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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 06:00

Salles combles à la 3e JOMD

La rentrée du monde économique ultramarin a eu lieu à Paris, samedi au Pavillon Gabriel sur les Champs Elysée, avec la 3e Journée Outremer développement.

Un millier de personnes (chefs d’entreprises, cadres, chercheurs, étudiants en recherche d’emploi…) se sont retrouvés autour du thème « Tomber les murs ».

Stand-Antilles-Glaces.jpgCyril Comte, Sathyam Dorville et François Brichant, les concepteurs de la Journée outremer développement semblent avoir bien installé dans le calendrier ultramarin parisien un rendez-vous initié d’abord pour contrecarrer les effets de la crise sociale antillaise de 2009. Maintenant que cette crise est derrière et que l’Outre-mer se trouve lui aussi concerné par la crise financière mondiale, les acteurs économiques antillais ont fait de ce moment un laboratoire d’idées et un lieu d’échange. Cette année, dix débats ont permis de décliner une thématique liée à l’isolement et l’éloignement des outre-mer « Tomber les murs » : Energie, sport, tourisme, audiovisuel, économie numérique, attractivité et compétitivité, mais aussi l’histoire. Daniel Maximin, commissaire de l’année des Outre-mer français a resitué ces débats dans l’universalité française, c’est-à-dire « loin des carcans ». « Le développement endogène, a-t-il déclaré en substance, ne veut pas dire un développement sans les autres. » Gilles-Degras-poil-a-gratter.jpgC’est que la tache n’est pas si facile. Gilles Degras, l‘animateur du site Bondamanjak, intervenant dans le débat « Quand la caméra perce les murs », a plaidé pour « une image du tout pigmentaire »,  dénonçant ainsi implicitement la situation faite aux outre-mer dans le cinéma et la télévision en France. Sans beaucoup de réaction de la part des intervenants de ce débat, parmi lesquels se trouvaient le co-réalisateur de Case départ, Thomas Njigol. Gilles Degras a d’ailleurs refusé d’écouter ce qu’aurait pu dire sur ce sujet, le directeur général de France Ô/Outremer 1ère, Claude Esclatine, estimant que « depuis 30 ans, RFO n’a rien apporté »… Claude Esclatine a préféré évoquer le travail fait pour développer le marché du Pacifique sud.debat-cinema.jpg

Un haut débit faible et cher

Le débat « l’économie numérique se moque des murs » a mis en valeur les sources du handicap de l’Internet outre-mer : coût d’accès (« Les bras m’en sont tombé, a déclaré Michel Juviller en charge du développement de la pub sur le net chez Improve digital, évoquant une offre triple play à 70 € par mois contre 30 dans l’Hexagone), qualité du débit. Dans l’Hexagone, 50 % des internautes ont le haut débit contre à 5 à 20 % en outre-mer et encore, si on peut parler de haut débit avec 512 k ! Debat-economie-numerique.jpgCela oblige les sites ultramarins à calibrer leurs sites avec ce semblant de haut débit comme en a témoigné le directeur multimédia de France-Antilles, Philippe Menant : « Nous réfléchissons à des applications pour le mobile mais la 3G est trop lente. On ne se précipite pas… » Il en est de même avec le média vidéo qui devrait permettre aux entreprises une bonne communication si le débit était à la hauteur. « Il y a un potentiel mais nous ne sommes pas à armes égales », a conclu Michel Juviller.

Dans la salle qui accueille les stands des entreprises (SOMAFI/SOGUAFI, SAFO, Blandin, Alpha conseil/Leader price, Antilles Glaces, France-antilles, RCI, Air France, GBH…), se déroulent des entretiens. Des jeunes diplômés ultramarins savent que la JOMD est aussi une bourse à l’emploi. Stand-Alpha-Conseil-leader-price.jpgAnaïs Ursulet, fraîche émoulue de Sup de co à Bordeaux voudrait trouver du travail en Martinique. Elle est spécialiste en achet et logistique. « On a l’impression qu’il y a des choses qui bougent… Je ne suis pas certaine de trouver du travail en Martinique, mais j’ai reçu un bon accueil des entreprises. C’est d’abord de la prise de contacts. On m’a parlé de certains postes disponibles mais il faudra relancer… » Un peu plus loin, l’équipe de Satyam Dorville, The M agency, pose une seule et unique question aux participants qui acceptent de se faire filmer : « Comment se matérialise pour vous la révolution digitale en outre-mer ? »

FXG (agence de presse GHM

Sathyam-Dorville-Yoan-Saint-Louis.jpg

Sathyam Dorville et Yoan Saint-Louis, the M agency


Compétitivité et attractivité

Point d’orgue de la JOMD, le débat sur l’attractivité et la compétitivité de l’Outre-mer a fait salle comble. Le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre modère cet atelier qui réunit le patron du groupe réunionnais Bourbon, Jacques de Châteauvieux (60e fortune de France), Jean-Paul Betbeze, économiste en chef du Crédit agricole, Christian Viviès, patron du groupe guadeloupéen Viviès, Marc Vizy, conseiller du président du conseil régional de Guadeloupe, Marcel Osénat, entrepreneurs martiniquais et membre du Conseil économique, social et environnemental. Jacques de Châteauvieux évoque la chute de 40 %, au mois d’août, des actions du groupe Bourbon : « Ceux qui n’ont pas vendu n’ont rien perdu… »

debat-attractivite-competitivite.jpgRevenant sur la question de l’attractivité, le patron réunionnais se fait lyrique : « Il faut donner envie et être généreux… L’Etat n’a plus d’argent ; tout le monde doit mettre la main à la poche… » Il devient soudain plus pragmatique : « Mais que vont-ils faire de cet argent ? Alors qu’ils nous le laissent car nous nous l’investissons ! » Marcel Osénat préconise plutôt que de se lamenter sur la crise, se remettre en question, voire remettre en question le modèle économique de l’Outre-mer. « Pour changer de système, il faut une évolution des mentalités mais une évolution pensée de manière collective. » Il pointe le problème de la gouvernance, tant politique qu’économique ou sociale, celle des patrons comme des syndicats. « Des entreprises réussissent mais le territoire a du mal à se développer… », relance Jean-Marc Sylvestre en s’adressant à Jacques de Châteauvieux. « Ah bon ? » répond ce dernier. « Quels sont les chiffres du chômage à la Réunion ? » précise alors le journaliste. « Celui des choux ou des carottes ? » s’amuse l’entrepreneur qui considère qu’il faut « distinguer les coupeurs de cannes et les jeunes bacheliers ». « il y a des endroits où il ne faut pas s’obstiner et où l’on doit offrir la solidarité nationale, et il y a ceux qui n’ont pas le droit d’en bénéficier et auxquels on doit la culture et la formation. » Christian Viviès poursuit : « Beaucoup de Guadeloupéens se sentent exclus par rapport au fonctionnement de l’économie. Cela génère une irresponsabilité qui gène son fonctionnement. » La pique vise les syndicats. Attractivité, compétitivité de l’Outre-mer, mais pour qui en outre-mer ? Jacques de Châteauvieux fournit sa réponse : « Vivre et travailler au pays, c’est vrai si le monde est notre pays. »


Le nécessaire partage et approfondissement du passé

debat-historiens.jpgDéjà invité en 2009, Jacky Dahomay est venu parler avec les historiens François Durpaire et Fabrice d’Almeida, et le président du parc de la Villette, Jacques Martial, de l’importance de l’histoire. « Le rapport entre les races, entre les classes détermine encore notre présence, a déclaré le philosophe guadeloupéen. Le travail des historiens est fondamental, mais ils restent en prise avec les idéologies… Pour être scientifique, ce travail nécessite aussi que les résultats soient transmis à l’école. » Et pas qu’en outre-mer. Fabrice d’Almeida a provoqué une petite polémique en rappelant que la France hexagonale avait aussi connu quelque chose de similaire à l’esclavage avec le servage jusqu’au 17e siècle. « Non, a répondu Jacky Dahomay, le servage n’est pas assimilable à l’esclavage. » Selon lui, l’esclavage des Amériques à l’aube des temps modernes est spécifique. « Le servage n’a pas marché aux Antilles car l’économie n’était plus féodale mais déjà capitaliste… » « L’esclavage et le servage, a repris Fabrice d’Almeida, doivent être prétexte pour aborder la question de la domination. » Conclusion de cette petite polémique par Jacky Dahomay, reprenant Frantz Fanon : « Nous sommes encore esclave de l’esclavage. » Le débat reprend avec François Durpaire autour de l’identité. « Notre identité se définit par rapport au monde et la France expérimente l’écart entre sa devise républicaine et la réalité. Il faut rendre pratique la devise », assène-t-il d’accord avec Jacques Martial. « Peut-on encore exciser l’Outre-mer au moment de la globalisation ? » Et l’historien spécialiste des Amériques conclut : « 4 siècles qui sont notre rapport au monde sont à réintégrer ! »


Une Réunionnaise lauréate de la business competition

La JOMD récompense chaque année une entreprise ultramarine. Le premier prix (7500 €) a été attribué à Océane production (transformation des produits de la pêche) ; le prix du développement endogène à Fibandco, société martiniquaise de transformation des troncs de bananier en revêtements. Deux prix spéciaux du jury ont récompensé la société réunionnaise Runware qui développe des applications pour i-phone et la société calédonienne d’agroalimentaire Sifrais.


Elsa-Panechou.jpg3 questions à Elsa Panchou, lauréate de la business competition, dirigeante d’Océane production

« Un projet fait par et pour des Réunionnais »

Que représente ce prix pour vous ?

Une grande fierté, une reconnaissance de tout le travail qui a été accompli ces trois dernières années ; une fierté aussi pour la Réunion ! La Réunion est en avance… Je pense que ce prix va m’aider car nous sommes encore en phase de lancement. Aujourd’hui ce prix vient comme un petit coup de pouce. Il est bien venu car il permettra de faire découvrir au public mes produits et l’existence de notre usine.

Au nom de quoi le jury vous a-t-il remis ce prix ?

Le jury a trouvé que mon projet fait par des Réunionnais pour des Réunionnais s’inscrivait dans un cadre d’intérêt public. Il s’agit de faire augmenter la consommation de poisson à la Réunion. Nous avons une usine au Port ouest où nous faisons de la charcuterie de la mer (merguez, saucisses créoles, chipolatas, burgers) à base de thon germon, de la fumaison avec des espèces de pélagiques et de l’ultra-frais. Nous avons aussi une gamme élaborée à base des sous-produits afin de les valoriser, tout ce qui est rillettes, mousseline, boulettes de germon.

Que pèse économiquement votre entreprise ?

Nous sommes encore en phase de démarrage et de lancement des nouveaux process. Nous avons déjà créé 27 emplois directs pour ce qui concerne la production, l’administration, la livraison… Nous livrons déjà un client existant qui est Mon-sushi que j’ai créé et que je représente. C’est un fast food japonais qui sert une gamme de produits ultra-frais sushi, sashimi et tartare.

Propos recueillis par FXG


La JOMD, ce lundi à Bordeaux, dans les salons de la mairie

3 questions à Sylvie Blanc, cabinet du maire de Bordeaux

Sylvie-Blanc.jpg« Bordeaux accueille un nombre important d’étudiants ultramarins »

Pourquoi Bordeaux a-t-elle voulu accueillir la JOMD ?

Parce que Bordeaux a des liens traditionnels, historiques avec le monde antillais, notamment, avec les Outre-mer plus généralement et parce que, après avoir fait un travail de mémoire assez original, Alain Juppé a la conviction qu’il faut aller vers le futur d’où la volonté de donner le meilleur théâtre possible à des débats sur l’économie, la formation, l’université… Il faut rappeler que Bordeaux accueille un nombre important d’étudiants ultramarins.

Comment s’est faite la connexion entre Bordeaux et l’équipe de la JOMD ?

Nous voulions faire une journée tournée vers le développement ; c’était complètement intégré au programme Bordeaux Outre-mer 2011. Il se trouve que la JOMD à Paris se passait au même moment que celui que nous avions prévu ; il aurait été dommage de ne pas mettre les deux en connexion.

Quel sera le menu de cette JOMD bordelaise ?

Nous aurons des thèmes similaires à ceux qui ont été débattus à Paris, mais ils mettront en avant les acteurs locaux. Il y aura donc un mix de participants et d’intervenants qui viendront à la fois de la JOMD de Paris et des universitaires et acteurs économiques bordelais. Nous resterons dans l’esprit « Tomber les murs ».

Propos recueillis par FXG


3 questions à Ruddy Jean-Jacques, président du Groupement d’entreprises des Français d’Outre-mer et dirigeant de l’entreprise Art de fondre.

Ruddy-Jean-Jacques.jpg« Du business en B to B avec l’Outre-mer »

Art de fondre est le seul stand accueilli à la JOMD représentant une entreprise ultramarine de l’Hexagone. Pourquoi avoir choisi de venir ?

J’ai piu clairement signer des contrats fermes ce samedi. Ca aurait pu se faire autrement, mais c’était une vraie opportunité que ces clients qui étaient potentiels samedi matin, aient pu voir mon travail en fonction de leurs propres projets. Mais la raison pour laquelle je tenais à participer en tant qu’exposant, c’est parce que je développe la structure Art de fondre en Martinique et ça me permet d’avoir une visibilité par rapport à l’ensemble de ces partenaires et des participants.

Tous les exposants viennent d’outre-mer. Cela a-t-il été facile de s’introduire ?

Je ne suis pas certain que ce soit difficile ; je pense qu’il y a un travail à faire avec l’équipe dirigeante d’outre-mer développement et c’est ce que le GEFDOM, par mon biais, va initier très prochainement avec Cyril Comte, et je pense que ça peut très bien se développer.

Il y a des passerelles à jeter entre les entreprises ultramarines de l’Hexagone et celles des Outre-mer ?

Il y a plus qu’un marché ! Ca répond à l’attente des chefs d’entreprise. Il ne faut pas se leurrer, de nombreux entrepreneurs ultramarins basés dans l’Hexagone ne sont pas venus parce qu’ils se disent que ce n’est pas pour eux parce qu’ils ne sont pas invités. Au contraire, je leur dis de venir voir, de venir montrer qu’ils existent et ensuite dialoguer pour demain ils soient présents à la JOMD. C’est une bonne opportunité pour pouvoir dresser des passerelles économiques, du business en B to B avec l’Outre-mer.

Propos recueillis par FXG

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