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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 23:42

Images et écrits numériques…

fx-20-5507.JPGFred Dubuis, directeur de Radio 1, et Jean-Marie Colombani, co-fondateur de slate.fr
Comment les auteurs, journalistes, écrivains, créateurs d’audiovisuels réagissent à l’avancée du numérique ?  Dernier thème abordé lors des rencontres numériques du FIFO à Papeete qui s’achève le 31 janvier, c’est Jean-Marie Colombani, ex-patron du quotidien Le Monde et cofondateur du site Internet Slate.fr, qui s’est essayé à apporter des réponses en présence des principaux patrons des médias polynésiens. Premier frein constaté : « Les journalistes eux-mêmes qui ont le défaut du corporatisme. En développant le numérique, on ne se tire pas une balle dans le pied ! » Selon l’ancien patron du Monde qui a rappelé comment il avait été débarqué par sa propre rédaction, « les journalistes vivent de l’exploitation d’une rente de situation : le monopole de l’information. Or, Internet fait que chacun peut produire de l’info. Le monopole n’existe plus ! » Pour contrecarrer « l’angoisse du journaliste », il leur faut retrouver une valeur ajoutée professionnelle. « Cela implique plus de travail, plus de rigueur et plus d’expertise. Le combat n’est pas perdu, mais ce doit être un combat de furieux », foi de JMC ! Et c’est vrai qu’avec les nouveaux outils comme l’i-phone et désormais l’i-pad, tout est prêt pour que l’accès aux contenus numériques soit de plus en plus aisé. Les journaux, les films et même les livres sont consultables sur un seul boîtier. La technologie impose son rythme et son évolution. « La prochaine étape sera l’e-learning. C’est maintenant qu’il faut se positionner et prendre sa place. » Et pour illustrer son message, Jean-Marie Colombani a tenté d’expliquer le business modèle de slate.fr : offrir un accès libre et ouvert pour construire une audience, puis la monétiser. « C’est possible en diversifiant ses sources de financement avec la publicité, la vente de contenus et la création de zones payantes avec des services ou des applications spécifiques. Un site américain, Politico, a réussi à convaincre ses visiteurs de financer un reporter pour s’assurer un suivi complet de la campagne présidentielle américaine ! L’équilibre du modèle économique est donc possible. Slate possède une superstructure de dix personnes, fait travailler selon ses besoins quelque 70 collaborateurs, revendique 900 000 visiteurs mensuels et 4 millions de pages vues.  L’équilibre financier est prévu en année 4 mais est d’ores et déjà projeté pour l’année 3. JMC ne dira rien par contre en ce qui concerne le montant investi… « Le public appelle l’éditorialisation, il a une demande plus subjective. Quand un journal va mal, il réduit la voilure et ça entraîne une baisse de présence éditoriale. Sur le Net au contraire, c’est la richesse de l’offre qui permet de trouver un public. » Aujourd’hui la Presse quotidienne régionale entre dans la crise que connaît déjà la presse nationale, elle ne doit donc pas rater son entrée dans le numérique. Car là est son salut, foi de JMC.

FXG, agence de presse GHM


fx-20-5511.JPGInterview Richard Brozat, directeur général du groupe Hersant Média en Polynésie

« La vraie valeur ajoutée, ça va être le journaliste »

Le business modèle écrit/Internet proposé par Jean-Marie Colombani vous semble-t-il crédible ?

JMC a trouvé trois composants, c’est-à-dire la publicité, l’accès à une information la plus large possible et l’accès à une information vraiment professionnelle. Je pense qu’on peut transposer ça sur nos supports. Nous avons la publicité, le contenu, on va l’avoir, et on peut peut-être effectivement trouver une information à valeur ajoutée plus à destination de ce qui fait notre force, c’est-à-dire la spécificité des îles. Mais surtout, il y a les archives. Je me rends compte que ça, c’est une vraie valeur pour le journal et je pense qu’on peut transposer ces trois composantes dans notre modèle propre.

Qu’est-ce qui va faire la différence entre la version papier et le site pour que le lecteur ne déserte pas l’un pour l’autre ?

On ne va pas mettre la même chose. Les nouveaux outils vont nous permettre de faire évoluer le métier de journaliste. On a des appareils photos qui font caméra et inversement et le métier de journaliste va être de créer de l’image, fixe et mobile. Avec l’i-pad on va pouvoir transmettre aussitôt des infos par e-mail. Ces outils existent. C’est aux journalistes à évoluer.

Comment devront-ils évoluer puisqu’ils n’ont plus le monopole de l’information ?

Je m’inscris complètement au centre de cette évolution : La vraie valeur ajoutée, ça va être le journaliste et cette information locale et proche des gens. En Polynésie, on a une chance car on a encore le monopole de la création de cette information locale à forte valeur ajoutée donc il faut qu’on en profite et que l’on crée de la valeur autour.

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