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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 08:00

Delegation-FEDOM-et-GPL.jpgJean-Pierre Philibert, à la tête d’une délégation de la Fédération des entreprises d’outre-mer (le président du Medef Martinique, Philippe Jock, son homologue de Saint-Pierre et Miquelon, Roger Hélène, le vice-président des MPI Martinique, Herve Toussay, et la secrétaire générale de la FEDOM, Samia Badat) s’est entretenu près de deux heures durant, vendredi, avec la nouvelle ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. L’entretien a été qualifié de « courtois, cordial et plus constructif qu’il n’est d’usage dans ces premiers tours de piste », par le président de la FEDOM. Interview.

« Nous ne sommes pas quittes avec les déclarations de Manuel Valls »

Les mesures annoncées par le Premier ministre sont-elles suffisantes pour nos économies ultramarines ?

JP-Philibert.jpgLa ministre a bien conscience que les dispositions annoncées par Manuel Valls sont des dispositions qui ne suffisent pas pour l’Outre-mer puisque les réductions de charge sur les bas salaires bénéficient déjà aux Outre-mer comme les dispositifs de réduction de charges d’allocations familiales qui concerneront les salaires compris entre 2,6 et 3,5 SMIC, de même, les mesures sur la contribution sociale sur les sociétés ne concerneront que les grands groupes…Il faut donc aujourd’hui une déclinaison du pacte de responsabilité et de solidarité qui soit spécifique à l’Outre-mer pour améliorer d’une façon encore plus sensible notre différentiel de compétitivité.

Lui avez-vous fait des propositions ?

Nous avons proposé que le pacte prévoie une augmentation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) au moins pour les entreprises des secteurs exposés au titre de la loi de développement économique (LODEOM). Elle n’a pas marqué d’hostilité à cela, même si ses services travaillent sur d’autres pistes, parallèlement ou en complémentarité. Nous serons amenés à nous revoir rapidement, dès que nous aurons les chiffres des déclarations de salaires de l’année 2013. Ils nous permettront de calculer ce que coûte un point de majoration du CICE dans chaque territoire. Nous sommes venus nous assurer que nous n’étions pas quittes avec les déclarations de Valls et que le gouvernement entendait bien aller au-delà pour l’Outre-mer. Elle a été sensible à un argument soulevé par l’entrepreneur réunionnais Jérôme Isautier qui redoute qu’en améliorant la compétitivité des entreprises françaises, on améliore celle de nos principaux concurrents. Du coup, cela rend encore plus nécessaire que l’on traite bien notre différentiel de compétitivité.

La ministre a-t-elle aussi fait des propositions ?

Aujourd’hui, on a un abattement sur les bas salaires avec un coefficient de 0,281. Il devrait être un peu superieur, à 0,2825, puisqu’on n’a pas tenu compte, en 2014, de l’augmentation des cotisations vieillesse. La ministre n’exclut pas d’aller au-delà de ces 0,28 pour prendre en charge autres chose que les simples cotisations vieillesse et famille… Pourquoi pas, c’est une autre piste.

Vous a-t-elle donné l’impression qu’elle bénéficierait du même soutien du Premier ministre que son prédécesseur avait auprès de Jean-Marc Ayrault ?

Elle était déjà membre de l’ancienne équipe gouvernementale et elle est sortie confortée du remaniement. Elle a beaucoup d’appuis au gouvernement et je ne crois pas que, de ce point de vue, elle soit une ministre plus affaiblie que ne l’était Victorin Lurel. Mais nous sommes bien conscients l’un et l’autre que l’on a nommé à Bercy un homme redoutable en la personne de Christian Eckert. Nous avons donc des combats à partager. On a mis sur la table un certain nombre de propositions sans rentrer dans les détails. Cela fera l’objet de la concertation avec ses services et nous sommes déjà prêts à argumenter sur le CICE, mais aussi sur un dispositif spécifique au secteur vital du bâtiment. Les chiffres sont calamiteux que ce soit à la Réunion, en Guadeloupe ou en Martinique. Elle en est convenue.

Les mesures des zones franches vont commencer à être dégressives à partir de 2015…

Nous le lui avons rappelé et nous lui demandons leur prorogation.

Et la mise à plat fiscale proposée par Lurel ?

Ca fait toujours partie du projet, mais tout ça va prendre un peu de temps et nous, nous avons une exigence immédiate : qu’est-ce qu’on va mettre en plus outre-mer par rapport à ce que le Premier a annoncé. Ensuite, on pourra redéfinir les quanting des lois fiscales et la cohérence d’une loi d’ensemble sur l’outre-mer.

La ministre attend elle aussi du patronat ultramarin des contreparties en termes d’emploi…

Nous jouons le jeu. Quand on signe une convention avec Ladom et que ça se traduit par 300 jeunes réunionnais formés en métropole et qui vont trouver un emploi à la Réunion, quand on va conventionner avec le Service militaire adapté… Nous sommes dans cette dynamique et nous ne rechignerons pas à la condition qu’on ait les bons indicateurs et les bons outils de developpement. Ca viendra naturellement, même si nous sommes incapables aujourd’hui de quantifier et de dire qu’un point d’exonération de charge correspond à une centaine ou un millier d’emplois.

Certains ont mis en cause les capacités de la ministre en matière économique. Etes-vous rassurés ?

Sortie-FEDOM-ministere.jpgElle nous a rassurés de ce point de vue –là, car je crois qu’elle a la volonté de prendre les choses à bras le corps. Elle garde le cabinet de son prédécesseur. Brice Blondel, le conseiller fiscal de Victorin Lurel, va rester. Il connaît tout le dossier et c’est un pragmatique avec lequel on a déjà bien travaillé. Nous avons pu évoquer la réforme de l’octroi de mer et la TVA NPR (non perçue récupérable, ndlr). La ministre a bien signalé que Bercy n’aimait pas ce dispositif, mais nous lui avons rappelé que c’est surtout le terme que Bercy n’aimait pas. Son conseiller fiscal lui a confirmé que c’était une aide extrêmement précieuse pour l’investissement au service de la production locale. Elle a évoqué la loi sucre pour savoir ce qu’on en pensait, où ça en était, le problème des filières courtes agricoles qui est en discussion au Sénat. On a le sentiment qu’elle est déjà dans les dossiers.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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commentaires

FURTIF FRANCAIS LIBRE 16/04/2014 19:50


Voix dans la tête depuis 3 ans qui commencent à 51 ans et qui
contredisent à chaque pensée = espion. Bonjour les examens !

thierry 15/04/2014 19:01


La Fedom est le sur-Medef des Outremers et c'est bien, mais ce qui est amusant dans la photo du haut, c'est que GPL semble y être représentée comme une simple anecdote, une apparition à la
Hitchcock en quelque sorte. Ca va être amusant....et intéressant de suivre les reportages à venir.

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