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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:59

La vie au fil des temps de Charles-Henri Maricel-Baltus

Un roman d’anticipation politico-philosophique sur la Guadeloupe.

livre-Maricel.jpgGuadeloupe 2032. La crise est mondiale et la métropole a bien du mal à continuer d’ « assister » ses dépendances antillaises où la nature reste difficile, alternant sécheresse et inondations, où les hommes sont toujours partagés entre séparatistes et départementalistes, où la France est à la fois trop présente et trop indifférente… La délinquance suit son cours, bon train. Comme le racisme. Les Haïtiens restent des moins que rien, les Dominicaines restent des putes, les rastas des drogués, les métropolitains tellement à part qu’ils en sont absents et les Blancs péyi sont des fin de race… Voilà la Guadeloupe que propose Charles-Henri Maricel-Baltus pour installer les personnages de son dernier roman, troisième épisode d’une trilogie qui met en scène son héros, Taali, cette fois au soir de sa vie. Roman ? Il s’agit plutôt d’un conte politico-philosophique qui expose bien les contradictions contemporaines de l’archipel : « Depuis la départementalisation, nous vivons un rêve occidental qui est en train de virer au cauchemar. Il a fallu, hier, les secousses du tremblement de terre et, aujourd’hui, les gifles du cyclone pour nous éveiller en sursaut, même si beaucoup continuent à camper sur leur petit nuage. C’est, sans doute, notre ultime chance de nous lever et de nous mettre en marche sur la voie de notre propre destin. » Voilà l’enjeu de cette fiction, de cette anticipation politique que propose l’auteur. Sa réflexion repose sur la non-violence qu’il installe au coeur de la philosophie de Taali. Son héros est installé du côté de Pointe-Noire, à Kolbo, une section accrochée aux flancs de la Belle-Hôtesse, au nord de la route de la Traversée. Kolbo, c’est l’utopie réalisée, c’est la Guadeloupe sauvée… L’auteur s’interroge à la fois sur le salut de la Guadeloupe et sur celui de l’homme, sur sa foi. Il résoud les deux. Avec un referendum, revanche de la consultation populaire du 7 décembre 2003, la Guadeloupe devient un Etat-associé à la France ; il évacue ainsi la question sempiternelle du largage. Avec cette sentence bien sentie, « ni Dieux, ni hommes, la vie nous sommes », il évacue la soumission à un irrationnel déiste pour ancrer la seule religion qui vaille selon lui, celle du respect de la vie. Au développement durable, il oppose donc simplement la vie durable. C’est utopique mais tout l’art de son livre est de faire penser qu’avec sa petite taille, la Guadeloupe pourrait pourtant être ce laboratoire des possibles.

On regrettera la qualité du travail de l’éditeur qui a laissé de trop nombreuses fautes et qui a collé à ce roman une affreuse couverture qui lui donne des allures de publication religieuse. Ce qu’il n’est pas.

FXG (agence de presse GHM)

La vie au fil des temps, éditions Nestor

 


L'auteur

Maricel-Baltus.jpgCharles-Henri Maricel-Baltus  est un cadre retraité d'EDF qui a suivi une formation de technicien supérieur en électrotechnique. Il a enseigné les mathématiques avant d'entrer à EDF. Son parcours d'écrivain est lié à ses interrogations précoces sur le sens de la vie et sur l'identité. Il a d'abord publié un recueil de poèmes avant d'écrire son premier roman, "Face à la mort" réédité en 2012 sous le titre de "D'une vie à l'autre". Cette histoire qui reflète son questionnement plonge dans la société guadeloupéenne des années soixante en empruntant tantôt le réel, tantôt l'imaginaire. Plutôt bien accueilli, les premières critiques ont cependant très vite montré que si le livre abordait, par le biais de la culture antillaise, les grandes questions de l'humanité, il laissait le lecteur sur sa faim. Il a répondu à cette critique par une trilogie avec 2 autres romans, "La vie en face" et "La vie au fil des temps". 

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commentaires

thierry 17/10/2012 10:50


De tous temps cette partie de la Caraïbe a connu des intempéries, depuis l'esclavage, elle a toujours été reconstruite. Comme la partie Haïtienne (ouest) de Saint Domingue (ou Hispaniola). Si la
métropole renoncait à ces ou "ses" territoires, se poserait la question de l'indemnisation ou réparation de la majorité du peuple descendant de ces îles. Ce qui est quasiment impossible.

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