non, il s’agit de savoir si certains ont été à la hauteur des circonstances. Elie Domota, même si je ne partage pas son approche idéologique, ne disait pas toutefois que des choses fausses. Le reconnaître ne fait tout de même pas de moi un membre actif du LKP. Ne pas le reconnaître aurait fait de moi un représentant partial de l'Etat. Il rêvait sans doute de martyres de la cause et il s’est retrouvé dans le champ républicain.

Vous évoquez votre successeur…

Il n’est pas de tradition de parler de son successeur, je n’ai qu’un souhait pour l’outre-mer, c’est que celle qui a aujourd’hui en charge ce ministère puisse réussir parce qu’au-delà de nos personnes, c’est l’intérêt général qui doit prévaloir. Dans ce livre, je crois avoir démontré que pour moi l’intérêt général doit toujours triompher des intérêts personnels.

Vous n’évoquez pas la Martinique, pourquoi ?

Nous avons la chance, en Martinique, d’avoir un préfet de très haut niveau, qui a pris les choses en main et dans le bon sens dès le début et d’avoir aussi un patronat plus apte à négocier. Si nous avions eu la même situation en Guadeloupe, je n’aurais sans doute pas été obligé de descendre dans l’arène.

Et le préfet Desforges ?

C’est lui qui a figé la situation… Il a incontestablement commis une erreur en laissant les négociations démarrer sous l'oeil des caméras. Lorsque je l'ai appris, j'ai vite compris que le mal était fait et que l'opinion publique faisait, dans sa grande majorité, corps avec le LKP. Sans cette erreur de démarrage, les choses se seraient sans doute déroulées autrement.

Vous rendez hommage à Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Raymond Soubie, pourquoi ?

Je rends un hommage à tous ceux qui, dans cette affaire, ont été à la hauteur de la crise et un soutien de l’action que j’ai menée pour en sortir par la discussion, le dialogue républicain et pour éviter les affrontements dans une situation dont chacun reconnaît qu'elle était devenue quasi inextricable.

Au sortir de votre expérience, quels liens conserverez-vous avec l’outre-mer ?

La vie politique continue, je suis très heureux de pouvoir mener d'autres combats mais il est vrai que je resterais marqué à jamais par ces 15 mois et 5 jours. L'outre-mer me manque déjà à tel point que je vais retourner aux Antilles dès la fin de cette année.

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

 Photo : Alfred Jocksan

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