Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 05:51

 

Le Bonheur d’Elza sur les écrans

affiche-Bonheur-d-Elza.jpgEnfin un film guadeloupéen actuel. Depuis Neg marron, ça commençait à manquer. En signant ce film initiatique sur une jeune négropolitaine, Elza (Stana Roumillac) qui va redécouvrir son pays et son père, Mariette Monpierre plonge le téléspectateur dans une histoire contemporaine ancrée dans la réalité guadeloupéenne. Bien sûr, la dimension des deux rives de l’océan est présente puisque Stana, contre l’avis de sa mère (incarnée par la réalisatrice Mariette Monpierre), décide de quitter sa banlieue pour revenir au pays. Là, elle va aller dans un café dont la patronne s’appelle Mariette… Ce genre de détail n’est jamais gratuit. Après la phase de redécouverte, sorte de séquence tourisme où l’on prend plaisir à reconnaître les lieux, on s’installe dans la fiction au contact du méchant mulâtre (Vincent Byrd Le Sage), l’homme après qui Elza court… En 1 h 20, Mariette Monpierre offre une fiction guadeloupéenne contemporaine de qualité qu’elle a mis six ans à monter. Pour surmonter sa propre histoire…

Mariette-Monpierre.jpg« Je suis Antillaise, élevée à Paris et je n’ai pas connu mon père, raconte Mariette Monpierre (photo). Il fut pour moi un étranger et je brûlais du désir secret de le rencontrer. C’était une obsession dont je devais me libérer. Un jour, j’ai osé aller vers lui et cette rencontre m’a transformée. » C’est un peu le pitch du Bonheur d’Elza… Enfant, la plupart de ses amis antillais étaient de père inconnu. Il y avait une certaine solidarité entre elle et ses amis. « L’absence du père est un thème qui interpelle beaucoup le peuple caribéen. Je voulais donner la parole à une femme antillaise ; seules nous-mêmes pouvons honnêtement nous mettre à nu et ouvrir notre coeur pour révéler au monde ce que nous ressentons, subissons, acceptons et exposer les émotions et les douleurs de notre culture. » Desire-et-sa-maitresse.jpgL’histoire d’Elza est la sienne : « Avant mon retour au pays natal, je ne connaissais pas mon histoire. La Guadeloupe n’est pas seulement un petit paradis comme j’en rêvais à Paris, dans les murs de mon HLM, mais une terre complexe et remplie de défis. » Comme Mariette Elza va redécouvrir qu’elle est tout simplement Antillaise. « Il m’a fallu faire ce chemin de retour pour comprendre et accepter mes différences, mon originalité. En apprenant la vérité sur mon passé, mes ancêtres, mon père et pourquoi il m’avait abandonnée, j’ai entamé une phase de reconstruction de moi-même. Désormais concernant mon père, je peux donner une autre définition au mot abandon. » C’est tout le sens des dernières images du film.

FXG (agence de presse GHM)

Stana-Roumillac-Vincent-Byrd-Lesage.jpg Le bonheur d’Elza de Mariette Monpierre, 1 h 19 production Aztec, Tu vas voir, Overeasy. Sortie le 22 avril.

www.lebonheurdelza-lefilm.com

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

thierry 21/04/2011 15:26



« L’absence du père est un thème qui interpelle beaucoup le peuple caribéen.


Est-ce l'absence du père qui pose question ou la conception du rôle de père qui peut être tenu par autre que le père naturel. La problématique
s'il en est, est bien moderne et contemporaine à l'époque des divorces et des familles recomposées.


La réalisatrice qui telle Hitchcock se met en scène aussi, interpelle au-delà du seul peuple caribéen, négropolitain ou non sur le rôle et l'identité d'une famille et plus largement des groupes
sociaux d'aujourd'hui comparés à ceux d'hier. La question du partage de valeurs perd du sens, tant les valeurs se multiplient, se diversifient jusqu'à ne plus pouvoir s'y fier.


C'est ainsi par exemple qu'un des pères UMP de la délégation va courtiser à gauche, laissant sa place à un autre bonimenteur, ni à droite ni à gauche que l'on disait père d'une radio, une fille
non ingrate, qu'il faut bien nourrir.


Au-delà d'un certain âge, se pose la question (aussi éminente) du rôle de l'enfant vis-à-vis de ses parents. Certains disent qu'il faut tuer le père, symboliquement, bien sûr, mais est-ce
possible lorsque le père est inconnu, voire le "faux" père...


j'espère aller voir ce film cet été, avant que le Conseil général nous signale un réseau de salles en métropole.



Articles Récents