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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 06:21

Laurent-lamotte-PM-Haiti.jpgLaurent Lamotte, le Premier ministre de la République d’Haïti, vient d’achever une tournée à Bruxelles et à Paris ou il a ete recu par Jean-Marc Ayrault, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, mais aussi les ministres Pau-Langevin et Lurel. Interview

" La coopération qui nous intéresse est celle qui permet d’etre autosuffisant "

Votre pays a beaucoup de compatriotes dans les trois départements français d’Amérique, quelles relations souhaiteriez-vous développer particulièrement avec eux ?

Nous avons une relation spéciale avec ces régions qui sont aussi créolophones, comme Haïti. Nous avons une trés forte population haïtienne en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe. Tout cela contribue à une relation très forte. Nous avons aussi des leaders qui s’entendent bien. Le ministre des Outre-mer connaît Haïti et nous avons énormément de respect pour lui, son approche de notre pays et la solidarité qu’il nous exprime. Nous souhaitons consolider notre relation avec la France, mais aussi avec ces régions. Nous sommes un gouvernement de proximité et nous aimons être proches de nos populations, comprendre leurs problèmes, les aider et les inviter à revenir en Haïti. Ils peuvent nous aider dans notre mission de développement du pays, de creation d’emplois, d’ouverture de nouvelles entreprises. Ils peuvent venir passer leurs vacances au pays pour aider à stimuler notre économie et la croissance. Nous voulons consolider notre relation avec la France et en même temps avoir cette politique de proximité avec vos régions.

Pourrait-il y avoir plus de business entre Haïti et nos régions ?

Nous voulons augmenter nos relations d’affaires avec plusieurs pays, avec la Guadeloupe et la Martinique certainement, parce qu’il y a des similarités manifestes. Nous sommes ouverts aux investisseurs, qu’ils viennent découvrir cette nouvelle Haïti qu’on veut montrer au reste du monde.

On peut créer des flux, mais nos régions sont limitées par les listes négatives de la Caricom. Cela n’est-il pas un frein au développement du business ?

Ce sont des points sur lesquels on peut discuter. L’important, c’est d’avoir la relation. Une fois qu’on a la relation, tout peut passer, tout peut être discuté et alors on pourra avancer ensemble. C’est ce challenge qu’on veut. Beaucoup d’autres choses seront discutées par nos secteurs privés respectifs. L’important, c’est de débuter avec cette relation de cœur qui nous tient.

Ces régions ont désormais les coudées plus franches et peuvent prendre leur place dans les organismes caribéens internationaux. Haïti peut-elle jouer un rôle pour les aider à s’y intégrer ?

Pour ca, il faudrait qu’on soit sollicité. Jusqu'à présent, nous avons  des relations fraternelles, amicales, des relations de bonne solidarité. Bien sûr, nous sommes toujours ouverts à accroître cette relation à tous les differents niveaux.

Le president Martelly a obtenu que le français devienne la deuxième langue officielle de la Caricom. Comment Haïti qui est le seul Etat francophone de la zone est-il parvenu à cette gageure qui présente un réel intérêt pour nos régions ?

C’est une victoire non seulement pour Haïti, mais pour tout le monde francophone. Le president Martelly a voulu le faire et a travaillé avec tous nos partenaires jusqu'à y arriver. Ça a pris beaucoup de temps et de négociations car la Caricom est principalement anglophone. On y est parvenu et l’on est tres content.

Quel était l’objet de votre entretien avec le ministre des Outre-mer ?

Victorin Lurel est un grand ami d’Haïti. J’ai un tres grand respect pour les gens qui défendent Haïti et qui le disent à qui veut l’entendre. Nous avons différents projets de coopération entre les Régions et Haïti et il a participé activement à la mise en place de ces projets. C’était une opportunité pour nous de discuter de leur avancement et de voir comment les dynamiser. Par exemple, il y a le projet de construction d’un lycée qui connaît des petits problèmes. On va se mettre ensemble pour les débloquer et que la construction commence de manière immédiate.

Et avec votre homologue français, quel était votre message ?

Haïti va mieux et veut consolider sa relation avec la France. Je suis aussi venu remercier le Premier ministre et le peuple français pour leur soutien au lendemain du séisme. Cela a été évalué à plus de 320 millions d’euros. Je suis aussi venu lui dire qu’il pouvait garder Haïti dans son radar parce que si nous avons fait, depuis, énormément de progrès, nous avons besoin du support de tous nos partenaires. La France est un partenaire important avec qui nous n’avons pas exploré tous les domaines, comme celui de la lutte contre la pauvreté. Le Premier ministre a sorti un plan important avec différentes sources de financement permanent, des objectifs de construction de 150 000 logements par an… Nous sommes aussi dans cette logique et nous avons notre propre plan anti-pauvreté. On veut le parfaire et nous voulons échanger sur l’expertise, l’assistance technique. La France a lancé un plan pour la filière volaille qui nous intéresse aussi. Haïti consomme plus de 400 millions d’œufs par an. Il faut voir comment nous pouvons coopérer. Notre objectif n’est pas d’avoir l’aide humanitaire. Elle est passée. Aujourd’hui, nous voulons l’aide au développement, à la reconstruction. Nous devons rebâtir notre économie de manière à être financièrement souverains et indépendants. C’est ca ! Nous voulons voler de nos propres ailes. La coopération qui nous intéresse, c’est celle qui permet à Haïti d’etre autosuffisant.

Nos relations bilatérales sont-elles à la hauteur de notre passé commun ?

Elles sont très bonnes, mais elles peuvent etre fortifiées. C’est là où on veut aller. Nous avons invité le Premier ministre français à nous rendre visite dans les prochains mois pour qu’il vienne constater les progrès. C’est important car quand il viendra, des millions de Français le verront à la télévision. Et ils pourront aussi choisir notre destination pour les prochaines vacances ou bien pour investir.

Propos recueillis par François-Xavier Guillerm, à Paris

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