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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 06:27

Impressions dilettantes

image-expo-2.jpgLa Maison de l’Océanie à Paris accueille jusqu’au 9 décembre « Impressions Polynésiennes », une exposition des photographies de Ferrante Ferranti. Le principal fait d’armes de ce photographe est d’avoir collaboré dans plusieurs ouvrage avec Dominique Fernandez, académicien français, père de l’actuel directeur du Trésor, et fils du critique littéraire et dirigeant de la NRF aux heures sombres de la collaboration. Méditerranéen (né en Algérie, d’un père sicilien et d’une mère sarde), architecte, photographe, voyageur, Ferrante Ferranti a saisi l’opportunité de l’Année des Outre-mer français pour donner forme à ce projet monté en collaboration avec deux journalistes de La tribune, Alexandra Arnoux et Isabelle Lefort, et la délégation de la Polynésie à Paris. Leur idée est de « tordre le cou » aux clichés, aux images de « sable blanc, cocotiers, vahinés et fleurs de tiaré »… Au vu du temps passé sur place, 12 jours, et des 23 clichés exposés et mis en en vente, ces impressions polynésiennes laissent plutôt penser que ces trois là ont trouvé un bon plan pour sa balader aux frais du pays. C’est l’art dilettante !

FXGimages-expo.jpg

 


Entretien avec Ferrante Ferranti

 

Ferrante-Ferranti-portrait.jpg« Je suis allé au-delà des apparences »

Ces images sont-elles votre premier regard sur cet archipel ?

Total ! En fait, j’en rêvais comme tout le monde et très vite je me suis rendu compte de la dimension spirituelle qui est en train de renaître et ça a été une révélation totale.

C’est cela que vous appelez aller au-delà des apparences ?

J’y suis allé avec un regard vierge ; j’ai très vite laissé tomber tous les préjugés et j’ai été frappé de la vie qui régnait dans les lieux sacrés. On ne parle jamais de la dimension sacrée de la Polynésie, on ne parle que de sa dimension naturelle, spectaculaire avec les images de lagon… Je me suis donc laissé aller à cette approche, cette expérience sensible et c’est à partir de là que je suis allé au-delà des apparences. J’ai reçu toutes ces images, ces lieux, tout ce qui m’était donné et je m’émerveillais à chaque instant. Il y a une profondeur, un ancrage, mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la force des caractères. J’ai rencontré des gens qui m’ont aidé à dépasser les apparences.

Vous dîtes que vous avez utilisé des passeurs…

Un passeur en a amené un autre… L’un nous emmenait sur un lieu et là, un autre nous emmenait ailleurs. C’est très important car ce sont des lieux qui nécessitent une initiation. Quelque chose m’a surpris en Polynésie, c’est la notion de distance. On est distant géographiquement et, surtout, on l’est aussi mentalement parce qu’on est déjà avec des idées arrêtées, sans ouverture d’esprit, sans curiosité. Ces passeurs nous ont aidés à très vite aller à l’intérieur et à nous donner quelques clés qui ont contribué à cette approche très spécifique.

Mais encore ?

Ce qui caractérise mon approche dans mon travail photographique, c’est que je veux privilégier le détail. En Polynésie, ce qui est frappant, c’est l’espace, gigantesque, infini où l’on est perdu avec une dimension où la nature rend l’homme tout petit. Moi, j’ai voulu montrer la nature en train de vivre avec des fleurs en décomposition, des natures mortes d’une beauté incroyable avec des feuilles qui tombent. Il y a une abondance de la nature, des cycles qui se renouvellent… Et je me dis qu’au fond, par le détail, on peut faire rêver. Il y a très peu de vues d’ensemble, mais on évoque l’immensité…

Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

D’être loin, loin, loin, loin… Il y a quand même cette présence européenne due au fait que c’est un territoire français avec ses codes, mais cet exotisme parallèle est d’autant plus saisissant, attirant quand on reprend nos marques. Ce que l’on retient, c’est ça, cet exotisme qui nous touche, qui reste très proche de nous et nous ouvre ce champ très large.

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