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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:57

L'Absence, un thriller à Dakar

Affiche-L-absence.jpgMama Keïta a réalisé L’Absence en 2009 et ce film ne sort que cette semaine ! Adama Diop (William Nadylam), un scientifique accompli, vit à Paris depuis quinze ans. Un télégramme alarmant sur l'état de santé de sa vieille grand-mère le pousse à revenir dans son pays natal, le Sénégal. Mais la lettre est en réalité un faux, envoyé par sa soeur Aïcha, une jeune femme sourde-muette. A partir de là, Mama Keïta, (il est guinéen, natif de Dakar en 1956, d'une mère vietnamienne) se lance dans un thriller urbain dakarois. « D’une violence et d’un nihilisme qui flirtent parfois a la complaisance, [le] calvaire [du héros] permet à [Mama Keïta] de jeter un regard terriblement critique sur son continent et de traquer l’humain derrière la déliquescence générale », ecrit le critique de Première.

Ce premier rôle féminin est porte par Jacky Tavernier, une actrice martiniquaise. « Je ne devais pas avoir le rôle… », s’amuse à conter la jeune femme. Lors d’une soirée chez des amis communs, elle a rencontré Mama Keïta. Elle arrivait de Guyane ou elle avait passé sept annees et lui était prêt à tourner L’Absence. Il a donne le rôle d’Aicha à une demoiselle de 18 ans. Elle n’est pas comédienne, mais elle est sourde et muette. Et puis, patatra ! Elle le lâche. A deux jours du premier coup de camera, sa mère lui a interdit d’aller plus loin pour cause de scènes de nu. Mama se souvient alors de cette jeune comédienne qui arrivait de Guyane… Il lui envoie le scénario et la voilà a Dakar. Elle retrouve William Nadylam, le premier rôle. Il est camerounais et Antillais par sa mère. Acteur « brookien » (Il a ete formé aux cours Vera Gregh et Tania Balachova, l’Atelier Blanche, Salant et Paul Weaver et l'École de la rue Blanche), il suggère a Jacky de regarder « Les enfants du silence » de Randa Haines, et Babel un film dramatique franco-américano-mexicain réalisé par Alejandro González Iñárritu. william-daghilam.jpgDans ces deux films, il y a des rôles de sourds-muets. « J’ai regardé et apres, j’ai fait mon travail de comédienne, de recherche de l’humeur de mon personnage, puis un travail physique », indique Jacky. Elle fait du sport en salle et, surtout, elle a un coach particulier : « J’ai pu apprendre mon texte en langue des signes… » Les sourds-muets qui ont vu le film lui trouvent un petit accent !

Peu de budget, peu de temps … Mouss Diouf était déjà dans son personnage du proxène en arrivant sur le plateau pour sa première scène. Il y a des séquences violentes. Il faut aller vite. Jacky va rester pendu toute une nuit de tournage. « J’ai garde des traces sur le cou pendant trois semaines, confie-t-elle. Il y avait des scènes tres difficiles… Mouss a su se montrer tres gentil et ca nous a vraiment aidé pour la scène du viol. » Le film n’est diffuse qu’une fois par jour dans un seul cinéma parisien. S’il ne rencontre pas son public tout de suite, il faudra attendre son passage en tele avant de retrouver une autre opportunité de voir du bon cinéma africain.

FXG, à Paris

1h24mn‎‎ - Tous publics‎‎ - Aventure‎‎ - VO st Fr‎

Avec William Nadylam, Jacky Tavernier, Mame Ndoumdé Diop, Mouss Diouf, Ibrahima Mbaye, Omar Seck et Ismaël Thiam

Au cinéma la Clef, 34 rue Daubenton, Paris

Tous les jours a ‎14 heures‎

 


 

 Jacky Tavernier, à l’affiche de L’Absence

 

Jacky4RA.jpg

La comédienne martiniquaise Jacky Tavernier tient le premier rôle féminin du nouveau film du Guinéen, Mama Keïta, L’Absence.

 

Un prénom qui claque façon Kennedy, et un nom qui fleure bon le cinéma ! Elle est belle, elle est martiniquaise avec un père du François et une mère du Vauclin. Elle est née à Créteil, mais elle est partie vivre à Ducos en Martinique à l’age de 9 ans. A 15 ans, elle fait sa première grande scène au Grand carbet du Parc floral à Fort-de-France avec l’équipe du Petit conservatoire de Paul Hannibal. C’est lui qui la forme au chant biguine. Elève au lycée Schoelcher puis à l’Institut Martiniquais d’Étude d’Edouard Glissant, elle obtient son bac à 17 ans et s’envole sitôt pour Paris. Elle rêve de devenir actrice et chanteuse. Elle prend des cours d'art dramatique et à de musique aux conservatoires de Créteil, Saint Maur et de Paris. En 1995, elle est Junie dans Britannicus, une pièce mise en scène par Tola Koukoui, suivie d’une tournée en Afrique (Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Gabon, Togo). Et puis, tout s’arrête. Elle devient consultante en éducation à l’Unesco, elle enseigne et devient même directrice d’école en Guyane. Mouss Diouf, l'Absence de Mama keitaSes élèves de la Charbonnière à Saint-Laurent du Maroni l’ont adoptée… Mais son métier d’actrice la rattrape peu a peu. Elle fonde la compagnie A.c.t.r.i.c.e.s. avec laquelle elle mène des projets de recherche et création de spectacles autour de l'enfance et des légendes en Afrique. Elle initie les enfants au jeu théâtral, elle forme des adultes aux dynamiques des métiers artistiques, crée des pièces de théâtre et organise des événements culturels. Prêtant tantôt sa voix à la marionnette Lizzie dans l’émission les Bladaz, tantôt présentant l’émission radio Black woman, au GRETA de Cayenne, elle intervient dans la formation d’adultes en cours d’alphabétisation en utilisant des techniques théâtrales.

De retour à Paris, elle revient vite au théâtre. Elle est Maria, dans « Dieu, aboie-t-il ? », de François Boyer. Jacky emmène alors sa compagnie en Guyane pour une tournée théâtrale. C’est le retour de la fille prodigue.

Avec L'Absence, de Mama Keïta, elle se distingue dans un rôle de prostituée qui lui vaut deux prix de Meilleure actrice, au Festival du Film Francophone d'Angoulême et au Festival du Film Africain de Khourigba (Maroc). Jacky Tavernier est aussi la voix française de nombre d'actrices de séries télévisées et de films.

FXG, à Paris

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commentaires

thierry 25/01/2014 20:04


Il peut y avoir deux points de vues critiques, au moins. le regard de certains Africains sur leur Afrique une fois qu'ils y retournent. Celui de certains "Français" qui refusent habilement de
considérer que seules (ou presque) les terres chargées d'Uranium, par exemple, n'ont pas été décolonisées. Plus simplement, il s'agit souvent de rejeter la faute s'il y en a une. C'est comme
considérer normal d' être en panne de "lumière" (en Centrafrique) lorsque l'on alimente des centrales nucléaires et donc en électricité l'Europe.


La bonne volonté de UNIFRANCE ne devrait-elle pas être jugée coupable de ses résultats.


Heureusement que la TSA n'a pas encore pu passer en Outremer.


Derrière les faux regrets il y a souvent trop d'hypocrisies. 

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