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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:30

Michel-Vergoz-2.JPGVendredi soir au Sénat, après l'adoption de l'amendement du sénateur UMP Didier Robert (le transfert de 10 millions d'euros de l'enveloppe du SMA à celle de la continuité territoriale), le sénateur PS Michel Vergoz a pris la parole pour clamer sa frustration et sa honte. Interview. 

" La continuité territoriale est un slogan de campagne "

Alors que tous les sénateurs présents semblaient ne pas vouloir soutenir l'amendement Robert, il est tout de même passé. Que s'est-il passé ?

Effectivement, la quasi totalité des sénateurs physiquement présents dans l'hémicycle, toutes tendances confondues, Michel Fontaine compris, se sont exprimés contre l'amendement anti SMA de Didier Robert. Dès lors, nous pensions qu'avec sagesse le rapporteur pour avis retirerait son amendement. Le président lui a d'ailleurs demandé, mais Didier Robert lui a répondu : "Je n'ai pas d'autre choix que de le maintenir." Et là, on a bien compris qu'on allait vers un passage en force.

C'est quoi un passage en force au Sénat ?

C'est faire voter non pas seulement les gens qui sont dans l'hémicycle, mais faire voter par paquets de petits cartons les groupes politiques. C'est un vote bloqué dont les résultats sont connus d'avance. La majorité au Sénat étant de droite, Didier Robert enlève sur son amendement anti-SMA la majorité du Sénat.

Didier Robert n'a pas parlé d'amendement anti-SMA mais d'un amendement pour la continuité territoriale...

Michel-Vergoz.JPGCa n'a échappé à personne que c'est bien 10 millions d'euros qu'il enlève aux moyens mobilisés dans ce budget pour le SMA pour les mettre sur sa prétendue continuité territoriale. Et quand on sait que le régiment du service militaire adapté est l'outil de référence en outre-mer - qui commence à faire des envieux dans l'Hexagone - pour la formation et l'insertion professionnelle de nos jeunes, nous disons : Danger ! Et pour faire quoi ? rétablir l'enveloppe de 50 millions d'euros pour la prétendue continuité territoriale. Tout le monde peut comprendre que même  avec 50 millions d'euros, on ne fait en rien dans les outre-mer une continuité territoriale vers l'Hexagone ! La continuité territoriale est un slogan de campagne. Elle l'était déjà en 2002 du temps du président Chirac et qui le redeviendra avec Didier Robert qui compte resservir ce slogan pour sa campagne électorale des régionales de 2015.

Pour vous, ce n'est qu'une manoeuvre électoraliste ?

Combien de ceux qui se sont rendus à la manifestation de Didier Robert sur le thème de la continuité électorale, il y a un mois de cela, ont déjà voyagé sur ce dispositif ? Fort peu ! De continuité territoriale, il n'en a jamais existé, surtout à 50 millions d'euros. Pour la Corse, c'est 180 millions alors qu'elle est cinquante fois plus proche de l'Hexagone que nous et qu'elle a cinquante fois plus de moyens, 600 euros contre 11 euros. Didier Robert lui-même pourrait nous parler de continuité territoriale avec les agriculteurs, les planteurs de letchis, de mangue et d'ananas qui sont venus lui demander la continuité territoriale pour exporter sur les marchés national et européen la production fruitière de l'île. Cessons de déformer les mots, les vider de leur sens premier.

Quand vous avez repris la parole après le vote, vous avez paru déçu et ému...

J'ai ressenti de la frustration et même de la honte. Je ne pense pas qu'à Paris, on prenne très au sérieux de voir un territoire de la République s'élever pour de prétendus voyages pour tous alors que des jeunes se sentent inutiles chaque matin et que la gangrène qu'est le chômage ronge le pays et déstructure la société. Je ne pensais pas que l'entêtement d'un homme pouvait être aussi rigide que cela.

Mais n'est-ce pas le jeu de l'opposition politique ?

Je comprends toutes oppositions et, par essence, l'opposition est saine en démocratie. Mais il y a des sujets sur lesquels on ne plaisante jamais et il y a d'autres sujets sur lesquels nous devons faire des efforts les uns et les autres, quelles que soient nos sensibilités, pour trouver des plus petits dénominateurs communs. Sur l'aide à la mobilité et à la formation, aucune posture politicienne ne doit être acceptée.

Le sénateur et président de la délégation outre-mer du Sénat, Michel Magras (UMP) a proposé de mettre la question de la continuité territoriale à l'étude...

Je suis plus préoccupé du logement, de l'emploi, du traitement des déchets, l'eau, l'aménagement du territoire, notre classement au patrimoine mondial de l'UNESCO... Les sujets de débat ne manquent pas. Le sujet de la continuité territoriale n'est pas prioritaire. Mais je suis prêt à participer à tout échange responsable lorsque le sujet reviendra sur la table, pas comme un sujet de diversion, stérile, polémique et électoraliste. De toute façon, l'Assemblée nationale rétablira les moyens du SMA.

Vendredi, ce n'était donc qu'un psychodrame sans lendemain ?

Un psychodrame qui révèle des postures on ne peut plus politiciennes et électoralistes.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Le Sénat réduit l'intérêt du dispositif Pinel outre-mer

Albeyric de Montgolfier, rapporteur UMP de la commission des affaires sociales, a fait adopter le 21 novembre dernier un amendement qui aménuise de façon sensible l'intérêt du Pinel outre-mer dans son application outre-mer.

Son amendement modifie les taux de réduction d’impôt du dispositif Pinel applicables en outre-mer. Le taux jusqu'alors retenu de 23 % pour un bail de six ans aboutit à un taux annuel de réduction de 3,8 % contre 3,2 % pour un engagement de neuf ans. "Ce taux pourrait donc conduire logiquement les investisseurs à privilégier un engagement sur une durée de location de six ans plutôt que de neuf ans." C'est ainsi qu'il a proposé de retenir un taux de réduction d’impôt de 20 % plutôt que de 23 % pour six ans et de porter à 3 % le taux de réduction annuel pour les trois années supplémentaires éventuelles, afin de redonner sa cohérence au dispositif proposé.

Dans la mesure où, à l'Assemblée nationale, les députés ont porté le plafond défiscalisable du Pinel outre-mer de 10 à 18 000 euros, cette mesure a été jugée inutile et pénalisante par le gouvernement. 

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